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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 8 juin 2012 09:10

    Lui, il a dit une fois « Je suis quelqu’un de normal »

    Vous, vous faites partie des innombrables qui remettent cette assertion banale sur la table.

    Le « Normal » si on veut en discuter, on doit le faire hors cette assertion de Hollande et le tapage que certains en font. Où l’on redécouvrira alors que « Normal » est un mot fourre-tout à qui l’on peut faire dire tout ce qu’on veut.

    Ce n’est pas Hollande qui peut définir à lui seul et par son attitude, le sens de « normal »



  • easy easy 7 juin 2012 15:39

    Vibrant.
    J’apprécie.

    Je ne suis pas Grec.
    Je m’offre à la porosité, à la compréhension sur ce sujet qui m’afflige et pour lequel je n’ai pas de certitudes.

    Ce drame me fait penser à la sortie de la colonisation.
    La sortie de la colonisation, même celle qui avait été très formalisée, l’évacuation de l’Indochine en 1954 suite à une défaite irréfragable, avait fait surgir des réactions paradoxales. Certes il y avait des ex colonisés qui étaient ivres de joie (sur le coup en tous cas) mais il y en avait aussi énormément qui pleuraient en « Quoi ? Vous partez ? Vous nous abandonnez ? »

    Et la France défaite de leur répondre « Certes, nous partons, m’enfin c’est vous qui l’avez voulu »

    Jeu de la patate chaude, du renvoi des responsabilités. 



    Toutes les histoires dans le genre démontrent qu’il y avait matière à réfléchir à une nouvelle sorte de responsabilité.
    Nouvelle responsabilité qu’avait formulée Saint Exupéry « On est responsable à tout jamais de ce qu’on a apprivoisé ». Mais il ne l’avait pas explicitée


    Prenons un groupe de joueurs au casino. Ils ont l’habitude de jouer gros. Un d’eux est régulièrement accompagné par un ami bien trop pauvre pour jouer de telles sommes et qui se contente de regarder (A part ça il est content de sa vie modeste)
    Mais pris par je ne sais quel élan prométhéen, l’ami riche insiste pour que son ami pauvre ose participer au jeu « T’inquiète pas, tout va bien se passer. Je te conseillerai »

    Et voilà le pauvre qui joue à cette grosse table. Il pète de trouille mais il est fier de faire partie de ce groupe.

    Il perd

    Il se serait bien retiré aussitôt mais son ami (qui se sent fautif et qui cherche à se voiler la face) insiste encore. « Mais non, garde ton sang froid. Tiens, je t’avance de l’argent. Ca ira mieux, tu verras »

    Ce tissage d’une toile d’aliénations (réciproques, faut pas croire) ne permet pas au pauvre de se retirer. Et il se ruine.

    Ensuite ?
    C’est là que devrait intervenir l’assertion de Saint Exupéry.
    C’est là que l’ami riche devrait prendre ses responsabilités d’apprivoiseur et nourrir à vie celui qu’il a rendu dépendant.

    Les pionniers américains avaient repoussé, exterminés ou parqués les natifs mais n’avaient pas eu l’idée de les convertir culturellement. Ces pionniers ne voulaient conquérir que des terres.
     
    Différemment, les hussards de Ferry voulaient conquérir les esprits. Dans nos colonies, les indigènes (sans majuscule, c’est pas la peine) étaient obligés de renoncer à la langue originelle et apprenaient que leurs ancêtres étaient des Gaulois. Tous les convertis ou francisés ont forcément et progressivement aimé la culture française, les manières, les modes, la littérature.
    Lors de la décolonisation, ces apprivoisés se sont retrouvés cocus. (et quelques fois massacrés par les nationalistes ou indépendantistes)
    C’est cela qui a produit le phénomène boat people.

    En prenant des risques extrêmes, certains des apprivoisés ont atteint les rivages de la France et ils ont été souvent admis à bord. Idem avec les EU quand les Viets ont pu s’installer à San Diego.
    Mais il leur fallait risquer leur vie pour se faire accepter à bord du Navire mère.
    Que de douleurs !

    (je suis autant d’un pays très pauvre que d’un pays très riche alors je ne fais mon assise ni du développement ni du primitif. On peut me traiter de l’un ou de l’autre, ça m’indiffère) 


    Concernant la Grèce
    Il se pourrait que dans les premiers temps de l’Europe, la Grèce ait été invitée, fortement invitée, à participer à la réunion. Ces Monnetistes qui rêvaient probablement de constituer une belle carte européenne toute d’une seule couleur, sans allure mitée, avec une seule frontière périphérique tout au loin, au plus loin possible, avaient probablement insisté auprès des Grecs en exposant des arguments de légitimité historiques et géographiques, en éludant alors les incompatiblités techniques, économiques ou culturelles éventuelles. 
    Il est certain qu’il devait exister des points noirs mais je ne me souviens pas en avoir entendu parler. 

