Il y a l’aspect de sincérité de l’expérience, je vois mal une simulation aussi longue, la maladie étant réelle, les interlocuteurs pas des naïfs et ce qu’elle a semé (la création des foyers).
"Que signifie, en quelques mots, l’hystérie ?
L’hystérie se manifeste par la mythomanie, la vanité souvent puérile,
et l’hypersuggestibilité du malade. Or si l’on considère Marthe, il n’y
avait rien de tout cela...Un exemple, je peux affirmer, car je l’ai scientifiquement vérifié, que
Marthe n’a ni bu ni mangé, sauf une hostie par semaine, pendant 50 ans,
et j’explique dans mon livre comment cela se passait".
Mais au-delà, ce qui interroge, c’est aussi cette sorte d’examen de sainteté, ou de jugement par un tribunal, qui suppose que les juges aient le « niveau » et la qualification pour en juger, sans parler des critères, héroïsme des vertus, deux miracles, pourquoi deux et pas trois. C’est juste la problématique catholique, il y a insistance sur l’aspect douleur et sur le miracle en tant que preuve définitive.
"Se souvenir que l’enquête canonique de l’Eglise est en trois étapes :
1° Vérification de l’enseignement >>>Aucun problème pour Marthe Robin.
2°
Vérification de l’héroïcité des vertus >>> L’Eglise en a
débattu et a conclu (sans engager son autorité définitive), en la vérité
surnaturelle de ce qu’a vécu la Vénérable Marthe Robin. Le Père De
Meester construit en se servant des mêmes faits, le portait inverse. On
sait à quel point la psychologie est une science molle...
3°
>>> C’est pourquoi l’Eglise attend la troisième étape qui sera
définitive en engagera l’infaillibilité pastorale de l’Eglise : Dieu
doit prouver sa volonté de béatifier Marthe par un ou plusieurs
miracles reconnus canoniquement comme indubitables. "
@Decouz En ce qui concerne la distinction de Guénon entre mystique et initiation, il s’agit d’une distinction entre ésotérisme et exotérisme, mais cette distinction selon lui est surtout propre aux religions sémitiques, dans les traditions orientales il y aurait non une dualité complète mais un passage progressif (ou une initiation à chaque degré comme dans le lamaïsme ou même la maçonnerie). Guénon écrit aussi me semble-t-il d’une manière pédagogique, tout en récusant le dogmatisme, il emploie certains modèles, mais ce sont des « aperçus ». Pour ce qui est passif/actif, il faut voir que dans le domaine initiatique, il existe pareillement, il y a ceux qui cherchent et qui frappent à la porte, il y a ceux qui sont approchés, il y a des voies gnostiques et des voies sentimentales qui ressemblent fort à la sensibilité des mystiques.
Sinon le Vatican aurait connu les arguments de l’auteur, qui ne représenteraient que 2% du dossier.
Concernant les visions : elle a effectivement lu les mystiques précédents et a pu s’en inspirer, cependant elle a dit ensuite que tout ce qui relevait des détails extérieurs n’avait pas d’importance et qu’elle ne chercherait plus à faire de telles descriptions, seul comptait l’aspect spirituel.
Cependant il a des détails frappants comme son don de discernement et d’analyse psychologique, sans connaissances préalables. Un prêtre qui avait été emprisonné en Chine est surpris de sa connaissance des conditions de sa détention, et bien d’autres épisodes. où elle parle directement à la personne de son état intérieur.
Concernant le fait que la description de la création du monde reproduise les images bibliques et mythiques, alors que sa description de la vie du Christ est réaliste (même si copiant les mystiques précédentes) : il faut se rappeler Platon, le langage mythique intervient lorsqu’on sort des conditions ordinaires, que la raison est alors impuissante à explique, parce que l’on est aux limites de l’état humain ; la vie du Christ relève au moins en partie de l’histoire, quelle que soit la part d’invention ou de contradictions historiques dans les Evangiles, alors que la création se situe en dehors de l’histoire ou dans l’entre-deux, soit une méta histoire (des cycles plus larges que ceux enregistrés par les annales des hommes) soit un entre-deux entre le monde évènementiel et le monde des principes.
On comprend mieux dès lors les mouvements de panique et de violences lors des guerres ou de troubles civils importants, lorsque c’est la peur collective qui guide ou plutôt perturbe les comportements, et les facilités de manipulations qui peuvent en découler.