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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 18 juin 2012 11:19

    Je la crois complètement culturelle la beauté, y compris d’une rose ou de la Lune.

    Et ça part de quelque chose qui ne semble pas culturel au sens initiatique mais qui l’est tout de même, l’amour.
    Ce qu’on aime, on lui colle le qualificatif de ’beau’ lorsque ce qualificatif existe et qu’il est pratiqué dans sa langue, dans la communication courante.

    La beauté d’un requin ou d’un dauphin dépend donc de l’amour ou attirance qu’on ressent ou pas pour lui.

    C’est donc davantage de l’étendue du champ de l’amour dont il faut parler car c’est de lui que dépendent tous nos qualificatifs. Qualificatifs divers et variés, qui évoluent selon notre âge et le contexte et qui contiennent toujours quelque indication sur ce qu’on aime ou qu’on déteste.

    C’est cette étendue qui est mystérieuse car si elle comporte un centre de gravité relativement commun à tous dans une culture donnée, elle comporte aussi des écarts d’individualisation ou personnalisation.


    Rien de nous individualise plus que le champ de nos attirances, que le contre-champ de nos répulsions.


    Nous comprenons tous ça.
    Et quand une personne dit à une autre son amour pour un lieu commun, tel un coucher de soleil (car dans leur culture supposée commune, sa beauté est convenue), cela signifie qu’elle cherche à établir un contact amical, voire plus si...

    Déclarer à quelqu’un qu’on trouve belle la tour Eiffel signifie de manière détournée qu’on a des dispositions à l’amour, qu’on estime ou espère que l’autre aussi et qu’on estime ou espère que l’autre partage bien le même centre de gravité culturel.
    Ca n’engage à quasiment rien de déclarer qu’on aime un centre de gravité culturel quand on est situé dans cette culture.

    Ca commence à être bien plus vertigineux, audacieux voire provocateur de dire à un quidam qu’on trouve belles les colonnes de Buren et ça l’est bien davantage encore de dire qu’on trouve belles les fissures d’un mur.





  • easy easy 16 juin 2012 13:56

    Bonjour Suldhrun,

    Je suis parti du « Jouis » et du « Souffrir » de Thiers.
    Ces deux mots étant les deux plus forts ou extrêmes voire caricaturaux de la gamme, ils m’intéressent.

    Dans mon développement, je suis néanmoins passé progressivement vers « don de leurs forces » et à « faire directement plaisir aux autres » pour être plus raisonnable, moins dramatique.

    Vous me corrigez de façon ambivalente.
    Vous convenez de ma tonalité mais, l’air de rien vous revenez dans l’axe des entreprises de Thiers, Ferry et Kipling, axe prométhéen, avec « Eduquer » (par la manipulation ou par le bâton s’il le faut)



    Eduquer, au sens d’initier les plus jeunes et seulement les jeunes, à ce qui se passe dans la société où ils vivent (et éduquer à la langue en n’éludant aucun de ses mots, aucune de ses expressions ou tournures, c’est initier à 99% des choses) oui, il faut le faire.
    Mais je n’y vois guère d’efforts, guère d’épuisement, guère de désillusion à la clef de la part de l’éducateur.

    Quant à éduquer des enfants à une culture, à une langue qui n’est pas celle de leur peuple, les éduquer à une autre culture, c’est prométhéen et colonisateur.
    Et éduquer à une culture qui n’est pas la leur des adultes, c’est encore plus grave si ce n’est pas ce qu’ils souhaitent INDIVIDUELLEMENT (car en collectivisant les aspirations, on peut tout faire dire aux gens et les politiques ne manqquent jamais de dire « Les Français veulent... »)


    Ainsi, éduquer ne demande aucun effort (on est alors très loin du sujet abordé par l’auteure), ne provoque aucun épuisement (ou alors quoi qu’on fasse épuiserait) et c’est de surcroît -quand ce qu’on enseigne ne colle pas exactement avec la culture naturelle- imposer sa volonté, sa vision.


    C’est assez exactement en profitant du prétexte de l’obligation d’initiation à la culture ambiante que l’on doit aux jeunes et seulement aux jeunes (on formait les princes et dauphins en ce sens) que des égoïstes et prétentieux sont allés jusqu’à éduquer au bâton des adultes d’autres contrées.


    Il ne faut donc pas prendre « éduquer » pour un verbe forcément sain.



  • easy easy 16 juin 2012 12:07


    J’ai envie de rappeler cette citation d’Adolphe Thiers à la commission sur l’instruction primaire de 1849.


    « Je veux rendre toute puissante l’influence du clergé, parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l’homme qu’il est ici-bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire à l’homme : Jouis. »

    (Ici Thiers se sert du clergé comme prétexte et bouclier mais des formulations analogues peuvent être faites par d’autres biais ou prétextes)

    J’estime que cette profession de foi dissimule une arrière pensée consistant en une volonté d’imposer à autrui quelque chose de désagréable. Elle offre le bon droit d’imposer de la souffrance à autrui. (Thiers n’ayant effectivement pas trouvé vilain de réprimer la Commune dans le sang)

    Avec ce genre de profession de foi, celui qui imposerait cette souffrance à autrui se considérerait comme en charge de ce devoir. Ce qui permettra à Rudyard Kipling -car cette doctrine a évidemment prospéré- de poser que coloniser les autres c’est se coltiner une charge et de proposer alors l’expression « Le fardeau de l’homme blanc »



    Je crois qu’il aurait été bien plus honnête d’inviter à distinguer entre souffrir et faire souffrir ainsi qu’entre jouir et faire jouir.

    Avec, en combinant ces 4 possibilités, la plus spéciale ou paradoxale (car très hautement humaine) : Souffrir soi-même pour faire jouir autrui, se donner de la peine pour faire plaisir.

