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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 24 septembre 2011 18:06

    Funk ?
    Tu parles, en effet, c’est chez lui que j’ai entendu James Brown et appris comment bouger dessus !


    Oué, vu la modestie de l’appartement (petit immeuble de 5 étages, habillé de pierre de taille, charbon à aller chercher à la cave pour chauffer) je pense que son père était plus artisan tailleur fourreur qu’éditeur. 

    Ce que j’ai manqué de dire encore c’est que dans cette fratrie, comme dans toute autre, parce que l’aîné avait bien occupé la place de mec (Cet aîné et moi, nous aurions été, à ma connaissance, les seuls garçons à pratiquer la danse moderne et jazz tout en étant strictement hétéros) François, benjamin, en position de « Zut ! Encore un garçon » éventuel pour sa mère, aura adopté le profil le plus fragilistique, pas du tout macho. 

    Il me semblait être bien plus un aspirateur à tendresse maternelle qu’un modèle pour Indiana Jones

    Cette position de vrai tendre (comme Francis Lalane) n’est sans doute pas la meilleure pour devenir un King.

    A âge égal même Leonardo Di Caprio pouvait sembler plus viril que François.



    Du coup, c’est son clip Valses de Vienne qui évoque le plus cet aspect tendre de sa personnalité. Il est d’ailleurs possible qu’il se soit acharné à s’affranchir de cette allure trop fleur bleue en essayant de la jouer plus Black panther.

    Je rappelle que Clichy Sous Bois a été une des communes les plus communistes de France.

    Ca me fait penser à une autre problématique. 
    En principe, pour devenir star, il vaut mieux s’afficher winner, conquérant. Alors quand on est plutôt communiste, quand on ne veut pas renier son père modeste ouvrier, sauf à prendre carrément le profil de militant à la Maurice Baquet, Ferrat, Prévert, Perret, on se retrouve mis en porte-à-faux quand on vise le succès.

     

    A part ça, comme on frôle le cas de Ray Charles, comment s’appelait ce Français qui était allé le voir lorsqu’il était ruiné et qui l’avait relancé ?



  • easy easy 24 septembre 2011 16:53

    Ahhhh !
    Merci Gérard

     «  »«  » Dans la chanson Feldman s’adresse à la fois à un public ignorant et craintif et au jeune smurfer, il est un pont entre deux rives «  »"

    Un pont entre deux rives

    Justement que je recours à cette image depuis deux jours.


    Si les parents entreprennent, par leur conjugaison, la construction d’un pont, leur enfant l’incarne. Tout enfant est un pont, au moins entre ses parents, puis entre des familles, puis entre des clans, puis entre des communautés, voire des continents.
    Je suis Eurasien et je le comprends à peine maintenant, toute ma vie, j’ai pensé et agi en hyper pont. 


    François avait à peu près 14 ans lorsqu’il vivait avec ses parents (dont je ne me souviens pas trop. Il me semblait que son père était fourreur) et en tous cas avec ses deux frères aînés. Comme j’avais monté un corps de ballet avec son frère aîné et que je suis donc passé chez eux quelques fois, à Clichy sous bois où vivait aussi Sylvie vartan et Roberto Alagna, j’avais fait la connaissance de ce gamin. Il était plus fluet et plus introverti que ses aînés, surtout du premier. Et il était le seul à jouer d’un instrument de musique, du piano. Il ne chantait pas et plus tard j’ai été assez étonné de la voir prendre une position de chanteur plutôt qu’instrumentaliste

    Je débarquais alors de mon arbre à singes du Vietnam et j’étais au niveau zéro des connaissances musicales (et pas que de ça d’ailleurs)

    C’est donc avec un regard des plus primitifs, sauvages ou instinctifs que je l’ai observé. Et je l’avais trouvé extraordinairement mûr non seulement par rapport aux autres garçons de 14 ans mais même par rapport à moi et à ses aînés en ceci qu’il était, à mes yeux, pointu et accompli en matière musicale. Je le voyais en maître du piano.

