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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 17 décembre 2012 21:02

    Alinéa 

    La fabrication du consentement


    On pourrait en dire bien des choses

    Je m’en tiendrais à un seul aspect.
    Pour qu’il nous soit venu à l’idée d’inventer ce concept de fabrication du consentement, il a fallu que nous y ayons vu une usine, une industrie
    C’est le cas.
    Elle existe
    Depuis que les professeurs entrent dans les maisons.

    Autrefois, pour que des gueux se mettent d’accord sur la construction d’un chemin, ils se réunissaient et bataillaient d’arguments sans qu’aucun ne parle en professeur. (Encore que le curé, s’il n’en mêlait, aurait tenu ce rôle et pris le ton logos)
    En tous cas dans une auberge et à la maison, entre gueux, on ne pratiquait pas le logos (et je reste bien dans son acception universitaire, non dans son acception large)


    Les choses ont énormément changé déjà en 1850 quand les innombrables contremaîtres commençaient à prendre un ton un peu professoral du genre Taylor (Que de la raison. Il y a une Raison d’ordre supérieur que vous ne pouvez pas comprendre bla bli bla blo)

    Avec la télé introduisant les premiers professeurs docteurs dans les maisons, ça a été la cata.
    Les enfants pratiquaient vite ce ton universitaire devent leurs parents complexés se sentant étrangers dans leur propre pays

    Depuis, les Bourvil et autre Fernandel ayant disparu de la télé, plus aucun gueux ne voit de langage simple athos pathos de type français à la télé. Il y a du langage ordinaire mais il est francé.

    Les seuls qui, à la télé semblent encore parler Français sont les professeurs, les universitaires.
    Les gueux ont donc l’impression que tout doit passer par le logos
    On a vu défiler des pubs sur toutes sortes de produits ménagers, présentés par des gus en blouse blanche, façon docteur.

    La mère Denis, out

    Le langage universitaire encore inaccessible à beaucoup, n’étant pas le leur, les hypnotise.
    Et ils y obéissent

    Ils écoutent Attali, BHL mais sont infoutus de pondre vraiment, de leurs tripes, un équivalent.

    Les plus jeunes, tout de même plus formés au logos, foncent dedans, ils lisent, ils lisent, ils lisent. Et yaka voir sur ce site, plus personne ne pratique ethos pathos comme vous l’avez fait deux fois de suite.
    Tous déversent des tombereaux de références universitaires

    C’est cela l’usine du consentement
    Et il n’y a qu’un moyen pour casser cette tendance, c’est dire j’aime j’aime pas  ; je suis je ne suis pas.
    Ce qui se produit ici et là tout de même lorsqu’un sensible, un musicien, un Lalane, un Sébastien, un Coluche, une Maïté, une Bardot, un Depardieu, disent quelque chose qui leur vient du coeur à la télé. (Sarkozy et Hollande ont été élus sur J’aime J’aime pas + des Attali autour afin de les autoriser) 


    Sans la télé. Zéro télé.
    Le phénomène aurait été beaucoup moins rapide. Mais le langage de bouche à bouche des millions de bac + 3 pétris de Sartre et de Nietzsche aurait produit le même effet autoritaire.

    Tout ce qui est sentimental est passé au scanner médical. Le docteur dit ce que vaut le sentiment. Quoi qu’il dise du sentiment de quelqu’un, c’est son regard technico logos qui domine, c’est lui qui fait autorité.
    Sarkozy dit un truc, Hollande dit un autre truc, t’as toujours un médecin qui va le redire en version logos. Et ce n’est évidemment pas la graphologie, les tests DRH qui vont réduire la tendance.

    Même le discours des astrologues a changé pour devenir plus technique. Même la machine qui tire les boules du loto est hyper technique, ce n’est pas quelqu’un qui tourne une roue à la main. 

    Ethos et pathos sont éternels, on aime ou on aime pas aujourd’hui comme il y a dix mille ans. Personne ne se sent largué devant un discours sentimental. Personne ne peut être hypnotisé par le sentiment puisque c’est son quotidien. Tout sentiment le renvoit à sa douce, à sa mère, à ses enfants. 
    Le logos nous éloigne de nos gens, de nos chéris, il nous hypnotise et nous lui obéissons.
     







  • easy easy 17 décembre 2012 20:19

    Shawford

    Je ne dirai rien sur les Anonymous puisque je ne sais rien de ce qu’ils bricolent


    Hors Net, il y a des gus lançant des pavés depuis les ponts d’autoroute, d’autres plaçant des crochets sur les caténaires, qui coupent des arbres, qui brûlent une forêt
    Ce sont là des gens qui cherchent à se rendre importants, qui peuvent contempler leurs dégâts à la télé, tout en restant inconnus de tous.

    La starisation face à soi seul existe et ce n’est pas nouveau. Il y a déjà très longtemps que des gens vandalisent des choses en douce de tout le monde. Cf Chevalier de la Barre. Mais de nos jours c’est devenu très fréquent. Tags, scooters ou voitures brûlés c’est par milliers

    Mais sans doute divergeons-nous sur le sens de starisation. Peut-être pensez-vous à la chose depuis le public (qui a alors besoin d’une star identifiée) alors que je la pense depuis l’incendiaire (qui n’a pas besoin d’être identifié pour jouir, au contraire)



  • easy easy 17 décembre 2012 19:15

    L’ouroboros se crée lorsqu’on classe les uns et les autres à travers une grille psy et en en appelant aux autres pour qu’ils en viennent à établir le même classement. C’est le meilleur moyen de tourner en rond et de se dévorer mutuellement

    Pour éviter l’ouroboros, c’est simple « Tu m’es méchant, je me casse » 
    Point


    Avant notre époque, jamais quiconque n’avait besoin de convoquer le peuple entier pour analyser sa misère face à un méchant.

