« Cela me raconte comment j’ai cessé d’argumenter. Comment j’ai cessé de discuter. Comment j’ai cessé de vouloir échanger. Comment j’ai cessé d’écrire. Comment les débats sont morts, noyés sous l’invective et l’anathème. Celui qui n’est pas d’accord avec nous, celui qui n’est pas comme nous, celui qui ne pense pas exactement comme nous, celui qui ne vit pas comme comme nous, celui qui n’aime pas les mêmes choses que nous, celui-là est contre nous. La dialectique du western du fond de la cour de récré. La récession de la pensée, la déflation des idées, la médiocrité des temps incertains. »
Totale concordance, merci de le dire si bien. C’est si terriblement dit, si éclairant de cette ambiance sinistre, nouvelle, que j’ai vue monter depuis 5 ans mais à laquelle je ne croyais pas vraiment, je ne voulais pas y croire… Une vraie « médiocrité », comme tu dis, cette régression, ces attaques perpétuelles à la personne, ce refus de la discussion d’idées, cette polarité des contres, qui sont contre les pour… cette libération de la parole pour blesser, humilier, brutaliser… Un seul objectif : avoir raison et « tuer » l’autre, des affrontements « à mort ».
Terrible, non ?
Comme toujours, avec tes textes riches de sens, les réactions sont diverses : qui sur le tri sélectif, qui sur E. Chouard, qui sur la « pauvre mamie », qui sur la bienpensance « bobo »…
Quant à moi, je réagis au malaise pesant, où les invectives tiennent lieu de pensée et que tu exprime si bien : « Quelque chose de sombre et de rampant sous la surface des jours. Comme une béance qui nous tire vers le bas et englue nos pensées. Quelque chose qui n’a pas de nom, pas de visage, pas d’époque et qui est toujours là, attendant son heure. »
Complètement d’accord, j’ai eu la même réaction. C’est le règne de l’indécence « décomplexée »…
La common decency d’Orwell : « sentiment intuitif des choses qui ne doivent pas se faire, non seulement si l’on veut rester digne de sa propre humanité, mais surtout si l’on cherche à maintenir les conditions d’une existence quotidienne véritablement commune »
COVADONGA, vous faites une fixation sur Bergé comme si sa parole avait la moindre valeur au-delà de sa personne. Il est question d’une loi dont vous devriez prendre connaissance avant de prétexter continuellement de la « marchandisation des ventres », alors qu’il vous a déjà été répondu qu’il n’en était aucunement question.
Avez-vous au moins entendu le discours de TAubira aujourd’hui qui présente sa loi ? elle redit ce qui a été répété des milliers de fois : les droits et devoirs du nouveau mariage étendu seront exactement les mêmes qu’auparavant.
Ce qui était possible avec le mariage « hétéro », sera possible avec le mariage « homo ».
Ce qui était interdit, sera interdit.
Pour ma part, je vous ai déjà répondu sans ambiguïté ici-même, que ce soit pour Bergé ou la GPA. Je recopie ma réponse que vous semblez avoir oubliée :
« j’y suis farouchement opposée. Les femmes n’ont pas à louer leurs ventres, ni leur vagin d’ailleurs. J’espère vous voir à mes côtés également quand il s’agira de l’abolition de la prostitution »
Enfin, je trouve que votre déclaration sur les féministes est une véritable diffamation.
Je rappelle pour votre information qu’il y eut une véritable levée de bouclier des mouvements féministes à l’encontre de la GPA. Dans des articles, des tribunes, des conférences, de nombreux mouvements féministe dénoncent « l’idéologie néolibérale qui fait entrer les femmes dans le rôle de femme de service » et comparent « le service procréatif », sous-entendu la GPA, au « service sexuel » qu’est la prostitution.
Thalia Breton, porte-parole d’Osez le féminisme !
Carine Favier , présidente duPlanning familial
Yvette Roudy, ancienne ministre des droits de la femme et fondatrice et présidente d’honneur de l’Assemblée des femmes
Carine Delahaie , rédactrice en chef de Clara Magazine
Amandine Miguel , membre du Conseil d’administration d’Osez le féminisme !
Catherine Morin Le Sech,coprésidente de la Coordination lesbienne en France
Sabine Salmon, présidente de Femmes solidaires
Olga Trotiansky , coordination française du Lobby européen des femmes.
+ de nombreux blogs.
C’est curieux, ces luttes féministes contre la GPA existent depuis fort longtemps mais vous commencez à vous indigner de la marchandisation des ventres seulement quand il s’agit d’homosexuels…
Les féministes, dont moi-même, cela fait des années que nous dénonçons cette pratique.
Vous la découvrez aujourd’hui, mieux vaut tard que jamais.