Contradiction : si l’époque des colonies est terminée, alors ne faisons pas de la France une colonie de peuplement.
La véritable limite de l’immigration, c’est le maintien de la cohésion de la société, et si l’immigration détruit cette cohésion alors elle est un danger et ça se terminera par une guerre civile dans un bain de sang. C’est ça le fil rouge conducteur d’une politique d’immigration.
Ce n’est pas aux immigrants ni aux étrangers de dire si cette limite est atteinte, cette décision appartient exclusivement aux natifs car ce sont eux qui doivent de se serrer pour faire place aux nouveaux arrivants et leur offrir des conditions d’accueil décentes : dans une première et longue période, le nouvel arrivant ne fait que rembourser l’usage des infrastructures qui sont mises à sa disposition avant d’être à son tour un contributeur net de la société d’accueil.
L’immigration n’est ni bonne ni mauvaise en soi, ceux qui affirment l’un ou l’autre de façon absolue sont des escrocs. Ce qui est vrai, comme pour toute chose, est que c’est la dose qui fait le poison, en conséquence de quoi le débat ne devrait porter que sur cela. En la matière, la dose supportable est celle que la population concernée accepte de supporter, et non pas celle d’un autre pays qui est une référence fallacieuse ou la position d’idéologues de l’un ou l’autre camp.
Nous sommes en démocratie, et si une majorité de la population refuse plus d’immigration ou d’une certaine immigration, ce qui est manifestement le cas dans la majeure partie de l’Europe, alors cette volonté doit être respectée.
L’argument de la xénophobie n’a aucune pertinence vis à vis des personnes qui ne sont encore arrivées ou qui sont là illégalement, il ne sert en fait qu’à terroriser et culpabiliser les personnes hostiles à l’immigration et donc à tuer un débat qui est légitime et nécessaire.
L’argument de la dénatalité n’est pas opposable non plus : se faire remplacer par une population exogène n’annule pas le fait qu’on disparaisse et amène au mieux une dilution, c’est donc une fausse solution. Si on estime que la natalité est insuffisante, alors c’est sur elle qu’il agir.
L’argument du vieillissement de la population est pitoyable car il
revient à faire croire qu’on pourra faire supporter la charge
d’entretien des vieux natifs par les nouveaux arrivants, c’est à dire
transférer de façon cynique notre responsabilité à d’autres. La crise
financière en cours dans les pays occidentaux montre à l’évidence que
c’est faux.
L’argument économique est également totalement inepte : la grande puissance montante du moment est la Chine qui ne connaît pas d’immigration depuis des siècles, dans la période précédente ce fut le Japon qui n’a jamais connu l’immigration depuis des millénaires, et ces deux pays sont concernés aussi par la dénatalité et le vieillissement de leur population. On pourrait également citer bon nombre de pays émergents qui n’ont pas d’immigration à tel point que la croissance économique mondiale est en réalité tirée par des pays au solde migratoire négatif ou nul.
En 2012, le choix ne se fera pas sur un problème de compétence en Sarkozy et ses adversaires du PS. L’enjeu ça sera : on valide et on en redemande ou alors passe à autre chose, c’est aussi simple que ça.
C’est très bien que Sarkozy se représente au moins comme ça les choses sont claires : - il ne pourra pas nous refaire le coup de la rupture de 2007 qui était quand même bidon puisqu’il faisait partie du gouvernement en place et que l’assemblée nationale est restée la même. - s’il est réélu, il ne faudra pas venir se plaindre de ce qui s’est passé avant et accepter ce qui se passera après
On pourra toujours critiquer un choix DSK - qui ne se présentera peut-être même pas - en disant bonnet-blanc blanc-bonnet mais ce sera le seul choix qui autorisera l’expression d’un mécontentement éventuel si la politique mise en place ne plaît pas alors que choisir Sarkozy ça sera valider sans ambiguïté la politique actuelle et dire merci et on en redemande.