    La Grèce se serait donc retrouvée embarquée, avec plaisir et fierté, dans un jeu où les mises étaient trop grosses pour elle. 
    Quand je dis que la Grèce n’était probablement pas de taille, je le dis sans jugement de valeur. Je ne suis pas de ceux qui méprisent les petits, les simples et les ignares.

    Il faut sortir des complexes soit de supériorité soit d’infériorité pour convenir sans honte ni arrogance, sans aucun complexe donc, qu’il y a des parties où seuls les gros joueurs devraient participer. Les autres devant rester en retrait prudent. 

    C’est sans complexe que les Grecs devraient (si c’est bien le cas) admettre que la partie avait été trop grosse pour eux. Ils devraient s’en prendre d’une part à leur prétentions d’alors, à leur manque de raison ou modestie d’alors et s’en prendre également à ceux des Européens riches et puissants qui les avaient poussés ou encouragés à participer à un jeu aussi pointu. 

    Dans le cas de la colonisation, les indigènes n’avaient vraiment pas le choix. Ils ont été absolument contraints de jouer le jeu du puissant envahisseur.
    Dans le cas de la participation de la Grèce à l’Europe, les Grecs n’étaient pas obligés. Ils se sont retrouvés en Pinocchio séduit par le Chat et le Renard. Pinocchio était certes libre de refuser le jeu mais, c’est le propre de la manipulation et de la séduction qui sait éveiller la cupidité d’une cible pour en tirer profit, il n’a pas pu résister à la tentation de la richesse. 

    Les Madoff font de même. Ils visent pourtant des gens fortunés et avertis. Mais ils parviennent à exciter la cupidité à un tel point que la vigilance de leurs cibles diminue et elles se font rouler dans la farine. Comment les victimes des Madoff peuvent-elles se plaindre ? Tout le monde leur rira au nez en les renvoyant à leur cupidité. Ils ne leur reste donc plus qu’à assumer leur ruine.


    Je peux me tromper concernant le dosage mais il s’était forcément passé quelque chose dans ce genre lors de l’entrée de la Grèce.


    Maintenant que les jeux sont faits, qu’on ne peut plus rien cacher du dessous des cartes et que la Grèce se retrouve ruinée en termes de crédibilité, invoquer la responsabilité de ceux qui l’ont apprivoisée n’est possible que dans une certaine mesure puisque la Grèce se prétendait adulte, savait philosopher et réfléchir, puisqu’elle se disait consentante, ajoutons éclairée pour faire bonne mesure.

    Il y aurait à dire sur « éclairée » Beaucoup à dire. 
    Et à redire aussi. Car même parmi les gros joueurs, lequel savait d’avance ce qui pouvait se produire de désastreux ? Qui s’était douté qu’un membre pouvait faire faillite ? Qui pouvait prédire des taux d’emprunt aussi élevés et une croissance aussi faible ?

    Au fond, aucun des joueurs ne peut être considéré comme ayant été à l’époque, très parfaitement éclairé et conscient des risques.

    N’empêche qu’en tenant compte du meilleur partage possible des responsabilités, le principe de la responsabilité des apprivoiseurs-séducteurs doit être évoqué. 

    Ce qui veut dire que si honte il devait y avoir, elle devrait être partagée par tous les joueurs.
    Si ruine il y a, elle devrait être partagée par tous les joueurs.

    Les autres joueurs ne peuvent pas se débarrasser de leur responsabilité en disant Grexit 

    Mais je serais Grec, je le dirais ce mot. 
    Je ne serais pas du tout malheureux de revenir aux chèvres et aux olives. 
    Après une telle expérience, les miroirs aux alouettes me laisseraient froid et je préférerais ma petite misère bien comprise.


    Hélas, vous l’affirmez, bien des Grecs refusent un retour au pastoral. Ils refusent de renoncer au rêve de villas avec piscine. Ils refusent de ne plus pouvoir rouler en voiture et de devoir se contenter d’ânes ou de bicyclettes. Ils refusent que leurs enfants ne puissent aspirer à une belle réussite. Ils refusent un enseignement de misère et un isolement des progrès technologiques. 
    Et ils seraient donc susceptibles de se laisser tenter par des illusionnistes extrémistes. 

    Ouille !
    Car en ce cas, même moi qui apprécie la misère matérielle, je fuirais le coin.



