De toute façon sur le plan de la nouveauté scientifique, et des modèles culturels, le français est supplanté par l’anglais.
Deux phénomènes propres à la culture arabe et à son écriture sont soulignés : la permanence et la persistance de la culture orale (l’écriture est alors plus un moyen technique de mémorisation, insuffisant en lui-même), d’autre part la culture artistique liée à la calligraphie, certes les écritures occidentales connaissent cet aspect, mais il est ici bien plus accentué et mis en valeur du fait de l’interdiction (relative) de la figuration des êtres animés.
Le chinois atteint pareillement ce sentiment dans l’aspect visuel des caractères qui est en lui-même un enseignement (il s’agit non pas d’une excellence dans la nouveauté scientifique ou dans les comportement à la mode mais d’une excellence poétique et contemplative qui est aussi un des atouts de l’arabe classique).
L’Inde a une quinzaine de langues, des langues de culture écrites, mais c’est l’anglais conséquence de la colonisation qui est compris partout.
La Chine a toujours eu des centaines de dialectes, liés aux ethnies, mais la langue écrite était le facteur d’unité, cependant comprise uniquement par les lettrés.
Maintenant les langues locales ont tendances à disparaitre, du fait de l’éducation homogène qui impose le mandarin, mais les parlers locaux sont toujours en usage.
L’arabe peut s’adapter à différents contextes comme toutes les langues, il y a des philosophes qui ont écrit en arabe, musulman ou juifs, il y a une métaphysique, et quand même quelques grands romanciers.
La structure grammaticale est suffisamment logique, les difficultés viennent de la prononciation de certaines lettres que même les Maghrébins ou les Egyptiens déforment ou même ne prononcent pas. Il y a aussi un problème entre le dialectal parlé par la population, l’arabe classique ou religieux et l’arabe des médias.
Mais il y a un grand déficit culturel, peu de bibliothèques, de librairies, de débats.
Quant aux commentaires ésotériques et initiatiques du Coran, aux traductions d’Ibn Arabi, de Rumi et de bien d’autres, ils sont maintenant souvent le fait d’Occidentaux qui maitrisent cette langue.
C’était tout aussi bien des Chrétiens allemands ou des Polonais, pris entre les deux feux de l’Allemagne et de la Russie, qui demandaient au pape de ne pas intervenir trop ouvertement, par crainte de représailles plus dures encore, comme des précédentes réactions violentes aux déclarations papales l’avaient montré.