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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
 
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 14/08/2012
  • Modérateur depuis le 01/12/2012
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Derniers commentaires



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 15 novembre 2012 22:47

    Certes, mais j’appelle « sortir de soi » le fait de ne pas se considérer comme un être accompli et spontané, un ayant-droit ne devant rien à personne, pour qui le monde se résume à sa petite personne.
    « Sortir de soi », c’est se départir du solipsisme, lire Platon, lire Nietzsche, lire Pascal, Montaigne, Flaubert ou Dostoïevski, se frotter à la difficulté des classiques, rechercher l’effort, le dépaysement culturel, fuir le conformisme... Tenez, je viens de voir le film Holy Motors, de Leos Carax, la fameuse bombe du dernier Festival de Cannes. Voilà une belle bouse made in France qui se veut anticonformiste et qui tape à côté. Et j’étais persuadé que les critiques seraient élogieuses... Bingo ! Les Inrocks, Libé, Politis, Les Cahiers, tout le gratin. Sûrement que quelques instituteurs dans le vent se feront une joie de montrer ça à des élèves à qui l’on apprend, précisément, à ne révérer que leur quotidien postmoderne, à « être soi même », le tout ponctué de messages fades sur la sainte tolérance.

    Non Anaxandre, ce que j’appelle « sortir de soi », c’est déjà et avant toutes choses se considérer comme l’élément d’un tout qui nous dépasse et nous submerge, la communauté de nos semblables à qui nous devons le respect avant que de lui demander des comptes. Et c’est aussi être un peu plus humble que ne l’est l’être humain de nos jours et, sans demander à chacun de croire en Dieu, que soit au moins prégnant dans les esprits que l’homme est tout à la fois un géant ET un nain, que lui sont offerts les moyens de progresser (individuellement j’entends), qu’il est en même temps condamné à être inachevé et que certaines choses lui resteront éternellement inaccessibles. Que sa condition, toutefois, lui commande d’exercer sa pensée, afin de s’arracher à son soi routinier.

    Bonne nuit à vous Anaxandre, et au plaisir.
    EG



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 14 novembre 2012 14:29

    De vous à moi, je crois qu’il y a un nombre incroyable de moutons par nature. Les gens refusent l’effort comme une odieuse résurgence du passé. Il leur faut du prêt-à-penser, par manque de courage. Penser par soi-même demande du temps, autant de temps que l’on ne consacre pas à la consommation, soit une atteinte à leur droit réputé le plus élémentaire. Bref, tant que ne sera pas à nouveau opérée une hiérarchie dans les besoins de l’être humain et dans ses fins, tant que les uns et les autres ne consentiront pas à « sortir de soi » par la pensée, leurs jérémiades ne pourront être prises au sérieux.

    Continuons à lire Rousseau et tous les classiques, pour la poignée que nous sommes, et laissons libéraux et socialistes se crêper et se disputer l’héritage de la modernité chancelante.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 14 novembre 2012 12:53

    Bonjour Anaxandre.

    Désolé de constater que vos tentatives pour remédier à l’inculture de nombre d’Agoravoxiens ne sont pas suivies d’effet. Rousseau ne mériterait-il pas autant de commentaires que Mélenchon, Vals ou Copé ?

    Bravo à vous d’avoir sorti des cartons un ouvrage qui fête ses 250 ans cette année dans le plus grand silence (sauf une expo intéressante vue dernièrement au Panthéon).

    Rousseau est à mes yeux le représentant des Lumières le plus perspicace. Non que je sois en accord avec tout ce qu’il dit - parfois tout et le contraire de tout, il faut bien le reconnaître - mais être dans sa position et refuser le culte du progrès, être aux avant-postes de l’œcuménisme naïf des philosophes de ce temps et en même temps avertir de la nécessité d’être patriote, célébrer le génie humain sans se départir du déterminisme naturel, enfin être conscient du problème accouché par la modernité d’une incompatibilité d’humeur entre l’individu et la société... autant de preuves que nous sommes en présence d’un penseur hors du commun.

    Chose surprenante, pour finir : je crois bien que l’immense majorité des gens qui ont son nom à la bouche - Ah, Jean-Jaaaaacques !..." - ne l’ont pas lu. Ce qui est regrettable, car ce grand philosophe se double d’un grand écrivain, chose suffisamment rare pour être remarquée.
    Quant à son avis sur la représentation, pour le coup, je pense qu’il est tombé dans une aporie (ce qui fait aussi son charme).

    Bien à vous,
    Éric Guéguen

    PS : Je viens de découvrir un trésor de lecture dans la même vaine (en philosophie politique) chez Éric Weil. Je vais peut-être le soumettre à Agoravox.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 10 novembre 2012 17:53

    Le problème, c’est que pour dix citoyens qui se plieront de bon cœur au serment, combien n’y verront que leur intérêt bien compris ?
    J’ai du mal à souscrire à ce qui table sur l’égalité des êtres sans prendre en considération la diversité des âmes, du moins des caractères, et de leur plus ou moins grande sensibilité à tout message éthique.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 10 novembre 2012 12:31

    Je relève notamment l’absence des termes « république » (sauf erreur) et surtout « équité » et « bien commun ». Notions primordiales entre toutes à mes yeux.

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