La rhétorique de cet article est une constante du trotskisme historique.
Quoiqu’il se passe dans le monde, que ce soit en Europe , en Afrique et au Moyen-Orient, les conflits ne concernent pas le prolétariat : il faut donc s’abstenir de toute prise de position !
C’est ainsi que l’ordre dominant est toujours respecté et qu’au nom de la rigueur révolutionnaire, le capitalisme restera triomphant.
Totalement d’accord avec la manière dont Lordon réhabilite le clivage gauche/droite. Mais il est une autre confusion qui en justifie cette réhabilitation. D’aucuns (et on en trouvera aisément la position sur l’échiquier politique) s’affirment anti-système et pointent comme adversaires les élites. Ce paradigme idéologique a une double fonction : -Pointer un système sans le qualifier est un moyen de ratisser large : cela permet et de réunir (souvent à leur insu ) ceux qui veulent se battre contre le système d’exploitation capitaliste avec ceux qui incluent pêle-mêle dans le « système » l’assistanat, la fonction publique et l’accueil des étrangers, bref tout ce qui fait la fortune des tea party états-uniens.
-Définir comme adversaire les « élites » est une rhétorique qui évacue la cause de la situation que l’on prétend dénoncer. Ce sont bien ceux qui exploitent le travail humain et qui en tirent des profits gigantesques qui sont les responsables. Et Frédéric Lordon a bien raison de préciser qu’« il faut en finir avec la propriété lucrative des moyens de production ».
On peut ajouter à tous ces arguments légitimes le plus rédhibitoire pour un ministre chargé de fonctions diplomatiques : se faire le relais d’un pitre pseudo philosophe ’(BHL, pour ne pas le nommer) en fermant à priori toute possibilité de négociation avec le chef d’un Etat souverain. Comme disait Talleyrand c’est pire qu’un crime, c’est une faute qui en provoquent une terrible quantités (de crimes évidemment !)
Point 3 "Les diplômes de littérature, philosophie, mathématiques,
sociologie, histoire de l’art, art plastique sont des fosses à chômeurs
dans la mesure où ils ne permettent pas d’acquérir des qualifications
adaptées au monde du travail".
Imaginons un pays dans lequel il n’y aurait plus de formation universitaire dans ces différentes disciplines. A terme elles disparaîtraient dans l’ensemble du cursus. L’école serait alors une véritable machine à décerveler pour fabriquer des humains robotisés et incultes.
Qu’un corrupteur révèle la corruption ne le transforme pas en citoyen intègre. Ceux qui souhaitent se faire « trumper » sont tout aussi cocus que ceux qui vont se « clintoniser » !