« Les
libertés fondamentales des individus ne sont pas respectées »,
Ce
que vous appelez « les libertés fondamentales » sont
respectés : le droit de propriété est respecté puisqu’il est
possible d’être propriétaire et de sa maison (les autres logements
sont mis à la disposition des non-propriétaires pour la modique
somme de 15 euros/mois) et de son outil de travail (via les
coopératives) ; la sûreté est respecté puisque « il
n’y a pas besoin de policiers, car tout est construit par et pour
les gens du village et il n’y a aucune raison de dégrader ce qui a
été construit par tous avec des budgets approuvés par l’ensemble
des citoyens », et paf dans les gencives ;
la résistance à l’oppression existe bel et bien pour la bonne et
simple raison qu’une structure autogérée est par définition
autonome (je n’ai pas dit indépendante) vis-à-vis des autres
structures quel qu’elle soit (en particulier notamment l’Etat et les
multinationales).
« l’être
humain est réduit à un mouton du troupeau dépouillé de tous ses
droits imprescriptibles »
Non,
puisque, contrairement à ce qui s’est produit en URSS et autres
ex-pays de l’est, tout est directement géré de façon démocratique
(chaque individu a donc voix au chapitre) et non bureaucratique (où
nul individu n’a vraiment voix au chapitre). Bref tout le contraire
d’une dictature.
« celui
qui veut faire différemment des autres n’a que le droit de fermer
sa gueule ou de s’exiler, comme dans une dictature »
Oui
et alors ! Quelle différence avec le type d’organisation appelé
de vœux ? N’est-il pas à caractère contractuel lui aussi ?
Celui qui, dans une entreprise classique, veut faire différemment de
la direction n’a-t-il pas le droit de fermer sa gueule ou d’aller
voir ailleurs ? Bien sûr que si ! En plus, vous ne cessez de
nous le bassiner à longueur de posts !
Ou
alors votre système fonctionnerait-il en fait telle une dictature ?
« 2/
C’est financé par les subventions donc par le vol étatique de
l’argent des autres, sans l’arrosage d’argent public c’est la
misère crasse. »
Ce
que vous avancez là est faux : par exemple, les élus ne
touchent aucune indemnité ;
la ville s’est dotés toute seule comme une grande (donc sans
l’argent des autres) « d’une chaîne de télé et de radio
locale pour lutter contre la propagande médiatique des groupes
de pression économique qui déforment l’information », comme
vous le faites ici d’une certaine manière.
« 3/
Même avec ça, ils sont à peine capable de s’assurer la
nourriture et le logement, aucune avancée technologique ne peut se
faire sans qu’elle ne vienne d’ailleurs, c’est à dire de ces
méchants capitalistes mangeurs d’enfants (pourrait-on voir un
Facebook ou un SpaceX apparaître chez ces hippies ?
LOL) »
Bien
sûr que si puisqu’il n’est pas question de vivre en autarcie.
« Bref,
du fascisme en barre, l’aboutissement final de la pensée
collectiviste. »
Vous
démontrez ici que vous ne savez pas ce que c’est le fascisme stricto
sensu. Vous manquez de rigueur quant à l’utilisation que vous
faites des concepts politiques et socio-économiques (hormis
peut-être celui de libéralisme, je vous l’accorde), ce qui tend à
décrédibiliser nombre de vos arguments.
D’autre
part, le concept de collectivisme peut très bien se conjuguer à
ceux d’individualisme et de libéralisme (lequel pour le coup prend
l’appellation de « libertaire » pour éviter les
confusions avec ceux qui comme vous, conjuguent conservatisme et
libéralisme), à condition qu’il s’applique dans un cadre
démocratique et décentralisé (tout le contraire de ce qui s’est
produit dans le bloc soviétique). C’est ce qui se fait notamment
dans les SCOP. Et c’est ce à quoi ont aspiré nombre de penseurs, de
Proudhon à Chomsky en passant par Camus.
