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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 8 février 2012 14:20

    Vous confirmez ce que j’ai dit il y a quelques semaines, nous sommes devenus chiffristes en même temps que matérialistes.

    Celui qui ne sait pas pondre des 1 0 1 0 1 0 n’existe pas 

    IO or not OI



  • easy easy 8 février 2012 14:12

     «  »«  »«  »«  - Liberté, égalité, fraternité ! Faut en revenir à la révolution ! On nous a volé dans le partage, les bourgeois ont tout pris, et, non de dieu ! On les forcera bien à rendre....Est-ce qu’un homme n’en vaut pas un autre ? Est-ce que c’est juste, par exemple, toute la terre à ce jean-foutre de la Borderie, et rien à moi ?....Je veux mes droits, je veux ma part, tout le monde aura sa part. » «  »«  »« 

    Ca peut sembler similaire à du Céline dans la forme. Similaire voire précurseur car écrit bien avant Voyage au bout de la nuit.

    Mais Claudec en disant »Zola de droite« semblait considérer fortement les paramètres de fond, non de forme.

    Or, si l’on examine les fond de votre extrait de La Terre et de celui que j’avais posé sur le Voyage. On voit une différence flagrante

    Zola est révolté et il accuse. Il croit en une révolution. Il expose donc des faits d’ordre généraux qui font ressortir cette injustice qui frappe tout le monde des gueux.
    Il aurait pu s’en tenir à »Nous voulons« ou »Ils veulent«  mais il prend le risque du »Je veux« dont il allonge l’enveloppe en finissant par un rassurant » Tout le monde aura sa part« 

    Rien d’une telle conviction ni espérance (en version droitière) dans l’extrait de Céline. Aucun appel à révolution, à changer quoi que ce soit. Il raconte en sorte de journaliste complètement blasé. Aucun espoir, aucune réclamation. C’est constamment »Oh regarde, là je pourrais être ce mort«  »Oh regarde, je suis encore vivant«  »Oh je ne sais si je pourrai finir ma phrase" (Etant à considérer qu’il a écrit ça une fois bien au sec et non sur le fait même des champs de bataille)
    Zola ne cesse de dire qu’il est de plein droit de vivre, que tous les autres aussi. Céline se demande tout le temps pourquoi il vit encore

    Zola voit de l’injustice de classe
    Céline ne voit plus qu’ajustice



  • easy easy 8 février 2012 13:45

    Il est certain qu’il entamerait bien des idéaux. Peut-être même aurait-il miné ceux de John Kipling avant qu’il perde la vie dans cette même guerre.



    Concernant son style, qui m’est transparent.
    Alors que tant d’autres écrivains soignent et lustrent leur style pour qu’ils fassent genre...Céline avait décidé de laisser tomber les mots comme ils tombaient.
    Il aura pratiqué un style très dépouillé pour montrer au plus court son regard critique sur chaque chose en sachant très bien qu’il ne caressait pas dans le sens du poil.
    Il est de ces artistes qui n’ont aucune intention de remercier publiquement leur public. Il a la politesse en horreur. Et comme il est poli de ne pas se plaindre, il se plaint. Tout en n’ayant rien à foutre puisqu’il reste définitivement cramé d’illusions après avoir dû subir le hasard des balles.

    Alors que d’autres écrivains ont sué pour chromer leur style, celui de Céline sera apparu aux autres avant de lui apparaître.


    Subir le hasard des balles et des bombes nous fout la tête à l’envers.

    Pour Dostoïevski ça avait été pire qu’un hasard de balles. Il avait, dans un premier temps, été condamné à mort avec des compagnons d’infortune qui ont été exécutés. Mais quand arriva son tour, le tsar avait dû voir passer une mouche ou lâché un pet et a changé d’avis pour commuer sa condamnation en peine de goulag (qu’il a alors beaucoup appréciée). L’écrivain philosophe ne s’est jamais remis du fait que sa vie n’aura dépendu que du prout d’un chef. Comment prendre encore les choix et les discours des gens au sérieux après ça. Comment se prendre au sérieux après une telle humiliation en termes de dépendance, de mise à la merci totale d’autrui ?