    Si ce risque existe vraiment et vous semblez en livrer la preuve (il serait abusif d’agiter le spectre de l’extrémisme pour faire peur), alors l’Europe ne doit pas laisser tomber la Grèce. Ca vaut le coup de faire un effort collectif pour effacer l’ardoise grecque afin qu’elle reste démocratique. 

    Mais quid de l’après ? 

    Même ardoise partagée entre les joueurs, que va devenir la Grèce dans un jeu où ce sont les plus prométhéens, ceux qui inventent des concepts et formules, ceux qui déposent des brevets, qui s’en sortent le mieux (dans les régions sans ressources naturelles abondantes) ? 

    Peut-être faut-il deux sortes de périmètres à l’Europe. Un premier qui serait géopolitique et où même les pays les plus arriérés (chez moi ce n’est pas péjoratif et je ne m’embarasse pas de guillemets) pourraient entrer. Un second qui serait économique et monétaire où seuls les plus prométhéens pourraient jouer.


    Enfin, sur ce sujet, ce qui stérilise les débats ce sont les réactions en « Que vous êtes méprisants ou arrogants ! » quand elles en restent là, quand elles ne démontrent pas qu’au contraire, la Grèce est performante au sens où l’entendent les marchés des capitaux. 

    S’il n’est pas possible de dire les faiblesses structurelles de la Grèce (qui existaient il y a 30 ans et qu’il aurait fallu considérer en premier rang, non en dernier) parce qu’en les exposant on se fait traiter de prétentieux, sans se voir opposer des contre arguments prouvant que la Grèce est aussi forte que les autres joueurs, alors on ne peut pas en débattre. 

    Et c’est bien ce qui est en train de se produire. 

    Par exemple, le fait que Christine Lagarde rappelle aux Grecs -en lettre ouverte- qu’ils doivent commencer par payer leurs impôts, est effectivement inutile, humiliant et elle n’avait pas à dire ça. Mais pour autant, se servir de cette bêtise pour interdire ou castrer toute assertion établissant que la Grèce n’avait pas à jouer à une telle table, empêche définitivement d’entreprendre une analyse sérieuse des causes et effets.

    Ou alors, il faudrait utiliser des formules tellements euphémisées ou alambiquées que personne ne verra la moindre pertinence à une telle étude.
    Il faut pourtant bien en faire une d’étude sur cette catastrophe.
    Il faut pourtant bien qu’on sache ce qui a foiré dans cette association.
    Car d’autres catastrophes peuvent survenir qui pourraient être évitées si on savait quoi vérifier ou mesurer.


    Il faudrait qu’on puisse débattre des systèmes économico-financiers et des différences entre les pays sans que les esprits soient d’abord hystérisés sur des questions d’amour propre ou de fierté.


    « Quoi ? Parce qu’on dépose moins de brevets que vous, vous nous prenez pour des idiots, des incapables, des insolvables ? » 

    Si ça ce n’est pas de la panaroïa, ça y ressemble déjà trop pour discuter librement. 



  • easy easy 6 juin 2012 20:29

    Je serais un Grec endetté d’avant la crise et surendetté depuis, je serais seulement pragmatique, je ferais tout mon possible pour que la dette nationale soit reniée.
    Je serais non endetté mais désormais accablé d’impôts, je ferais pareil.
    Je serais riche soudainement poursuivi par le fisc, je ferais pareil. 
    Je serais riche pas spécialement coincé par les nouvelles dispositions, je ne viserais pas le reniement de la dette et je resterais pour profiter des opportunités. 


    Si la majorité des Grecs sont aussi pragmatiques, ils iront au reniement de la dette et s’ils échouent, ils partiront. La dette se sera alors jamais remboursée mais la Grèce sera en partie saisie (elle a un ratio patrimoine / endettement beaucoup plus élevé que la France, les EU ou l’Allemagne)

    Pour éviter cette dépossession financièrement logique mais patriotiquement absurde, les autorités grecques renieront très probablement la dette.
    la Grèce redeviendrait alors un pays de chèvres, d’oliviers et d’accueil touristique et ça lui siéra mieux. C’est moi qui partirais alors d’ici pour aller y vivre.


    Les EU sont un pays fondé sur un concept de conquête de l’espace (Américain). Espace semblant offrir des ressources naturelles, des dispositions agricoles et pastorales...
    La France est un pays fondé sur un concept de conquête des esprits (du Monde entier). Dans la colonisation, le poids de la France sur les colonisés était surtout intellectuel, culturel. 

