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Connolly

Historien, enseignant-chercheur précaire

Tableau de bord

  • Premier article le 19/12/2011
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Derniers commentaires



  • Connolly 4 avril 2013 21:32

    Le nazisme est une idéologie dont la nature même fait l’objet de débats. Pour Ian Kershaw, en dehors du nationalisme et du racisme, le nazisme n’a pas de réelle cohérence politique, du fait notamment de la diversité de sa clientèle électorale et militante. Le national-socialisme n’envisage pas d’éliminer la propriété privée ni les différences de classe, mais de fournir une protection sociale et des salaires décents aux travailleurs. Dans le projet national-socialiste, les classes sociales continueraient d’exister, mais la lutte des classes serait éliminée au profit de l’union de la « communauté du peuple » (Volksgemeinschaft). L’aile gauche du NSDAP, menée notamment par les frères Gregor et Otto Strasser, accorde une place importante au socialisme et à l’anticapitalisme, au contraire d’Hitler qui se montre très hostile envers les influences « marxistes » et n’envisage aucun contrôle ouvrier sur les entreprises. Après la progressive élimination de celle-ci à partir de mi-1930, l’aile gauche du parti nazi disparait complètement, politiquement et physiquement, au cours de la nuit des Longs Couteaux en 1934.

    La suite au prochain numéro...



  • Connolly 4 avril 2013 21:30

    De toute façon, le poncif éculé visant à conférer à Hitler et au nazisme des racines de gauche là aussi été contredis à maintes reprises, et notamment par des historiens de renom. Voici ce que l’on peut lire sur Wikipédia à ce sujet (passage qui là encore reflète bien ce que j’ai pu lire sur la question) :


    "L’idée de mélanger nationalisme et socialisme ne se concrétise cependant pas en un programme d’action réellement défini, bien que Drexler prône une protection sociale pour les travailleurs, et la fin de l’exploitation capitaliste de ces derniers. Le DAP donne ensuite naissance au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (Nationalsozialistische deutsche Arbeiterpartei, NSDAP) : pour le spécialiste de la période Ian Kershaw le national-socialisme (ou nazisme) fait partie des « mouvements extrémistes antisocialistes  », et le socialisme politique est critiqué par Hitler lui-même. Pour l’historien Aloïs Schumacher, si le programme de 1920 du parti nazi comporte certains points qui l’approchent des thèses socialistes, on ne peut faire du national-socialisme un courant socialiste, Hitler ayant pour sa part défini dès 1922 le « socialisme »comme un dévouement inconditionnel à l’État et à la Nation : « Celui qui est prêt à faire sienne la cause nationale, dans une mesure telle qu’il ne connaît pas d’idéal plus élevé que la prospérité de la nation ; celui qui a compris que notre grand hymne Deutschland über alles signifie que rien, rien dans le vaste monde ne surpasse à ses yeux cette Allemagne, sa terre et son peuple, son peuple et sa terre, celui-là est un socialiste ».

    La suite au prochain numéro...



  • Connolly 4 avril 2013 21:27

    « Nier les racines fondamentales de gauche d’Adolf HITLER qui le conduisit à rejoindre Rosa LUXEMBURGet à constituer ensuite le « national bolchevisme »  puis le « national-socialisme », »

    Oui, je le nie, car tels ne sont points les faits cher ami, mais le fruit de vos fantasmes .

    Hitler n’a jamais adhéré aux jeunesses communistes ni rejoint Rosa Luxembourg au sein du mouvement spartakiste (franchement je ne sais pas où vous avez été pêché ça !). Au lendemain de la guerre, Hitler s’abstiendra de tout engagement politique avant juin 1919 (voir les travaux de son biographe, Ian Kershaw, Hitler, tome I, Flammarion, 2000)
    - tandis que Rosa Luxembourg passe de vie à trépas en janvier 1919 (à Berlin alors qu’au même moment Hitler se trouve en Bavière !). Il s’engage alors dans une campagne de propagande anti-communiste et donne libre cours à son antisémitisme. Ce qui l’amène tout naturellement à adhérer au parti d’extrême droite d’Anton Drexler, connu comme le Parti ouvrier allemand, qu’il rebaptisera Parti national-socialiste des travailleurs allemands en février 1920.

