Voilà exactement le type d’analyse qui n’est que le placage mécanique et absurde d’une interprétation a-temporelle et a-géographique du marxisme dont les trotskystes se sont fait les champions répétitifs depuis presque un siècle.
C’est d’ailleurs une analyse que l’on peut utiliser chaque fois qu’on se défausse d’un engagement politique pour prétendre qu’on a à priori raison sans aucune mise à l’épreuve des réalités.
Bref ses adeptes ont peut-être les mains propres mais ils n’ont pas de main ! On peut même ajouter qu’ils sont théoriquement et politiquement impuissants.
Il faut aussi ajouter enfin que cette conception bégayante des crises géo
politiques a toujours abouti à légitimer l’ordre dominant : l’impérialisme capitaliste et
le colonialisme.
« tout en incarnant le changement de mentalité que la France se doit d’opérer si elle veut se construire un avenir ».
Voilà avouée toute la supercherie de ce nouveau gouvernement.
A côté de la nomination d’un financier à Bercy, inscrivant de façon encore plus forte l’engagement du gouvernement dans le libéralisme économique, il fallait « cliver » ailleurs pour faire croire qu’on était encore à gauche.
La nouvelle ministre de l’éducation offre un alibi pour déplacer la contestation vers des enjeux non essentiels mais particulièrement sensibles pour certains : en réactivant la « guerre » contre les réformes sociétales, on espère faire oublier la provocation sociale que représente à l’évidence ce nouveau gouvernement.
La critique qui est ici faite de la représentation à la chambre des députés est constitutionnellement décalée.
Les députés ne sont pas censés représenter leur électorat local mais le peuple français.
Ainsi le plus scandaleux est de voir que la plupart des députés sont tournés vers leur circonscription plutôt que vers l’intérêt général du peuple français.
Le cumul des mandats locaux et nationaux ne fait d’ailleurs que renforcer cette perversion !
Mais enfin que désignez-vous exactement par ce système non qualifié contre lequel il faudrait se battre ?
Si on se réfère à la définition la plus généralement admise "Un système est un ensemble d’éléments interagissant entre eux selon certains principes ou règles.
Un système est déterminé par : la nature de ses éléments constitutifs ; les interactions entre ces derniers ; sa frontière, c’est-à-dire le critère d’appartenance au système." ...http://fr.wikipedia.org/wiki/Système
Ce concept est neutre et ne prend de signification que lorsque ses éléments sont qualifiés.
On peut se battre contre un système politique jugé trop dictatorial ou l’inverse. On peut combattre un système économique jugé trop libéral ou trop réglementé. On peut se battre contre un système social jugé trop in égalitaire ou trop égalitariste.
Mais on ne se bat pas contre le système en soi ! A quel système s’oppose donc Laurent Louis ?
Au lieu de prendre en compte précisément les propositions législatives de Laurent Louis, vous opposez sa position « anti-système ».
Mais être anti-système ne veut rien dire du tout si on ne définit pas le système à quoi on s’oppose. En revanche c’est une formule commode pour faire passer pour « révolutionnaires » des prises de position d’extrême-droite. Etre anti-système est la formule cosmétique pour rallier des naïfs à une politique plus proche des tea-parties et des néo-cons que des véritables opposants au système capitaliste mondialisé et financiarisé.
D’ailleurs les prosélytes de l’« anti-système » se gardent bien de qualifier ce système de capitaliste.