    L’Angleterre, l’Allemagne, idem que la France. Il y a en Europe quelques pays qui ont l’habitude de valoriser leurs pensées. Ce sont ces pays qui ont aujourd’hui un ratio patrimoine/dette plutôt bas. On leur prête beaucoup sur la seule confiance en leur capacité à vendre des idées.

    Mais la Grèce n’est ni un pays conçu autour d’une conquête d’espace (à moins de remonter à deux mille ans plus tôt, comme pour la Perse et l’Egypte) ni un pays habitué à valoriser ses idées (comme pour Suez et Panama, c’est un Français qui a lancé l’idée de creuser le canal de Corinthe)
    Elle a un ratio patrimoine / dette élevé mais aujourd’hui, vous l’avez souligné, les financiers vont surtout aux concepteurs (Facebook, Google...)

    Dès 1492, plusieurs pays d’Europe ont disputé à la France la couronne de la conception. L’Autriche, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre, l’Allemagne, la Suisse, la Russie, la Hollande, la Suède, le Danemark, la Pologne. Voilà le groupe de pays qui ont de bonnes raisons de former communauté d’intérêts.

    La Grèce n’était pas de ce concours. Elle n’avait donc rien à faire dans notre groupe en dépit de son rôle éminent dans l’Antiquité et dans notre langue (en dépit aussi de sa présence dès les premières heures du CERN).



    Actuellement l’Espagne est plantée mais au contraire de la Grèce, elle l’est d’avoir eu trop d’idées (peut-être pas assez novatrices). En ayant des idées et surtout de l’allant pour se doter d’un énorme parc d’immobilier de tourisme accompagné de toutes sortes de piscines et manèges, elle s’est plantée d’un point de vue marketing. Elle serait allée trop vite, de manière trop euphorique et imprudente. 
    Elle est donc dans une situation très grave mais à son manque de haute technicité près (14 ème rang européen en terme de nombre de brevets par habitant), elle est des pays européens qui se distinguent par leurs créations prométhéennes. Elle fait donc bien partie de notre groupe. 
     
    Les européistes à la Monnet d’après guerres ont été, je pense, trop obnubilés par le mariage entre tous les pays d’Europe afin de réaliser une belle et grande carte en une seule pièce. Ils ont été séduits par le concept d’union totale, par l’esthétique de la pièce unique et aussi par l’idée d’une seule frontière périphérique (la France n’ayant plus à s’en préoccuper directement).
    Ils auraient été plus pragmatiques, ils auraient accepté l’idée d’une carte léopard ou mitée, ils auraient sélectionné plus finement les bons partenaires.




  • easy easy 6 juin 2012 16:56

    Vous n’êtes pas objective ou scientifique.

    Si la cosmétisation en bucolique était la soluce marketing, tous les produits alimentaires seraient ainsi parés.
    Or ce n’est pas le cas et de très loin. En France.

    Ce n’est pas parce qu’ici et là on peut trouver la photo d’une fraise ou d’une meule de foin que ça prouve une tendance au bucolisme. Ca prouve seulement qu’il y a quelques marchands qui croient encore que ça produit de l’effet.
    Le fait même de l’explosion des boisson cosmétisées énergisantes prouve ce que je dis.

    Quand plus de 70 % des produits ne sont pas bucolisés, quand ils sont au contraire undergroundés, même dans l’alimentaire, peut-être bientôt dans le rayon hygiène, quand d’autre part très peu sont greenwashés, ça veut dire que la tendance est à l’urbain et à l’urbain sombre, non au bucolique.

    Rien, absolument rien n’aurait empêché les fabricants de bucoliser les chaussures de marche, les planches à voile, les surfs, les VTT, les motos cross, les parapentes, les quad, les 4x4, les string. Au contraire, certains les y attendaient ainsi travestis tant ça leur semblait logique.
    Le fait est que tout ça est au contraire paré urbain.
    Des pubs avec des voitures circulant en campagne ? Même pas en rêve.

    M’enfin, si vous tenez à prendre pour courant majoritaire ce qui n’est que minoritaire, c’est probablement que vous en avez besoin.

    (Sur cette file qui devrait pourtant les attirer, sauf à ce qu’ils rappliquent maintenant pour me faire mentir, minoritaires sont ceux qui ont, comme vous, un avatar bucolisé. Plus nombreux sont ceux qui versent dans le street art, le tag, l’urbain et l’underground)



  • easy easy 6 juin 2012 16:24

    Je ne vous disputerai rien.