    Thiers, Ferry, Kipling étaient dans « s’efforcer de civiliser autrui, quitte à ce que ce soit à coups de bâtons ».
    Alors qu’il y avait à promouvoir « s’efforcer, quitte à se faire du tort, de livrer à autrui ce qu’il désire en sa situation »


    Pour ceux et celles qui ont versé dans le don de leurs forces pour faire directement plaisir aux autres, le résultat et l’acmé de leur travail altruiste sont dans l’épuisement et le désabusement personnel.

    Vous êtes vidée alors je vous en félicite.



  • easy easy 14 juin 2012 22:10

    Détour original pour parler de l’esperanto
    Mais pas convaincant.

    Peu importe la qualité ou non d’un discours qui en ferait la promotion, il restera vain.

    Il me semble que ses inventeurs ont dénié un fait sourd de l’humanité

    Les hommes (et les bestioles sans doute) tiennent à un cloisonnement des communications (toutes les formes et moyens de communication)

    Cette assertion peut sembler fausse, (d’autant que je crois être le seul à la poser) au regard des millions de personnes qui font l’effort d’apprendre une langue étrangère.

    Le fait que des gens apprennent une autre langue signifie non pas qu’ils veulent pouvoir communiquer avec les locuteurs de cette langue mais le fait qu’ils veulent primo percer le code d’accès à ce groupe, secundo qu’ils veulent entrer dans ce club et faire alors partie des rares à y être entrés par mérite.

    Le Vietnam fait les 3/4 de la surface de notre hexagone. Sur les 90 millions d’hab. 85 sont composés des Viets qu’on voit à Paris et qui parlent donc viet (selon trois déclinaisons selon qu’on vient du sud, du centre ou du nord). Les 5 autres millions, c’est 53 ethnies ayant côtoyé les Viets depuis la nuit des temps mais parlant chacune une langue particulière.
    ILS NE VEULENT PAS parler la même langue.

    Bon, dans ce genre de cas, on ne voit pas où se trouve la raison. On n’en voit pas de certaine. On ne peut que conjecturer.

    En revanche, il existe des cas où le cloisonnement volontaire est bien mieux compris. C’est le cas au Tibet et au Népal où plein de gens n’ont d’autre activité que de commercer c’est à dire partir en caravane de yaks à travers monts et vaux et revenir avec de la marchandise introuvable sur place. 
    Dans chaque village, il y a déjà un dialecte mais au sein de chaque village, il y a encore des cloisonnements car les commerçants tiennent à pouvoir discuter affaires entre eux sans être compris des clients. 
    Pire, Ne voulant pas que d’autres commerçants, concurrents donc, comprennent leurs manigances, ils sur-cloisonnent encore. Ils sont alors parfois dix seulement à parler une langue très secrète. 

    De même que les Européens centraux apprenaient le français pour accéder au langage diplomatique, on n’apprend l’Anglais pour pouvoir conférencer et faire alors partie des initiés de la haute économie, non pour papoter avec les péquenots de l’Alabama

    L’esperanto étant trop facile et étant proposé comme code commun unique (un seul club = zéro club) personne n’en veut.

    Toute langue est initiatique et élitiste



    (Les parisiennes du secteur Neuilly Passy parlent une langue bien à elles et elles détectent ainsi immédiatement qui n’est pas de leur société. C’est pareil entre gens de FO ou Lutte Ouvrière, c’est pareil entre médecins, entre avocats, entre psychanalystes. Et bien entendu entre caillera)




  • easy easy 11 juin 2012 14:52


    Ah un connaisseur de Vauban !

    Concernant le côté militaire et même géopolitique, comme il s’agit de chose relevant d’un contexte particulier que nous ne pouvons facilement imaginer, je passe.
    Mais c’est sur les autres aspects -plus facilement traduisibles en notre époque" que j’aurais aimé un max de documentation.

    Essayez de nous montrer ce qu’il faisait en moyenne de déplacements mensuels ou annuels (j’ai lu une fois le kilométrage total qu’on lui accorde et c’est énorme). 

    Concernant la chaise à mules ou mulets, vous n’avez pas précisé que le problème de Vauban était particulier. Il existait des routes pour les voyages à plat. Et on y circulait en voitures à 4 roues avec force chevaux. Mais Vauban avait à se rendre constamment dans des nids d’aigle en tous cas sur des hauteurs non fréquentées qui n’étaient alors accessibles que par des sentiers. On ne pouvait les parcourir qu’à pied ou monté sur quelque animal. 
    Mais comme Vauban ne voulait pas perdre une minute et tenait à travailler en se déplaçant, il a réinventé la chaise à porteurs en version mules. Il y avait une mule devant, une autre derrière qui portaient ainsi les brancards de sa chaise (fermée). Il y avait probablement un conducteur qui marchait devant la mule de tête pour la diriger. 
    A comprendre alors que les voyages avec cette chaise ne valaient que de la ville la plus proche à la fortification. Les grandes distances s’effectuant probablement en voiture à 4 roues.

    Si par hasard vous avez des chiffres de kilomètres parcourus par d’autres du genre Alexandre ou Napoléon, ce serait intéressant de comparer.



    Est-il arrivé qu’un collaborateur soit assis en face de lui dans cette chaise (biplace alors) ?

    Avait-il fait construire une chaise à mule dans chaque fortification ou faisait-il transporter une chaise unique de ville en ville ?. 
     
    Qu’en était-il des problèmes et de sa gestion du froid pendant ces déplacements ?

    Est-ce que Louis XIV a mis parfois les pieds dans une de ces fortifications. Le roi a-t-il vu une fois la mer ? A-t-il une fois navigué ailleurs qu’à Versailles ?

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