Article vraiment intéressant qui débouche pour moi vers une autre problématique : on nous rebat les oreilles avec l’opposition « élites » et « peuple » comme si les deux termes renvoyaient à 2 homogénéités idéologiques. D’un côté les élites ouvertes, cultivées mais protégées défendraient les droits de l’homme, pourfendraient le racisme au nom des valeurs universelles. De l’autre côté le peuple foncièrement attaché à des « non valeurs » qualifiées de populistes, s’en prendrait volontiers aux étrangers surtout musulmans et verrait l’identité nationale comme un bouclier contre les dangers de l’immigration.
Or cette homogénéité est fictive aussi bien d’un côté que de l’autre. La droite aux affaires et ses médias (le Figaro par exemple) sont bien plus « populistes » que beaucoup de gens du peuple ; c’est d’ailleurs eux qui ont brandi l’identité nationale comme moyen démagogique de ralliement de l’électorat du FN. Quant au peuple , on l’a vu souvent massivement dans les rues et pour des motifs de revendication de solidarité et de lutte contre les inégalités.
En revanche il existe de puissants intérêts à faire croire que l’opposition forte est entre le peuple et les élites plutôt qu’entre les intérêts de classe. Ce sont d’ailleurs les mêmes intérêts qui sont en jeu au niveau international lorsqu’on se réfère au « choc des civilisations » pour évacuer le creusement des écarts économiques entre les riches et les pauvres.
Qui est cet illuminé qui présente comme théories du complot les politiques les plus dangereuses pour un espoir de justice et de paix.
Tous les poncifs y sont et les amalgames les plus détestables : l’antisémitisme accolé à l’antisionisme, suivi de l’antifondamentalisme pour faire bonne mesure.
C’est en noyant tout le monde dans le même sac que l’on tente de discréditer les mouvements de lutte les plus légitimes et que l’on aboutit de fait à l’apologie de la seule pensée respectable aux yeux de l’auteur : le proaméricanisme néoconservateur et prosioniste.
Quel complot magnifique de récuser tout et son contraire pour mieux défendre les puissants (et non comme il le prétend les élites).
Non Monsieur Besson, vous n’êtes pas ce ministre républicain que vous annoncez avec autant de suffisance.
Un ministre républicain se réfère en priorité aux fondements historiques de notre république et non pas aux injonctions douteuses de sondages souvent orientés.
La grandeur d’un homme politique c’est celle d’un Badinter qui fait voter l’abolition de la peine de mort alors que l’opinion des français est contraire, c’est celle d’un Jaurès qui se bat pour la paix alors que le chauvinisme est exacerbé, c’est de Villepin qui contre son camp refuse de se soumettre à l’injonction du tricheur Busch etc...
Qu’ont en commun ces personnalités très différentes ?
Ils ont préféré dans des circonstances graves être fidèles au 1° article de La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (tous les hommes_ pas tous les français_ naissent et demeurent libres et égaux en droit) plutôt que de masquer sous des oripeaux républicains leurs ambitions personnelles et leur soumission aux puissants.
Dans le sarkosystème, les ministres ne sont que les porte voix du chef. Leur rôle est de titiller puis de façonner l’opinion quand il ne s’agit pas de faire le service après-vente auprès des média.
Un ministre doit défendre le Président même lorsqu’il est indéfendable.
La preuve en est ce matin à France Inter : le pauvre Kouchner a été obligé de souscrire à la version pour le moins rocambolesque de la participation anticipée de notre président à la chute du mur de Berlin. Le seul argument qu’il a pu opposer à la question de Demorand fut une fin de non recevoir hargneuse à la question qui lui était posée.
Heureusement que notre diplomatie est entre les mains d’un conseiller du Président !
Comment peut-on faire confiance en un
responsable politique qui n’a été capable d’affronter le
gouvernement que sur un plan formel ou dans des circonstances
platoniques : il a manqué au moins deux fois à son devoir d’opposant
crédible et efficace. Il avait les cartes en main pour faire
respecter le non au référendum sur le TCE en s’opposant à la
modification constitutionnelle en Congrès en janvier 2008.
Il ne fallait guère forcer le jeu pour
que le changement constitutionnel faisant de Sarko un nouveau
monarque soit bloqué en juillet 2008.
Je passe sous silence son absence de
soutien à la grève générale en Guadeloupe et son incapacité à
s’opposer fermement à la prochaine privatisation de la poste. On
pourrait multiplier de tels exemples.
L’histoire récente de François
Hollande est celle d’un parcours tacticien pour être candidat
socialiste à la présidence. Cela ne lui confère pas la dimension
d’un adversaire politique capable d’offrir une alternative de gauche.