    Alors que ma cousine, fille de bourgeois du Raincy, pianotait classiquement la Marche Turque, François jazzait. Et sa manière de glisser ses doigts d’une noire à une blanche sans les relever m’apparaissait très insolente, transgressive ou libertaire.

    Je lui ai demandé de m’initier au piano, au seul jazz, via les standards mais aussi avec de l’impro et c’est comme ça que j’en ai acheté un, que je m’y suis mis (mais en autodidacte, je te dis pas le carnage) 

    Cette fratrie ressortait donc à mes yeux comme autorisée par le père, à explorer librement les espaces artistiques. J’admirais cette fratrie toute orientée vers l’art.

    Autant ses frères et moi, nous étions fascinés par lui, autant nous cherchions, comment dire, à l’attirer à notre danse comme en espérant nous en nourrir, nous enrichir de son talent, autant lui, ne s’intéressait pas à nos expériences

    Il n’appréciait donc pas l’exhibition sur scène (qui exige un minimum de narcissisme corporel). Très souvent, en regardant Claude François ou Michael Jackson, je me suis mis à penser que ces derniers avaient largement emporté sur François par leur disposition à montrer leur corps, à danser.

    Gainsbourg, se trouvant très laid, avait pris le parti gagnant de se moquer carrément de son physique. Partant de ce contrepied, il a pu démontrer que s’il était repoussant de premier abord, il était extraordinairement riche de talent. Et il a su fournir la preuve de ses charmes secrets en se montrant entouré de beautés.


    François était à mon sens le plus beau de sa fratrie. Mais comme l’aîné avait très explicitement occupé la place du beau, François ne concevait sans doute pas de lui faire concurrence sur le physique et à l’époque où l’image, la télé, devenait si importante, ça l’aura plombé.

    François est quelqu’un qui peut penser et dire des choses très fines mais après réflexion. et digestion lente. Il n’a pas le talent de tchater de manière improvisée.
     
    A mon sens, il aura envié les Tapie, les Debouze et autres Philippe Bouvard. 
    Le rap, qui exige cette capacité à improviser sur le verbe, aurait donc représenté son principal défi.


    (Si ça se trouve JJ Goldman a un complexe comparable)


    A l’époque, Clichy Sous Bois n’était pas habité par autant de gens d’origines différentes. Eurasien, je ressortais donc comme le nègre de service. Alors qu’on pourrait attendre des Juifs qu’ils soient quelque peu fermés aux autres, ses frères et lui m’ont tous accueilli comme un frère. C’est ce qui fait que je n’ai aucune appréhension face à cette communauté. De toutes les familles juives que j’ai fréquentées, c’est celle des Feldman que j’ai trouvée la plus transversale.



    Puis j’ai changé de région et perdu de vue cette famille.

    Un jour, constatant sa chute après le téléthon où il avait demandé à un public de paralysés de se mettre debout (Debouze aurait fait cette erreur, il aurait probablement su en tirer parti. François est trop délicat pour ça) j’avais demandé à JL Lahaye -qui lui aussi s’était gamellé-de nous réunir afin que je lui dise toute ma gratitude. Car c’est bien François qui m’avait initié à la musique libre. Mais cette rencontre n’a pas pu se faire.


    Comme l’a dit Scual, il aura eu sa chance. Peu doué en matière d’image, François n’aura pas accédé au panthéon des artiste de l’ère visuelle, mais il est déjà allé très haut.
    Bravo !


     



  • easy easy 21 septembre 2011 19:11

    Sauf erreur, vous aviez, cher Daniel, écrit un papier sur la réunification de l’Italie. Et vous encensiez alors ses promoteurs, dont Garibaldi.

    Un peu de musique là-dessus, du V.e.r.d.i. Nabucco tant qu’à faire, et voilà tout le monde en émoi dit positif, aux anges donc.


    Bon.