Bref,
vous êtes tellement dogmatique que vous ne vous rendez même pas
compte à quel point vous vous contredisez puisque, ne vous en
déplaise, mais maints de vos « dogmes » sont respectés
dans cette expérience « micro-socialiste ».
Autre sujet
(pendant j’y suis, autant faire d’une pierre deux coups) : à
propos de la théorie de la plus-value dont vous niez la validité.
Pour
justifier votre assertion, vous affirmez que l’humain stricto sensu
n’est pas une marchandise contrairement au travail humain. Or, cher
ami, dissocier l’homme de son travail comme vous le faites, c’est
justement faire de l’humain une marchandise comme une autre. Le
travail de l’homme lui appartient en propre au sens où c’est tout
son être (corps et esprit) et donc sa propre personne qu’il va
vendre ou louer pour effectuer pour autrui une tâche moyennant
finance. Ce n’est pas comme s’il louait ou vendait une machine (un
tracteur par ex), voire un animal (un cheval par ex), comptant au
nombre de ses biens pour effectuer tel ou tel travail pour tel ou tel
personne. En l’occurrence, ce n’est pas lui qui effectuera le
travail mais sa machine ou son animal.
Conclusion :
l’humain et son travail ne faisant qu’un, considérer le travail
humain comme une marchandise (c’est-à-dire au même titre que le
travail d’une machine ou d’un animal) équivaut donc à considérer
l’homme comme une marchandise. Ce qui valide la théorie de la
plus-value.
Vous dites,
par ailleurs, que si un individu crée 1000 fois plus de valeur qu’un
autre il est normal qu’il touche 1000 fois plus que lui.
Or vous
oubliez que sans le travail de tout ceux qui ont soi-disant créé
1000 fois moins de valeur que lui, il n’aurait pu justement créer
toute cette valeur. Du travail des « petites mains »
dépend justement les performances des « stars » de
l’entreprise.
La
production d’une entreprise est le résultat d’un travail collectif
compris comme l’agrégat du travail des individus constitutifs de
celle-ci. Tous les éléments de l’entreprise sont donc
interdépendants. Vient à manquer un seul élément à cette belle
mécanique et celle-ci prend le risque de péricliter. D’où le
caractère très relatif des performances individuelles au sein des
entreprises. Laquelle relativité devrait suffire à justifier une
réduction drastique des écarts aberrants en termes de rémunération.
Le problème
des libéraux repose justement sur cette négation dogmatique du
collectif au profit de l’individu déconnecté de son prochain. Ce
qui constitue une aberration qu’avait déjà dénoncée en son temps
Proudhon- qui allait influencer Marx dans l’élaboration de sa
théorie de la plus-value.
Ainsi,
dans « Qu’est-ce
que la propriété ? », Proudhon explique
que même si un capitaliste payait le travail du salarié à « son
juste prix » (qui serait encore à définir !) il reste
une partie du produit qui reste dérobé : celui né de
l’association des travailleurs dans l’atelier : la force
collective de travail. Pour l’expliquer Proudhon recourt
à une démonstration à partir d’un événement qui frappa
l’imaginaire de ses contemporains : l’érection de
l’obélisque de la place de la Concorde.
Ainsi,
les 200 grenadiers qui ont érigé en un jour l’Obélisque ont
accompli un travail que n’aurait pu accomplir un seul grenadier en
200 jours, mais son salaire aurait été la somme de ceux versés aux
200 grenadiers : le capitalisme ne paie pas la « force
immense qui résulte de l’union et de l’harmonie des travailleurs, de
la convergence et de la simultanéité de leurs efforts ».
Pour Proudhon,
donc,le
non paiement de cette force collective constitue une escroquerie, un
vol puisque les travailleurs, si cette partie de leur ouvrage lui
avait été réglée, pourraient renouveler sans problème
l’opération. Or ils restent dans la précarité, à la merci de
leur employeur.
