Le point de vue traditionnel (je dis traditionnel dans le sens de commun à toutes les spiritualités) c’est qu’à l’origine il y avait Adam, sorte de prototype idéal, origine doit s’entendre à la fois dans un sens historique et ontologique.
C’est à dire que à mesure que le temps « descend », à travers des cycles de plus en plus fermés, le monde devient de plus en plus solide.
De l’histoire de la terre on ne connait en fait rien, on accorde à mon avis trop d’importance à l’archéologie, sans tenir compte que les mythes communs à toutes les civilisation sont une sorte d’archéologie du savoir, que l’on peut se tromper sur leur interprétation, comme on se trompe souvent sur l’interprétation des vestiges de pierre (sans parler des civilisations nomades qui n’ont pas laissé de trace ou celles qui construisaient en bois).
Quant à l’état adamique toutes les spiritualités disent qu’il est encore accessible, mais de moins en moins à mesure du déroulement du cycle cosmique actuel, à travers les initiations et les ésotérismes divers (les yogis, les immortels taoïstes, les bouddhas vivants etc)
Le Coran dit que « toute chose » sur la terre disparaitra sauf le visage d’Allah, mais selon des interprétations chaque chose a une face divine et une face illusoire, donc ce qui disparaitrait ce serait la face illusoire et resterait la face divine et lumineuse de chaque « chose », le pronom « huwa » « Lui » désignerait alors pas uniquement le visage de Dieu qui aurait anéanti toute chose (interprétation possible en tant que les choses illusoirement apparaissent comme isolées les unes des autres, la vision de la totalité les fait disparaitre en tant que choses isolées), mais la face divine de la « chose », les « choses », les phénomènes ne sont alors pas anéantis, mais transformés.
« expliques tu ? » Idée de pacte commune aux trois religions, voir aussi les transactions de Moïse pour ramener les prières islamiques de 50 à 5, et tous les dialogues, les reproches faits à Dieu dans la tradition juive.
Hamed, comment explique tu que parmi les noms divins en islam il y a « al mu’min » ?
Certes il peut avoir d’autres sens que « croyant » sens qu’il partagerait avec le serviteur, mais qui peut aussi se traduire par exemple par « fidèle », nom aussi commun avec les hommes et qui se rattacherait alors à l’idée de pacte, commun plus ou moins aux trois religions sémitiques.
Si on traduit par croyant, cela voudrait dite que en dehors de la science divine qui connait les choses en détail et d’une manière fermée (le destin, les lois cosmiques), Dieu envisagerait sa création comme un autre lui-même (cohérent avec l’idée de l’Homme Universel, Adam, et pour certaines religions « animistes » que tout sur la terre serait divin et aurait une part plus ou moins grande de liberté (de moins en moins grande à mesure que l’on passe de l’homme à l’animal, puis au végétal, puis au minéral).