    Mais je tiens à mentionner quelque chose qui a forcément une incidence dans ce sujet : Le Crédit Impôt Recherche

    Depuis 1983 l’Etat s’est mis à rembourser 25% des dépenses en RD des entreprises. Il y avait des idées de grandeur dans l’air, la France devait pondre des brevets en veux-tu en voilà, il fallait donc soutenir les entreprises dans leurs dépenses en RD.

    Plus exactement, ce remboursement des 25% était OK pour la première année mais l’année suivante, les entreprises qui en avaient bénéficié ne pouvaient obtenir un remboursement de 25% que sur leurs surdépenses ./. à l’année précédente. 
    1 million de dépensés chaque année en RD n’offrait qu’un seul remboursement de 250 000 la première année ensuite plus rien. Pour profiter chaque année de cette subvention, il fallait dépenser de plus en plus en RD. 

    D’autres pays en ont fait à peu près autant.

    Pour présenter son dossier de remboursement à l’Etat, l’entreprise doit montrer que ses dépenses exposées sont 100% relatives à la RD. Il n’est en principe pas question de se faire rembourser l’achat ou l’amortissement d’un chariot élévateur qui sert en réalité à la production. Pas question non plus de se faire rembourser les salaires d’un ingénieur ou jardinier qui bosse en réalité à la production ou au commercial.
    Les entreprises ont donc rusé pour faire glisser des dépenses de production ou de marketing dans le poste RD afin de se les faire rembourser. (Même des ratés de productions ont été affectés en « essais de RD » 



    Mais en 2006, parce que les entreprises dépensant chaque année le même budget en RD protestaient de n’être plus aidées, on a convenu de les rembourser sur la base de leurs dépenses, peu importe qu’elles soient en hausse, égales ou en baisse.

    Nous étions le seul pays à être si généreux et bien des étrangers ont trouvé intéressant de s’installer ici.

    Pire.
    Jusque là, même après 2006, les montants de remboursement étaient plafonnés (disons à 100 millions d’Euros par entreprise et par an)

    Or après 2006, les remboursements ont été déplafonnés.

    Pire encore.

    Ce n’était plus 25% que l’Etat remboursait aux entreprises mais 50% !


    En somme, si chaque année Aventis dépensait un total de 800 millions en RD, l’Etat lui envoyait un chèque de 400 millions.

    Il y a même eu des possibilités de se faire rembourser par l’Etat avant d’avoir effectué la dépense !


    Ce remboursement par l’Etat s’effectue au vu du rapport des dépenses en RD que lui remet l’entreprise. Comme c’est très technique, personne à Bercy n’étant assez compétent pour comprendre la différence d’usage entre 100 kilos de barydisulfate et 20 grammes d’hydroxynucléoazimuthé, Bercy signe des chèques les yeux bandés.
    Un PDG peut placer un bon ami à une place bien grasse en RD, même si elle est archi fictive, Bercy ne peut rien redire. Quand un patron a une bonne paire de pantoufles à offrir à quelqu’un c’est en RD puisque son salaire, ses déplacements, ses voyages « de recherche » tout y sera remboursé à 50% par l’Etat.

    Quand l’équipe très spéciale (externe souvent), constitue le dossier de CIR annuel, elle peut inscrire sur la liste des dépenses de RD une poignée de directeurs parfaitement déclarés et régularisés à l’URSAFF, qui disposent d’un bon contrat de travail, mais qui n’ont jamais mis les pieds ni en RD ni même dans l’entreprise. Ce rapport n’étant lu par personne que le PDG de l’entreprise, étant envoyé directement à Bercy, personne de l’entreprise ne peut dire « C’est bizarre, ce directeur là , je ne l’ai jamais vu en RD »

    Bercy peut poursuivre avec pugnacité un patron pour un plein d’essence effectué un WE mais capituler complètement devant un dossier de demande de remboursement RD pesant 1 milliard. Et Bercy d’avouer piteusement que le CIR n’est pas sur son axe de vérification. On s’en serait douté. 


    L’Etat subventionnait donc 50 % de la RD française qui, ainsi engraissée, ne recherchait probablement plus autre chose que de nouvelles pantoufles.


    Vous imaginez bien que l’Etat finançant aussi généreusement la recherche ne pouvait pas, en plus, continuer d’accepter de rembourser les médocs issus de cette recherche quel qu’en fût leur prix.


    Il y a eu énormément d’abus. Mais comme les seuls qui pourraient nous les révéler sont ces personnels qui bossaient à la RD et qui en profitaient, nous n’en saurons jamais rien.

     

    Toujours est-il qu’en 2011, il y a eu réforme de ce principe, resserrrage de vis et que la nouvelle donne du CIR a forcément joué dans les calculs des entreprises et en tout premier lieu de celles de la pharmacie.


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