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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 6 juin 2012 13:30

    Mon impression sur nos magasins et produits alimentaires c’est qu’ils n’affichent que très peu de bucolique.


    Il m’apparaît qu’au contraire, les industries nous habituent de plus en plus à l’industriel. 

    Des pizzas surgelées, il s’en vend des millions. Pas un seul emballage n’évoque quoi que ce soit de bucolique. On y voit la photo d’un produit assez parfaitement industriel

    Enormément de produits laitiers ne montrent aucune sorte de vache ou de campagne.

    Quelle bouteille de boisson nous présente quelque chose de bucolique ? Au contraire, elles foncent droit vers quelque chose d’urbain : Coca. Et même underground : Monster)

    Une image de berger ou de cochon sur un saucisson, ça devient difficile à trouver.

    Belle des champs, La mère Denis, c’est fini et Bonne Maman fatigue.

    Et ils auraient bien tort les publicitaires de persister dans le bucolique car les nouvelles générations sont citadines. Elles ignorent le cuir et bientôt le coton. Elles ne jurent plus que par les matériaux synthétiques. Les mariages ne se font plus dans des fermes mais sur le boulevard périphérique. Quant aux magasins de fringues ils deviennent noirs comme des discothèques où les écrans des smartphones remplacent les boules à facettes.


    Pour l’instant, il est encore difficile de produire des pastèques cubiques mais dès que ce sera possible, les gens se jetteront dessus.

    Vous vous trompez, l’industrie alimentaire fait très peu d’efforts pour se déguiser. Il lui est bien plus simple de nous faire avaler des poissons carrés et si elle pouvait produire des frites fluos qui font des cacas luminescents, ça sera la ruée.

    Nous voulons déjà être dénaturés, déshumanisés, androïdés, artificialisés. Les tatoutages et implants n’en sont qu’au début de leurs expériences. Ils iront beaucoup plus loin.


    Cette transformation lourde, qui est pourtant la réponse logique à la lassitude, pose constamment des problèmes à ceux qui investissent dans des entreprises de long terme. Le club Med qui avait payé cher ses structures en atoll se retrouve avec une clientèle que cette nature indiffère de plus en plus et qui préfère profiter des vacances pour s’undergrounder, pour s’enfermer davantage. 


    On s’offrira probablement encore des roses mais fluos et sentant le bubblegum.


    J’estime que les Américains ont davantage utilisé puis déguisé en bucolique que les Français.
    Au moment où ils avaient choisi pour emblème un pygargue serrant foudre et olivier, où sur leurs avions de guerre ils mettaient des noms de tribus amérindiennes et où Levi Strauss comme Marlboro la jouaient grands espaces d’Antan, en France on allait vers des symboles pris dans des concepts.
    La statuaire qui orne le grand Palais, le pont Alexandre III, la place de la Nation, la place de République semblent représenter des personnes humaines mais il s’agit d’incarnation sous forme humaine de concepts abstraits. Le clou étant la statue de la Liberté.
    L’Amérique est le seul endroit du Monde où l’on a eu l’idée de réunir les meilleurs présidents dans une montagne (Ruhsmore). En France on rassemble nos panthéonisés en plein centre ville.

    Le drapeau français c’est la juxtaposition de trois couleurs valant concepts
    Le drapeau américain c’est la juxtaposition de figures valant territoires.

    Aujourd’hui, en Amérique, des millions s’habillent comme les paysans et vachers de 1853 (lancement du blue-jeans), chapeau, chemise et chaussures comprises. En France personne ne s’habille à la manière de Victor Hugo

    En Amérique, il y a les Amish, entre autres, qui peuvent vivre comme il y a deux siècles, rien qu’avec des chevaux. En France les Gitans et Tziganes sont méprisés.

    L’Amérique est le résultat d’une conquête des espaces et elle ne l’oublie pas (Les immigrants ayant volé les terres des natifs). La France se définirait plutôt comme le résultat d’une conquête des esprits (les Français ayant surtout aliéné leurs colonisés à la culture ferryste).
    Là-bas la liberté serait spatiale, ici elle serait intellectuelle (Cf la liberté de Sade à écrire ce qu’il voulait en passant le plus clair de son temps en prison).




