"M. Dermenghem semble avoir compris qu’il s’agissait, dans son
intention, de réduire la Maçonnerie aux trois grades symboliques ; cette
interprétation est
inconciliable avec la constitution même du Régime Écossais Rectifié,
lequel est essentiellement un Rite de hauts grades" (rite réservé aux chrétiens en principe, en tout cas le symbolisme est de nature chevaleresque et chrétienne)
"La partie la plus intéressante du mémoire est sans doute celle qui contient la réponse aux deux
dernières questions...
« la forme est une grande chose »
dit-t-il,
mais " il ne
parle cependant pas du caractère
essentiellement symbolique du rituel et de sa portée initiatique, ce
qui est une lacune regrettable ; mais il insiste sur ce qu’on pourrait
appeler la valeur pratique de ce même rituel, et ce
qu’il en dit est d’une grande vérité psychologique...
Ensuite
vient une sorte de plan de travaux pour les différents grades, dont
chacun doit avoir son
objet particulier, et c’est là ce sur quoi nous voulons insister
plus spécialement ici ; mais, tout d’abord, il importe de dissiper une
confusion..."
Guénon a émis des réserves sérieuses sur sa connaissance effective de la Maçonnerie :
"La
réponse à une autre question prouve encore que l’initiation de Joseph
de Maistre, malgré le haut grade qu’il possédait, était loin d’être
parfaite ; et combien
d’autres Maçons des grades les plus élevés, alors comme aujourd’hui,
étaient exactement dans le même cas ou même en savaient encore beaucoup
moins ! Nous voulons parler de la question des «
Supérieurs Inconnus » ; voici ce qu’il en dit : « Avons-nous des
Maîtres ? Non, nous n’en avons point. La preuve est courte, mais
décisive. C’est que nous ne les connaissons pas...Il
ignore évidemment de quoi il s’agit en réalité, et quel peut être le
mode d’action des véritables « Supérieurs Inconnus » ; quant au fait que
ceux-ci n’étaient pas connus
des chefs mêmes de la Maçonnerie, tout ce qu’il prouve, c’est que le
rattachement effectif à la vraie hiérarchie initiatique n’existait
plus, et le refus de reconnaître ces Supérieurs devait
faire disparaître la dernière chance qui pouvait encore subsister de
le rétablir."
@Decouz Il faut comprendre dans le cadre de ses relations avec la papauté, teintées d’hostilité et des rivalités classiques entre le pouvoir temporel et le spirituel en occident, il préférait sans doute un régime, des régimes, sans une église aussi forte et concurrente à ses yeux.
“Le credo de Mahomet est exempt de tout soupçon ou ambiguïté ; et
le Coran est un glorieux témoignage de l’unité de Dieu. Le prophète de
la Mecque a rejeté le culte des idoles et des hommes, des étoiles et des
planètes, sur le principe rationnel que tout ce qui se lève doit se
coucher, que tout ce qui naît doit mourir, que tout ce qui est
corruptible doit se décomposer et périr. Dans l’auteur de l’univers, son
enthousiasme rationnel confessait et adorait un être infini et éternel,
sans forme ni lieu, sans issue ni similitude, présent à nos pensées les
plus secrètes, existant par la nécessité de sa propre nature, et tirant
de lui-même toute perfection morale et intellectuelle… Un théiste
philosophe pourrait souscrire au credo populaire des Mahométans : un
credo trop sublime, peut-être, pour nos facultés actuelles. “