    Une fois bien installée, cette chose tant encensée dispose d’une énorme marge de manoeuvre pour faire ce qu’elle veut de la piétaille. Pas de la masse certes mais de la piétaille oui, des individus, ici ou là, oui. Sous n’importe quel prétexte pourvu qu’il évoque Nabucco.

    Je veux dire qu’il est absolument impossible de fabriquer un dieu massif sans que pris isolément, les individus en soient écrasés.


    Tout dieu, c’est dans son essence, doit recevoir des sacrifices. Jamais de toute la masse qui le porte mais parfois d’un gros pourcentage de cette masse (lors des guerres par exemple et pour soutenir le dieu Patrie)
    Et en tous cas il doit recevoir le sang de quelques individus pris ça et là qui ne lui auraient pas été suffisamment obéissants.


    Le Dieu Etats-Unis avait été bien vendu par Washington, bien soutenu par Lincoln et il avait semblé logique à tous de lui sacrifier des tas de vies. La Guerre de Sécession reste à ce jour la guerre la plus décimante des EUA. Une fois ce Dieu intrônisé, c’est automatique, vu sa puissance, vu les fleuves de sang qui lui ont été sacrifiés, il peut exiger une tite vie ici, une tite vie là, histoire de se maintenir en pleine forme.


    Vous êtes un de ceux qui fabriquez des dieux réels. Ne soyez pas surpris qu’ils exigent des sacrifices et plus encore que des dieux virtuels.






  • easy easy 21 septembre 2011 11:34

    Je choisis volontiers de faire confiance à un pilote d’avion ou de taxi. Ma confiance ne va guère au-delà de ce genre de missionnage précis.



  • easy easy 21 septembre 2011 11:19

    «  »«  »«  »«  »«  »«  puissiez-vous comprendre qu’il faut, pour servir ce »bien public« , s’efforcer de faire aussi le bien en privé. »«  »«  »«  »«  »«  » 

    Si cette assertion émanait du peuple, elle serait abusive et certainement fascisante, au moins uniformiste, standardiste.
    Or c’est explicitement DSK qui aura affirmé à plusieurs reprises servir le bien public. C’est en cela qu’il a tort face à ce public qu’il aura invoqué, convoqué et utilisé toute sa vie.

    Ce qui est dommage, pour lui, pour les siens comme pour le public, tant français que mondial, c’est qu’à cette heure-ci, il n’ait pas encore entamé des soins psys, seuls à même de lui permettre de voir qu’il avait trop prétendu servir le bien public.

    Après auto analyse (avec l’aide d’un psy) il aurait compris ce que tout individu devrait comprendre et que seuls les analysés peuvent vraiment comprendre : nul ne devrait prétendre servir le bien public sans définir le cadre restrictif, voire hyper restrictif de ce qu’il appelle « le bien public ».

    Même un soldat qui offre sa vie en se jetant devant la gueule d’une mitrailleuse ennemie, devrait définir -s’il en a envie- ce qu’est exactement et seulement le « bien public » qu’il sert. Même ce soldat là, ne sert qu’une chose extrêmement étroite et limitée de ce qu’il pourrait appeler le « bien public ».


    Ainsi, tant que l’Abbé Pierre ne déclare pas explicitement servir « le bien public », il peut déraper ce qu’il veut et ce sont alors ceux qui lui auront fait dire qu’il « servait le bien public » de se démerder avec les impasses auxquelles conduisent inévitablement leurs fantasmes projections et besoins. Contrairement à DSK, l’Abbé Pierre n’a jamais prétendu explicitement servir le bien public. Il a bien fait.

    Le peuple serait lucide (éclairé par une analyse), jamais il ne permettrait à quiconque, quand bien même marcherait-il sur l’eau, de dire « Je sers le bien public » sans lui demander ce qu’il entend par bien public et sans exiger de limites à ce service.

    Les infinis, en tant que dévolutions, sont folies.