  • easy easy 4 juin 2012 22:40

    «  »«  »«  »Après être sorti de la nature et ses limites par sa volonté et son intelligence pour être un inventeur, un créateur de cultures, un contemplateur, l’homme est devenu prisonnier de la culture qu’il a façonnée, une sous-culture hyper moderne, faite d’artifices,.....«  »«  »"

    Que de mots savanteux pour dissimuler les poils de vos mains !

    La nature, ce sont ceux qui ont les mains dedans qui la connaissent en certaines de ses réalités. Il s’agit des planteurs de choux, des pêcheurs, des physiciens du CERN, des astronomes, des médecins, des bûcherons, les tanneurs, les éleveurs de cochons, les chocolatiers, les parfumeurs, les forgerons, les menuisiers, les infirmières...
    Tous ces gens auraient besoin de protections spécifiques pour se protéger un peu des agressions de la nature.

    Les autres, qui n’ont besoin d’aucune autre sorte de protection physique que celle des oisifs, ne s’y connaissent qu’en transcendantalisation du travail ou en poétisation de la nature : Confucius, Platon, BHL et Hegel pour qui arbeit macht frei.....
    Ce soir, ils ont l’humeur joyeuse, ils font la Lune argentée
    Demain, d’une humeur différente, ils la font cendrée


    Et ce faisant, ils dénient que leur nourriture concrète provient d’un travail silencieux mais pénible et usant sur la nature.
    Ce travail qu’effectuent pour eux des esclaves ou travailleurs physiques, les merles le dénient et n’y rendent jamais hommage.


    Le travail fondamental est celui qui tire au mieux mais toujours dans l’effort physique, de ce qu’offre la nature (pas toujours renouvellante ou cyclique, parfois épuisable).

    La culture vivrière étant pénible, il s’est vite trouvé des petits malins qui ont eu la bonne idée d’inventer des tas de mots pour donner l’impression de produire quelque chose qu’ils ont appelé également culture. La leur servant à nourrir l’esprit.

    Partant de cette ruse si longuement sédimentée qu’elle fait nos calcaires cognitifs et marbres sémantiques, il leur devient tout à fait possible d’affirmer n’importe quoi.
    Partant du fait qu’on peut éblouir Joudain en l’informant qu’il dit de la prose ou épater un boulanger en l’informant qu’il participe à la culture, il leur devient possible de s’engraisser sur leur dos.



  • easy easy 4 juin 2012 20:22

    Si le pont transbordeur fermait bien le Vieux port, fabriquer un tel bazar pour s’éviter un détour de seulement deux kilomètres (pour ceux qui circulaient au plus près de ce pont) me semble avoir été grandiloquent ou affaire juteuse pour les décideurs.

    A Rochefort ; il y avait un pont transbordeur qui offrait d’éviter un détour de 20 km


    Concernant votre article, vous avez cherché à la jouer très marseillaise.

    Pour ma part, j’aurais entrepris un tel sujet, j’aurais tout de même dit un mot sur la situation de Marseille avant 42, puis après 42 où elle est devenue un piège pour des tas de gens fuyant les Nazis et j’aurais dit deux mots sur Toulon et la flotte française invitée à se saborder.
    Coulée -avec l’accord de De Gaulle- sans jamais avoir combattu.

    (Ce qui fait que l’unique victoire de la Royale au XXème siècle s’était produite dans le golfe de Thaïlande où notre marine d’Indochine, coincée-tolérée par l’occupant japonais, avait coulé la marine Thaï qui escomptait profiter du grand brassage des cartes pour croquer un bout de notre colonie)



    Vous dites qu’il ne faut pas magnifier le rôle de la résistance.
    Ce rôle est effectivement petit d’un point de vue très militaire et déjà plus important sur le plan du renseignement.

    Mais surtout, dans tous les pays occupés, la Résistance joue un rôle énorme d’un point de vue psychologique.
     
    Tellement énorme qu’elle peut être surévaluée.
    Exemple : Pendant la guerre du Vietnam, le Viet Cong était partout (en tous cas pendant les nuits). Cette résistance viet était si présente, qu’elle-même s’est ennivrée de sa puissance. Elle avait lancé l’offensive du Têt en étant persuadée que toute la population la rejoindrait devant son ample déploiement. Il n’en a rien été et elle a été marrie.
    Les Chouans aussi avaient été ennivrés par leur impression de force.