    Quant au « national-bolchevisme », idéologie d’extrême droite rejeté par les communistes allemands, celui-ci a existé indépendamment d’Hitler et n’a donc aucun lien direct avec le national-socialisme fondé par ce dernier.



  • Connolly 4 avril 2013 14:56

    Oui enfin, cela (c’est-à-dire ce que vous avancez), personne n’ira le vérifier, puisqu’invérifiable ! 



  • Connolly 4 avril 2013 14:29

    Cher ami, je crois que vous ignorez ce qu’est (ou ce que fut) réellement le fascisme pour avancer de telles assertions. Sans parler de l’erreur factuelle consistant à faire d’Hitler un homme issu de la gauche (ou ayant eu des velléités gauchistes, ce qui est là aussi factuellement faux) ou à omettre (volontairement ?) le passage de Laval dans les rangs de la droite (dès 1929) avant de collaborer avec l’occupant nazi (ce qui signifie que Laval ne pouvait plus passer pour un homme de gauche en 1940).

    Et puis, pensez-vous vraiment que le fascisme n’a pas suscité l’adhésion de gens issus de la droite ? 

    Par ailleurs, pour revenir à l’article, je ne vois pas trop en quoi celui-ci ferait la démonstration d’une « irrésistible  attirance d’une certaine gauche vers le fascisme ». Sachant que son auteur est membre d’un PG se réclamant du socialisme, lequel se distinguent du fascisme par ses postulats de base - même si par certains aspects, qui relèvent essentiellement de la rhétorique, ils peuvent se rejoindre.

    Première différence : le socialisme n’est pas une idéologie politique – contrairement au nationalisme et ses expressions extrêmes que sont le fascisme et le nazisme -, mais une théorie à caractère essentiellement socio-économique. Une théorie relativement récente puisqu’elle est née au 19e siècle. Laquelle se fonde (pour synthétiser ses diverses obédiences) sur une gestion égalitaire et démocratique des moyens de productions et des services par l’ensemble des travailleurs (toutes catégories confondues) pour le bien-être de tous. Le but premier de l’économie n’étant plus l’enrichissement individuel (qui dans les faits aboutit à l’enrichissement d’une poignée au détriment de la masse), mais de répondre aux besoins essentiels de l’ensemble des humains. Le socialisme, par ailleurs (là encore toutes tendances confondues), vise soit la destruction immédiate de l’Etat (les anarchistes) soit son dépérissement graduel (toutes les autres tendances et notamment les marxistes). Ce qui signifie qu’il est intrinsèquement anti-étatique puisque l’Etat n’est nullement une fin en soi et doit de toute façon disparaître à terme. Pourquoi ? En premier lieu, parce que l’Etat moderne est, selon les socialistes, consubstantiel à la bourgeoisie et au système qui l’a porté au pouvoir, à savoir le capitalisme. D’où leur volonté de le détruire in fine pour aboutir à une société humaine autogérée par l’ensemble des individus libre et égaux politiquement, socialement et économiquement. Libre économiquement au sens où à la faveur de la sécurité matérielle que lui procurera notamment le revenu universel, l’individu pourra (ou pas suivant la nature de l’activité) coopérer et s’associer avec la ou les personnes de son choix.

    Autres différences notables : le fascisme repose (pour synthétiser) sur les piliers suivants : nationalisme (ethnico-culturel, ce qui implique une conception inégalitaire de l’humain, donc tout le contraire du socialisme), totalitarisme étatique (contrairement au socialisme qui aspire au dépérissement de l’Etat. Le totalitarisme fasciste n’abolit pas la propriété privée des moyens de production à condition néanmoins que les « propriétaires » prêtent allégeance au régime), corporatisme (donc tout l’inverse de la lutte des classes puisqu’il s’agit au contraire d’encourager la collaboration entre classes), anti-parlementarisme (qui va de pair avec le culte du chef, lequel établie un lien direct avec le peuple sans passer par des corps intermédiaires, contrairement au socialisme), impérialisme (qu’il ne faut pas confondre avec l’internationalisme cher aux socialistes. L’impérialisme fasciste vise à apporter au monde entier les « lumières » ethnico-culturelles du pays où le régime est établi).



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