« Comme le montre cette image, on apprend à vivre ensemble, à jouer et à travailler ensemble. »
Plutôt que de juger superficiellement des faits, comme font les gens superficiels, vous feriez mieux de vous attacher aux conséquences, qui sont les seules choses réellement importantes et significatives, pour vous attaquer aux questions suivantes :
- le nombre des viols régresse-t-il « année ensemble » après « année ensemble » ?
- les couples postérieurs au « vivre ensemble » sont-ils plus unis, plus harmonieux et moins enclins au divorce ?
- les violences domestiques enregistrent-elles des reculs significatifs ?
- constate-.t-on une diminution sensible du nombre des uxoricides ?
Si vous répondez non à trois au moins de ces questions, la conclusion est que votre progressisme ne sert strictement à rien, si ce n’est à ajouter de la déstabilisation à une société déjà déstabilisée, pour satisfaire des principes à la con - en toutes lettres !
« J’aimerais croire que l’humain changera, s’améliorera et deviendra un être meilleur qui ne pense pas qu’à court terme. »¨
A quoi ça sert de croire en quelque chose qui n’adviendra jamais, sinon à se fourvoyer autant dans les analyses que l’on fait que dans les conclusions qu’on en tire et les solutions qui en résultent ?
Trotski avait parfaitement compris la donne et il exposait les faiblesses de l’homme avec une précision chirurgicale pour déboucher sur un dilemme analogue à celui de l’oeuf et de la poule :
« ...si la nature de l’homme se trouve tapie dans les recoins les plus obscurs de l’inconscient, ne va-t-il pas de soi que, dans ce sens, doivent se diriger les plus grands efforts de la pensée qui cherche et qui crée ? Le genre humain, qui a cessé de ramper devant Dieu, le Tsar et le Capital, devrait-il capituler devant les lois obscures de l’hérédité et de la sélection sexuelle aveugle ? L’homme devenu libre cherchera à atteindre un meilleur équilibre dans le fonctionnement de ses organes et un développement plus harmonieux de ses tissus (...) L’homme s’efforcera de commander à ses propres sentiments, d’élever ses instincts à la hauteur du conscient et de les rendre transparents, de diriger sa volonté dans les ténèbres de l’inconscient. Par là, il se haussera à un niveau plus élevé et créera un type biologique et social supérieur, un surhomme, si vous voulez. » « Littérature et Révolution », chap. VIII, « Art révolutionnaire et art socialiste »
Il avait tout compris,sauf que pour surgir, le surhomme devrait impérativement être précédé du... surhomme, parce que l’homme humain ne commandera jamais ses propres sentiments, n’élèvera jamais ses instincts à la hauteur de quoi que ce soit, ne les rendra pas transparents, et ne dirigera sa volonté nulle part - son système nerveux central, où naissent ses jugements et ses actions sans interférence de la raison, l’en empêche . Alors autant partir de là pour tenter construire quelque chose de réalisable avec la pâte humaine.
« Le peuple tunisien sort d’une dictature, il faut du temps au gouvernement tunisien pour achever chaque étape avec succès. Et ils y arriveront. »
Je ne le crois pas. L’économie est dans une situation infiniment pire que sous Ben Ali et chaque année environ 100’000 jeunes arrivent sur le marché du travail dans un pays dont, déjà, la capacité de production d’électricité suffirait juste à assurer la consommation d’une capitale de grandeur moyenne comme Rome.
D’ici que la Tunisie parvienne à se doter des moyens du démarrage d’une industrialisation en profondeur - donc distincte en cela de l’industrialisation superficielle à la Ben Ali - les islamistes auront dix fois le temps de revenir au pouvoir à la faveur de l’exaspération des populations.
Vous pouvez bien évidemment ne pas être d’accord avec moi, mais les cinq ans à venir devraient suffire à nous indiquer si la Tunisie est engagée sur la bonne voie, comme vous l’annoncez, ou sur une voie sans issue, comme je le déduis des conditions actuelles, comme de ce qu’on a observé en Grèce, en Espagne, au Portugal... Et cinq ans, ce n’est pas la mer à boire.
P.S, - Je vous signale que dès la mi-janvier 2011, je disais que la « révolution de jasmin » était un mirage, en cela qu’elle ne résolvait rien du point de vue des vrais besoins de la population tunisienne.
Alors que le délitement actuel de la société est la conséquence ultime des théories des Lumières mises en oeuvre !
Non pas la conséquence ultime telle qu’elles l’envisageaient, mais telle qu’elle devait émerger de communautés humaines et d’individus, les unes et les autres aussi irrationnels que déraisonnables par nature.