    D’une manière générale et c’est le propre des organisations clandestines, il est difficile pour toutes les parties dont elles-mêmes, d’en évaluer exactement la puissance.
    (Ca vaut aussi en politique pour les partis émergents)



  • easy easy 4 juin 2012 19:10

    Le général Juin ayant transféré ses troupes à Delattre de Tassigny pour le débarquement de Provence et cela après avoir remonté l’Italie, vous voulez dire que les trop fameuses maroquinades étaient surtout le fait de Pieds-noirs ?




  • easy easy 31 mai 2012 11:07

    «  »«  on est tout déçu parce qu’on pensait vivre une espèce d’expérience mystique »« 

    En effet.
     Il s’agit bien de cette quête pour beaucoup d’entre nous (Ce beaucoup ayant été réveillé-révélé, dans le cas de Prometheus, par le buzz)

    Et c’est tout à fait comparable, en termes de ressorts, avec ce qui s’était produit dans les époques antérieures »Ah, je vais passer quelques années dans un monastère, je vais y vivre une expérience mystique«  »Ah, je vais aller dans le désert de Syrie, je vais y vivre une aventure mystique«  »Ah je vais partir à Katmandu« Etc.


    La nouveauté éventuelle c’est que depuis le Grand Bleu, l’aventure consiste concrètement à s’installer devant un écran.


    Mais laissons ces détails de forme.

    Vous dites avoir sacrifié vos révisions pour vous préparer à cette révélation.
    Oui, je crois, et ce n’est certainement pas nouveau ni lié à une quelconque crise tant il y en a déjà eu, que quand on est jeune surtout, on a souvent et très clairement à l’esprit ce choix à faire entre les études théoriques (où l’on revit éventuellement les pensées de Voltaire mais par procuration alors) et une expérience réelle à accomplir au détriment des études. Vraiment au détriment des études, il faut qu’il en soit ainsi, il faut ce sacrifice pour que ça marche.

    (Tout ça c’est de l’auto suggestion mais ce n’est pas à railler)

    Il est arrivé à chacun d’être traversé par une fulgurante envie de désobéir aux devoirs et études pour tenter une expérience réelle dont on est alors convaincu qu’elle nous rendra plus riche »J’ai raté mon doctorat mais je sais parler aux dauphins (ou méduses, selon affinités)« 

    Je me demande s’il existe une seule personne n’ayant jamais cédé à cette aspiration au mysticisme.
    Car enfin, peut-on aller voir l’Aveu, le Che, 7 ans au Tibet, Laurence d’Arabie, Apocalypse Now, Danse avec les loups, La leçon de Piano, Microcosmos, Alien, sans se dire préalablement qu’on va en sortir enrichi ?
    Et le sacrifice qu’on est alors prêt à consentir pour vivre cette expérience n’est pas borné au seul prix du ticket de cinéma ou de train. Il nous faut sacrifier quelque chose de plus lourd qui figure dans l’ordre et la routine.


    Enormément de jeunes ont envie de sacrifier leurs études pour cette quête plus personnelle donc mystique. Mais la plupart d’entre nous, bridés par les parents, attendent d’avoir décroché le diplôme pour partir sur la route. Tel Alexander Mc Candless ou Jack Kerouac.



    Pour en revenir au film, il se pourrait bien qu’il devienne, sur ce sujet de l’aventure mystique, le film le plus décevant de tous.

    Car le Grand Bleu (certains avaient payé 80 fois leur place pour le revoir encore et encore) ne promettait aucune Lune. Il ne prétendait que raconter une aventure extraordinaire.
    Chaque spectateur disposait, en le voyant, d’un expace de rêverie intact »P’tet qu’il serait possible de parler aux dauphins et de tenir 10 minutes sous l’eau"
    Idem avec l’Odyssée de l’Espace.
    Idem avec Rencontre du troisième type.
    Ces films laissent un espace de rêve énorme et intact.

    Tandis que Prometheus nous ayant carrément annoncé une révélation majeure et ayant trop prétendu expliciter Le Mystère, il nous coincerait par son encadrement. 
    On sortirait de ce film en ayant l’impression d’avoir fait une visite guidée à la Dysneyland.


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