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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 26 septembre 2011 11:55

    Bravo Taupo !



  • easy easy 26 septembre 2011 11:16

    Je pense que la croissance n’est pas un mythe mais une réalité, qui monte, qui descend, qui stagne, mais qui se mesure et se traduit par des choses tangibles. Si dans cette réalité il y a quelque aspect de mythe c’est dans le sens qu’on en donne, dans le sens « bien » qu’on lui accorde parfois.

    Par exemple la lecture de livres par la population est un fait, qui monte, qui descend, qui stagne et là-dessus se greffe un sens, ce sens étant « bien ». C’est dans cette qualification que résiderait le mythe tant qu’il ne sera pas établi scientifiquement que BHL ou PPDA, d’avoir tant lu, seront devenus des gens de « bien ». Tant il ne sera pas établi en contremesure qu’un Massaï qui ne lit jamais de livre est un homme de« mal ».

    La croissance n’est pas mythe, elle est trop proche d’une problématique de gestion économique pour cela.
    Par exemple, si dans l’Egypte des Ptolémée, il était constaté une croissance de la population, il fallait forcément vérifier si la production agricole progressait d’autant. Faute de quoi, famine. La préoccupation des cultures, des stocks, était alors cristallisante d’angoisses ou de soucis. Ca prenait une allure de dieu tant c’était central des préoccupations mais ce n’était ni un dieu ni un mythe.
    Le mythe c’est par exemple lorsqu’à l’étranger, il se dit que l’Egypte trouve toujours de quoi nourrir ses habitants ou au contraire lorsqu’il se dit que les Egyptiens crèvent toujous de faim. Le mythe est une constante qui sert à déterminer ce qui est bien et ce qui est mal. Le mythe sert le sens dont celui restrictif et binaire du manichéisme.



    Une mesure physique, objective, d’une situation économique, même si elle concerne un facteur vital, peut être un cristal d’hystérisations (très fondé parfois) mais ne peut pas être un mythe.



    A mon sens, cher Bernard, vous avez confondu notre cristallisation-focalisation sur la croissance pour croire que c’est un mythe alors que vous avez négligé de considérer le véritable mythe de la France qui est le progrès.

    Ramener un bison à la maison pour en nourrir son clan, ne peut pas constituer un mythe (sauf s’il apparaît par exemple un super chasseur) 
    Alors que diffuser sa religion soit à dos d’âne soit sur un cheval caparaçonné, est une entreprise qui a besoin d’être soutenue, pour se justifier tant auprès des siens qu’auprès de ceux qu’on contraint, par un mythe majeur : celui de progrès.

    N’importe quel Anglais, constatant de visu ce qu’était un navire négrier, n’avait qu’une solution pour taire son indignation naturelle : croire au progrès.

    Le creusement du canal de Suez a provoqué des millers de morts tant les conditions étaient dures. Ses promoteurs, ses spectateurs, ne pouvaient moralement accepter cette folie que s’ils croyaient par dessus tout au progrès.

    Or le progrès est en réalité à ce point non mesurable que constamment, et particulièrement maintenant, tout ce qui aura été entrepris à la lumière de sa croyance peut s’invalider selon un regard incroyant.

    En aucun cas Diogène de Sinope ne verrait de progrès dans quoi que ce soit que nous ayons entrepris depuis des siècles sous l’emprise de ce mythe. Même le volet de la santé peut ressortir invalide malgré les réussites objectivables des vaccins. Car le mythe du progrès ayant porté toutes nos actions, trop, beaucoup trop d’entre elles ont conduit à des morts violentes, à des ruines et des génocides.

    Tant que le mythe du progrès ne sera pas analysé et remis en cause, nous continuerons à faire tout et n’importe quoi de la même manière aveugle que nos prédécesseurs.


    Tant que toutes nos entreprises, y compris de cultiver des carottes ou d’implanter des antennes, sont susceptibles d’être habillées du mythe immaculé du progrès, il nous aveuglera.
    Tant que la croissance elle-même, qui possède des vertus objectivables, peut être, en plus, nimbée du mythe donc du dogme du progrès, elle échappera à la critique scientifique.



  • easy easy 25 septembre 2011 10:17


    Nettement plus jeune, j’avais souvent travaillé comme graphiste pour Arthur D Little.

    Cette entreprise, qui proposait d’étudier les marchés mais aussi les critères et modèles de priorité stratégiques globaux, avait été la première du genre au monde.

    J’ai clairement vu tout l’intérêt pour elle d’être perçue comme étant prométhéenne, intelligente, novatrice et rationnelle à la fois.

    Après sa création en 1886, son succès devint tel que plein d’autres entrepreneurs se sont lancés sur ce créneau du conseil stratégique. A D Little a donc inventé de toutes pièces un produit, un marché et il perdure.

    J’ai observé qu’en toute logique, les milliers d’entrepreneurs qui ont cherché à vivre de ce marché d’ADL avait inventé, ont cherché à se montrer au moins aussi prométhéens, intelligents et rationnels, ont cherché à le faire accroire. Quand ils ne l’étaient pas spécialement voire pas du tout.

    (Aucune autre entreprise n’a jamais fait mieux qu’ADL sinon en taille, en volume traité)
     
    Dans cette compétition en « Mi j’ai trouvé la plus bonne idée » j’ai observé que les plus stupides, par effet Dunning-Kruger sans doute, proposaient, en guise d’enseigne ou devise, des sophismes.
    Or un sophisme, ça tient face à un gogo, pas face au noyau le plus intelligent des entreprises.

