Mais
il
est
clair
que
la
médaille
peut
avoir
son
revers.
Celui-ci
réside
entre
autres
dans
la
faiblesse
des
fonds
propres.
De
sorte
que,
malgré
les
aménagements
de
la
loi
visant
à
combler
cette
carence,
les
coop
en
règle
générale,
ne
peuvent
compter
que
sur
ses
propres
forces.
Ce
qui
les
contraint
à
une
très
bonne
gestion,
et
explique
sans
doute
que
la
longévité
des
coopératives
soit
plus
grande
en
moyenne
que
celle
des
entreprises
du
même
domaine
(et
cela,
cher
ami,
ce
n’est
pas
moi
qui
le
dit,
mais
les
faits.
Et
ceux-ci
sont
décidément
têtus.)
Dans
la
pratique,
la
nomination
directe
ou
indirecte
du
ou
des
dirigeants
par
les
associés
salariés
entraîne
une
nature
plus
équilibrée
des
relations
entre
les
dirigeants
et
les
salariés
que
dans
une
société
classique.
Dans
une
SCOP,
par
exemple,
le
patron
sait
que
les
droits
et
les
devoirs
sont
réciproques :
lui
aussi
doit
rendre
des
comptes
à
la
collectivité
des
associés,
et
par
conséquent
aux
salariés.
En
clair,
cen’estpaslecapitalquiestrémunérémaisl’activitédechacundesmembres.
De
sorte
que
l’on
peut
parler
ici
de
capitaux
sans
capitalisme :
l’argent
reste
le
carburant,
mais
sans
possibilité
d’accumulation ;
et
ce
en
vue
d’assurer
aux
salariés
leur
emploi
aux
meilleures
conditions
possibles,
au
rebours
d’une
société
capitaliste
classique
cherchant
avant
tout
à
rémunérer
au
mieux
les
capitaux
investis.
Toutefois,
dans
son
mode
de
fonctionnement
interne,
la
notion
de
démocratie
ne
rime
pas
obligatoirement
avec
celle
d’autogestion
telle qu’on l’entend traditionnellement (c’est-à-dire désignant une
structure dénuée de hiérarchie).
En
tant
qu’associé,
chacun
pèse
du
même
poids :
une
voix.
Mais,
une
fois élus
les
dirigeants
de
la
société,
ces
derniers
exercent
le
pouvoir :
ils
exercent
une
fonction hiérarchique
sur
les
salariés.
Comme
la
coopérative
implique
la
limitation
de
la
rémunération
du
capital,
une
part
relativement
élevée
des
bénéfices
peut-être
« mise
en
réserve »,
c’est-à-dire
non
distribuée :
mais
elle
ne
peut
servir
à
valoriser
le
capital.
Ce
qui
signifie
qu’un
associé
peut
toucher
des
dividendes
de
son
capital,
mais
ne
peut
en
retirer
aucune
valorisation.
Les
« réserves »
étant
impartageables,
les
profits
mis
en
réserve
sont
donc
destinés
à
demeurer
propriété
du
collectif
des
salariés
de
l’entreprise :
on
n’accumule
pas
pour
augmenter
la
valeur
d’un
capital,
mais
pour
assurer
la
pérennité
d’un
outil
de
travail.
« Quid
de la différence d’investissement de départ (humain et
financier), plus risqué que celui qui arrive après et qui n’a pas
fournit les mêmes efforts ?
Prendre
les bénéfices ou investir ? C’est déja difficile avec un
conseil d’administration limité alors la réalité
d’un groupe hétéroclite ? »
Force
est de constater que vous peinez à saisir l’essence même de
l’entreprise coopérative. Voici résumé en quelques paragraphes, ce
qu’il en est réellement.
Tout
d’abord,
il
convient
de
préciser
que,
quelle
que
soit
sa
nature
(coop
de
production,
de
consommation,
agricole…),
une
coop
vise
à
associer
des
personnes
volontaires
sur
une
base
égalitaire
en
vue
d’effectuer
une
activité
de
nature
économique
au
plus
juste
prix
et
en
limitant
la
rémunération
du
capital,
les
résultats
éventuels
étant
partagés
enfonctiondel’activitéquechacundesesmembresaeueaveclacoopérativeaucoursdel’exercice,etdoncsacontributionàlaréalisationdurésultat.