    DSK a donc eu tort de dire « Je sers le bien public » sans définir ce qu’il entend par là et le public a régulièrement tort de feindre croire qu’il est possible qu’un individu ou qu’un groupe d’individus puisse « servir le bien public » sans en préciser les contours et limites.

    DSK et le public préfèrent tous deux se laisser bercer d’illusions.

    Tout le monde, Barbier inclus, semble encore et toujours croire au principe du messie.
    Tout le monde est gnostique de quelque illusion. Quelques uns seulement basculant parfois, à la suite de quelque sursaut de lucidité, dans le désespoir définitif.
    Désespoir qui n’est négatif que par rapport à l’état gnostique. Car hors gnose, le désespoir n’est que le zéro de l’espérance.
    Et Diogène de Sinope se situant sur ce zéro, c’est une position viable.




    Nous avons développé une ruse intellectuelle afin de ne pas nous retrouver confrontés à la puérilité de notre besoin d’illusion messianique. 
    Cette ruse intellectuelle est essentiellement installée dans le verbe.
    Nous pourrions assez largement vivre sans parler (pas même par gestes) ou en nous contentant de dire des choses très simples « J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai vu un bison »

    Or nous avons vérbalisé, énormément verbalisé. Un homme politique, un représentant étant finalement, rien d’autre qu’un verbalisateur. Sans le verbe, pas de promesses, pas de messies.

    Et notre ruse consiste à faire croire que notre verbe était très bien foutu, qu’il est une garantie de bon sens, grâce à la taxinomie d’abord qui nomme tout, puis grâce à la systémique qui range et classe tout. C’est ainsi que Bien et Mal (qui figurent évidemment dans tous nos dictionnaires) semblent (nous en rigolons in petto) définis quand ils ne le sont absolument pas.
    Et je ne parle pas du principe de la géométrie variable, opportuniste, et très admise, autre outil de notre sac à ruses sémantiques et rhétoriques.
     
    « Les mots ont un sens » Ouille !



     
    J’irais à dire que tant que nous jouons de nos gnoses puériles et que ça n’aboutit qu’à des bagarres verbales, bof, ça nous occupe et ça ne fait pas trop de mal.
    Ce qui me semble plus dommageable, c’est que bien des gens sont tondus, goudronnés, fouettés, torturés, lynchés, pendus ou incarcérés 150 ans dans le cadre de ce jeu et toujours selon la seule véritable règle, in fine, celle du plus fort.

    Coaguler, former masse, pour combattre une autre masse, comme ça se passe en temps de guerre, bah, pourquoi pas. mais coaguler, former masse, hyper force, contre un individu et en arguant encore et toujours de ruses intellectuelles, je trouve que c’est très petit.



    Est-il possible, pour le public (mot bourré de réifications) de sortir « bien » ou « purifié » de l’affaire DSK, à cette heure-ci que nous y avons tous mis les mains jusqu’au coude quand nous n’y étions pas absolument obligés ?
     
    Ce n’est possible qu’en reconnaissant, en tant que public, que nous sommes profondément puérils d’avoir cru et de croire encore qu’un individu puisse « servir le bien public » sans en définir exactement l’enveloppe.



    Les contrats commerciaux sont souvent très précis, tous les engagements sont écrits noir sur blanc et il reste malgré toutes les précautions encore des lacunes. Au moins se sera-t-on efforcé d’y définir les limites et obligations. Mais vis-à-vis de nos messies et amants, il n’y a jamais aucun contrat précis et nous préférons qu’il en soit ainsi.
    Nous, en tant que public et partie de public, nous ne ferons jamais cet examen de conscience. Nous aimons trop les masses, les messes et les messies. Nous les aimons tout en les redoutant, nous y sommes aliénés.

    Une messe pour le Capitole, une autre messe pour la roche tarpéienne, nous adorons ce jeu de messes. Nous adorons les miracles et brûlons ceux qui nous ont déçus de nos illusions.



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