Il
faut, par conséquent, faire cesser ce vol et conserver aux
travailleurs leur propriété. Et sa proposition est d’organiser
l’échange de cette propriété et son contrôle par le fédéralisme
industriel. Dans le même temps la vie sociale s’organise, elle,
dans la commune fédérée aux
niveaux régional, national et international. La gestion de
l’ensemble demeurant sous contrôle des producteurs par le biais
des mandats de gestion et de mandats impératifs dont les titulaires
doivent rendre compte régulièrement.
Première
erreur : le socialisme n’est pas une idéologie politique –
contrairement au nationalisme et ses expressions extrêmes que le
fascisme et le nazisme -, mais une théorie à
caractère essentiellement socio-économique. Une théorie
relativement récente puisqu’elle est née au 19e
siècle. Laquelle se fonde (pour synthétiser ses diverses
obédiences) sur une gestion égalitaire
et démocratique des
moyens de productions et des services par l’ensemble des
travailleurs (toutes catégories confondues) pour le bien-être de
tous. Le but premier de l’économie n’étant plus l’enrichissement
individuel (qui dans les faits aboutit à l’enrichissement d’une
poignée au détriment de la masse), mais de répondre aux besoins
essentiels de l’ensemble des humains.
Le socialisme, par ailleurs (là encore toutes tendances confondues),
vise soit la destruction immédiate de l’Etat (les anarchistes) soit
son dépérissement graduel (toutes les autres tendances et notamment
les marxistes). Ce qui signifie qu’il est intrinsèquement
anti-étatique puisque l’Etat n’est nullement une fin en soi et doit
de toute façon disparaître à terme. Pourquoi ? En premier
lieu, parce que L’Etat moderne est, selon les socialistes,
consubstantiel à la bourgeoisie et au système qui l’a porté au
pouvoir, à savoir le capitalisme. D’où leur volonté de le détruire
in fine pour aboutir à une société humaine autogérée par
l’ensemble des individus libre et égaux politiquement, socialement
et économiquement. Libre économiquement au sens où à la faveur de
la sécurité matérielle que lui procurera notamment le revenu
universel, l’individu pourra (ou pas suivant la nature de l’activité)
coopérer et s’associer avec la ou les personnes de son choix.
Vous
avez donc tort lorsque vous assimilez le socialisme aux formes
organisationnelles évoquées dans votre post. Tort en premier lieu
parce que jamais le socialisme n’a connu d’application concrète sur
une grande échelle (c’est-à-dire au minimum à l’échelle d’un
pays). Ce que l’on a appelé « communisme » ou
« socialisme réel » n’était rien d’autre que du
capitalisme sous une forme étatique poussée à son paroxysme. Les
seuls cas d’application socialiste, véritablement réel cette fois,
ne se sont produit que dans un cadre limité du point de vue
territorial et / ou temporel. Expérience que l’on peut qualifier de
« micro-socialiste ». Sur ce thème, je vous recommande
notamment l’article que je lui ai
consacré.http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/vingtieme-anniversaire-de-la-chute-106460
Pour
résumer : le socialisme se résume à tout ce qui s’est fait de
plus négatif, à vos yeux, depuis la nuit des temps. Relève donc du
socialisme selon notre ami John_john : l’esclavage, le servage,
le féodalisme, le capitalisme d’état, l’étatisme, le fascisme, le
nazisme, la monarchie absolue, le centralisme, la ploutocratie,
l’oligarchisme, l’aristocratisme, la mafia, le clientélisme, le
nationalisme, le néo-libéralisme...
De deux
choses l’une pour conclure : ou vous êtes ignorant soit vous
êtes intellectuellement malhonnête à des fins bassement
propagandistes.
« Cultivez
vous un peu ».
Comme
on dit chez nous : « c’est l’hôpital qui se moque de la
charité »