    Méchant est ethos pathos
    Depuis Freud, on n’en veut plus de ce vocabulaire, on veut du logos à tous les étages.
    Désormais, le peuple s’est mis au diapason des docteurs qui pullulent sur les media et en vient à parler docteur

    Méchant est enfantin, gentil aussi. (En viet, gentil n’existe pas, on dit facile à aimer c’est-à-dire que la responsabilité de l’aimant apparaît)

    Résultat nous sommes tous des malades mentaux, tous sous anxiolytiques, tous médicalisés, c’est cela l’ouroboros.

    Dépense annuelle de santé par habitant : Vietnam 130 € France 3000 €



  • easy easy 17 décembre 2012 18:49


    Vous commencez bien, vous finissez bien, mais c’est subjectif

    Le reste, qui aurait pu être objectif, est faux ou mythe
    Vous me semblez tracer un sillon pour quelqu’un


    Il y a vraiment une différence de tension entre le peuple vietnamien pourtant coincé par un appareil communiste et le peuple français. Ici les gens ont des rapports très tendus et ça ne date pas de l’arrivée des Eux comme l’écrivent certains ici.

    Un peuple dont les enfants doivent apprendre par coeur une conjugaison aussi délirante qu’inutile n’enseignant strictement rien d’autre que le savoir par coeur, qui génère donc une élitisme par le savoir, n’est pas un peuple soudé de manière populaire.

    Le ciment français actuel c’est un peu les Koh Lanta et autres Intervilles ou Tour de France qui l’offrent mais c’est surtout une pleïade de beaux causeurs qui ne sont pas là pour dire ce qu’ils aiment ou ce qu’ils n’aiment pas mais ce qu’il faut faire. Ce sont des professeurs.

    Or, en aucun cas, un contexte professoral, universitaire, ne peut porter à la sympathie, à l’amitié, à la décontraction, à la rigolade (sinon, bien entendu, en réaction de cancre qui n’en peut plus et qui grimpe aux rideaux de la classe)


    Nous sommes dans un pays où il faut une permission pour dire à quelqu’un qu’il est un ami. On ne peut pas passer au Tu de proximité sans autorisation (sauf en passant au Tu du mépris). Ici, on doit passer ds années à côté de collègues qu’on doit vouvoyer pour maintenir une distance (c’est bien comme ça qu’on dit, docteur ?)


    Je passe directement à la fin où vous avez encore raison non forcément sur les causes mais en tous cas sur le constat que le Français, comme tous les peuples, a besoin d’un chef charismatique (c’est plus adapté à notre époque et à notre démocratie qu’imperium qui fait, justement, prétentieux)

    Tous les pays ont besoin d’un chef légitimé soit par un quelconque droit naturel, soit par sa force martiale, soit par son charisme versant dans le « sourire à l’épreuve des balles »
    L’idée de tous les peuples c’est que si le chef tient bon, ça va.
    S’il craque, ça ne va plus. 

    Le peuple en vient partout à protéger même un chef qui aurait pris le pouvoir par la force et qu’il n’aurait pas aimé a priori.
    Une fois qu’un type est au pouvoir, il y a une masse significative qui accourt pour le protéger.
    C’est un grand classique.




    Là-dessus s’ajoute le cas des chef au pouvoir par la seule grâce des urnes.

    Dans ces cas là, la patience joue d’avantage « Il n’est pas terrible mais on va voter autrement la prochaine fois »
    Il n’y a donc ni nécessité de protéger au jour le jour le chef au pouvoir, ni rage à le virer.
    On patiente, rien de plus.
    Dans les démocraties, le regard vers le chef est souvent un regard patient donc mou, peu dynamisant. Attendre, attendre, attendre, le prochain ce sera mieux, ah ban non, bon bin ce sera le suivant alors...

    Dans les démocraties les plus modernes, il y a un différentiel entre le regard qu’ont les gens sur leur mainstream (qui évolue vite puisqu’ils ont le droit d’exprimer des opinons variées) et leur chef. Il n’y a pas raccord entre le chef et les moeurs. Les moeurs avancent plus vite que les chefs. Les chefs sont à la remorque des actions populaires, ils n’ont pas l’initiative.

    Au Vietnam, pour reprendre une comparaison offrant une perspective, le peuple étant coincé par un régime communiste sans fin, il n’attend rien de lui, ne le calcule pas et se démerde directement dans le allstream (dans le courant de toutes les pensées circulantes)

    Le gouvernement prend tout de même des initiatives mais le peuple court beaucoup plus vite que lui. Le gouvernement est constamment débordé, aux abois si l’on veut forcer la trait. La dynamique du peuple s’impose au gouvernement qui déboule toujours après la bataille en feignant avoir eu l’initiative.

    Le résultat est que le peuple, quoique toujours pauvre, se marre de dominer le régime (PIB en croissance de 6%).
    Une habitation tube 2 étages de 80 m² dans Saigon, plutôt centre, vaut aujourd’hui 1 million de dollars 
    Les gens s’appellent tous par quelque tonton, tata, petite soeur, grand-frère...Même un orphelin vendant des clopes dans le rue est hellé et désigné de manière familiale, petit -frère.
    C’est vraiment une autre ambiance qu’ici.



    Le milieu de votre papier, je ne le corrige pas, ce serait sans intérêt




  • easy easy 17 décembre 2012 17:17

    Bin c’est que la starisation de soi a bien des formes dont celle consistant à se savoir important parce qu’en loucedé on a fait dérailler un train. Personne ne sait qui est la star mais elle le sait et ça lui suffit souvent (ou avec deux trois potes dans la confidence si possible)

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