    Le sophisme est valable lorsqu’il se propose à la masse car il suffit qu’une partie d’elle le reprenne en cantique « 100% des gagnants ont tenté leur chance » pour qu’il devienne valable.
    Il n’est pas valable face à la direction d’une entreprise.


    Le « marketing de l’incertain » est un slogan sophiste s’adressant aux entreprises clientes (non au public) et sera considéré par elles comme cherchant à les duper.

    En proposant votre papier, vous avez cherché à nous sonder, à étudier nos réactions face à ce sophisme dont vous n’avez peut-être pas conscience et que vous escomptez vendre (nombreux sont ceux qui utilisent les forums de cette manière et à cette fin).

    Les réactions que vous avez recueillies vous montrent ce que vous devez en faire.





  • easy easy 24 septembre 2011 21:48

    Vous forcez le trait ; pour avoir raison.

    En réalité ça fait des milliers d’années que des hommes ont proposé des bidules avant toute expression de besoin ou de nécessité

    Tiens, les Jésuites, quand ils ont proposé le christianisme à des sauvages, ce n’était pas du tout parce qu’ils avaient détecté le moindre besoin du genre mais parce qu’ils ont cru pouvoir imposer leur produit en éliminant un autre déjà en place et bien en place.

    Disons plutôt qu’il y a effectivement eu une période, entre 1970 et 2010, où les entreprises, cherchant à optimiser leurs réussites pour un moindre effrot et moindre risque, ont préféré démarrer sur un besoin exprimé ;

    Mais plus elles sont obligée de prendre des risques, plus elles reviennent à l’imposition d’un bidule non attendu.
     Elles ont alors à inventer, avant le lancement, une hystérie de ce besoin sorti de nulle part et procèdent par manipulation du genre « Attention série limitée en vue, prenez vos réservations, il n’y en aura pas pour tout le monde »









  • easy easy 24 septembre 2011 21:24


    Je vous en demande pardon mais je ne vais parler que du discours de La Boétie parce qu’il me grattait depuis un moment et je crois commencer à comprendre pourquoi.



    Partant donc d’une situation délirante qu’il avait vécue et que vous avez très bien fait de rappeler, ce très jeune penseur s’est donc mis à en rechercher la cause. Il avait repéré la servitude, il l’a trouvée volontaire et cette servitude servant des maîtres méchants, il l’a péjorée., dénoncée.
    A bas la servitude, même volontaire et vive la liberté alors.
    En somme




    Dans le collège, Martine agacée, jalouse, reproche à Hélène « M’enfin, arrête de courrir après Gérard. Arrête de lui servir de bonniche ! : ». Et Hélène de lui répondre « Et toi alors ! Tout le monde dit que tu rampes devant Kévin. Quand il te siffle, tu accours ventre à terre »




    Tout enfant est pont ; Entre ses parents, entre ses familles, entre des communautés parfois. Et un pont, ça doit servir de passage et de lien.

    On dit couramment que les enfants de divorcés se sentent coupables ou responsables de la rupture. En analysant la détresse de l’enfant de cette manière, on se concentre sur la seule culpabilisation et on dénie alors la source qui est que l’enfant des divorcés se sent inutile, échoué, failli en son utilité de pont incarné. Pire même, parfois un des deux parents relève l’enfant en pont-levis et en fait un barrage, un bouclier.



    Quand on commence à être adulte on s’exerce à être pont donc utile entre des groupes ; Lorsqu’on achète un poisson au poisonnier, on ne voit que lui et nous alors que lui, il voit également le pêcheur. Le poissonnier est heureux de se réaliser utilement entre deux groupes les clients et les pêcheurs.

    Il va de soi que cette dévolution à servir le plus, le mieux, de la manière la plus irremplaçable possible, tel Vatel, Lully ou Vauban, se réalise, en raison de la concurrence, de mille manières possibles, dont certaines, qui servent trop Paul, désservent trop Jacques.


    On dit trop souvent que l’homme est un prédateur. Il est en réalité d’abord un pont, un serviteur et ne supporte pas qu’on ne se serve pas de lui.
    Lorsqu’on veut faire du mal à quelqu’un par défaut, de manière passive, on coupe les ponts avec lui.

    La problématique, dans cette indispensable servitude volontaire de soi, c’est de servir le maximum aujourd’hui tout en étant en capacité de servir tout autant voire plus encore demain et alors que nous subissons des accidents, des diminutions et des amputations

    Un héros de BD, c’est quelqu’un qui peut servir plus et mieux que quiconque, sans souffrir d’altération de ces capacités.


    Il est stupide de dire d’un élève qui sert bien l’enseignement qu’il est un fayot ;
    Il est stupide de dire d’un employé qu’il sert trop bien son patron.
    D’un soldat qu’il sert trop bien son général
    D’un mari qu’il sert trop bien son épouse

    Olivier, tu reproches à Fernand de trop bien servir le PDG ?
    Et bien propose lui de servir quelqu’un d’autre.



    Etant entendu qu’il est regrettable qu’un individu en soit réduit, peut-être parce que les autres le boudent, à ne plus servir qu’une seule personne, de manière alors absolue et sans partage (ce qui est ordinairement le cas des amoureux fous)


    (On ne sert pas que des personnes physiques, on sert aussi des personnes morales)


    Ainsi, il n’y a pas lieu de péjorer le notion de servitude. Il n’y a qu’à en être jaloux.


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