  • easy easy 8 février 2012 12:52

    Au sujet de « Civilisation qui ne se valent pas » je faisais remarquer le développement de l’elasticité des mots en français. Et le mot sexualité est aussi élastique d’une capote

    L’historien Thierry Eloi nous assure que les Romains ignoraient le mot sexualité et que leur plaisir tenaient bien plus du baiser que du sexage

    Pour ma part, j’ai découvert le mot sexualité par le biais scientifique où il n’évoque que la manière de se reproduire et où le concept de plaisir est éludé voire dénié (sexualité des fougères !). Et j’ai aussi découvert les mot vagins, clitoris, par le biais médical-biologiste sur fond de carrelage faiencé 10 x10 blanc et odeur de formol.


    Quand on parle d’homosexualité, ça ne peut concerner que du sexage non procréatif et le mot sexualité qui y est rattaché passe à un contenu de seul plaisir.
    C’est quasiment dans un second temps et face à l’homosexualité en allure d’oxymore comme l’a justement relevé Gordon, qu’on en est venu à inventer le mot hétérosexualité en allure de redondance pour évoquer, là aussi, le seul aspect plaisir.




    L’homme & la femme forment un système comportant deux types sexuels (un seul type pour chacun).
    Et la langue française est de celles qui accordent des genres aux mots, en papa, maman.


    Or il y a des bestioles qui se suffisent d’un seul type sexuel et qui s’autofécondent par parthénogénèse

    Il y a des bestioles qui ont les deux types sexuels au sein d’un même individu (les escargots qui sont donc hermaphrodites)

    Et il y a des bestioles chez qui l’on peut compter 4... 6 ... 20 .... jusqu’à 48 types sexuels. Oui 48 individus ayant tous un genre différent des autres.

    Et qu’il y a des langues soit sans genre, soit avec plus de deux genres, lesquels ne versent pas dans le garçon fille mais dans le ... dur mou... ou le ... vivant mort ... ou le ...esprit solide ....ou le bleu, vert, rouge, jaune ...

    Si en français on se voit mal dire « Il marche » en parlant d’une personne effeminée, d’un travesti, d’un hermaphrodite ou d’un transexuel, ça ne pose aucun problème dans d’autres langues.

    Notre langue enferme d’emblée les individus dans une dévolution sexuelle liée au genre que nous sommes obligés d’utiliser pour les nommer et nous ne pouvons que traiter durement ceux qui nous posent des problèmes de verbalisation. Rien que le fait de tomber sur une voix masculine au téléphone, donc de dire « Monsieur » pour se faire ensuite rectifier par la dame à la voix d’homme, ça nous déstabilise et nous agace.



  • easy easy 7 février 2012 23:35

    Avec plaisir Gonzague


    page 54

    Après un repos, on est remontés à cheval,
    quelques semaines plus tard, et on est repartis
    vers le nord. Le froid lui aussi vint avec nous. Le
    canon ne nous quittait plus. Cependant, on ne se
    rencontrait guère avec les Allemands que par
    hasard, tantôt un hussard ou un groupe de
    tirailleurs, par-ci, par-là, en jaune et vert, des
    jolies couleurs. On semblait les chercher, mais on
    s’en allait plus loin dès qu’on les apercevait. À
    chaque rencontre, deux ou trois cavaliers y
    restaient, tantôt à eux, tantôt à nous. Et leurs
    chevaux libérés, étriers fous et clinquants,
    galopaient à vide et dévalaient vers nous de très
    loin avec leurs selles à troussequins bizarres, et
    leurs cuirs frais comme ceux des portefeuilles du
    jour de l’an. C’est nos chevaux qu’ils venaient
    rejoindre, amis tout de suite. Bien de la chance !
    C’est pas nous qu’on aurait pu en faire autant !




    Je réalise maintenant que ce passage qui m’a fait pleurer est effectivement très rapide et je comprends très bien qu’il vous ait échappé.
     
    A mes yeux, cette page est d’une extraordinaire densité. Tout l’homme y est résumé sans jamais y être exactement décrit 

    Ah ce « ...Par-ci, par-là... »  « ... tantôt à eux, tantôt à nous... »

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