NDA se trouve hors du champ politique et médiatique, car
nous vivons une période d’éradication du gaullsme, dont il se réclame. Pourquoi
les classes dominantesveulent éradiquer
le gaullisme du paysage politique et médiatique français ? Pas simple à
expliquer, car le père de notre constitution, avec M.Debré, a gouverné une
France plutôt heureuse si on la compare à celle d’aujourd’hui. Malgré la crise,
ou à cause d’elle, on assiste actuellement à une consolidation du camp
occidental face à la montée des puissances émergentes, ce qui limite les
velléités d’indépendance. La violence de la réaction des USA au discours de
Villepin à l’ONU marque la limite à ne pas dépasser. Depuis lors, nous avons
réintégré l’OTAN et accru notre contingent en Afghanistan. Le candidat
N.Sarkozy fut adoubé par les milieux d’affaires et par les USA avant de
concourir en 2007. Dans ce contexte, je ne pense pas qu’un candidat qui
n’aurait pas reçu au préalable le feu vert des USA pourrait gagner une élection
présidentielle en France. Face à N.Sarkozy, je vois en 2012 DSK ou P.Lamy, qui
ont prouvé qu’ils sont US-compatibles et mondialo-compatibles. La rationalité
n’est pas toujours éclairante en politique, et l’on ne saurait tout expliquer
et encore moins prévoir. Comment comprendre que dans les années 50, au pays de
Voltaire et Diderot, toute l’intelligentsia française fut plus ou moins
marxiste, Picasso était stalinien, et que tout cela a totalement disparu ?
NDA n’est pas né à la bonne époque pour réussir une carrière politique en accord
avec ses convictions. Dans la période actuelle, tout concourt à le
marginaliser, à le censurer. Sauf si la crise perdure et que la seule industrie
qui prospère reste celle de l’armement. Car en cas de coup dur, comme 70 ans en
arrière, on aura besoin de politiques comme NDA. En somme, NDA est un
réserviste.
Ce off est un vrai bonheur. Dialogue vif, spirituel, « à
la française » entre une femme politique d’avenir et un journaliste parmi
les meilleurs du PAF. Que du bonheur, quand le paysage politico-médiatique
français est si désespérant, où toute parole et tout écrit paraissent
télécommandés, autocensurés, orientés par des agendas cachés qu’il faut savoir décrypter.
J’espère que ces deux-là, Nathalie et David, iront loin. Pour l’honneur et l’image
de notre pays.
Il faut avoir connu les pays socialistes de l’Est de
l’Europe dans les années 70 pour comprendre ce que représentent l’envie et le
besoin d’une voiture individuelle. C’est irrépressible. Cela se joue maintenant
en Chine, en Inde, en Russie, au Brésil, au Maghreb … avec une croissance
impressionnante du parc auto. Le capitalisme n’y est pas pour grand-chose.
En Europe de l’Ouest, le parc est saturé, avec pas loin
d’une voiture par personne. C’est donc un marché de renouvellement. Et
parallèlement un marché suscitant une évolution des types de voitures,
thermiques, électriques, hybrides propulsées par une grande variété de
carburants : voitures pour la ville et la banlieue, pour la route etc.
La crise ne change pas grand-chose sur le fond, juste une
contraction de 20% des ventes. Il est probable que ça repartira doucement. Il
est naturel que l’Etat se substitue aux banques défaillantes, et tente de faire
fonctionner les banques à nouveau. Une économie moderne ne peut se passer des
banques, au risque de l’asphyxie.
La pollution poison appartient déjà au passé. La qualité de
l’air en Europe ne cesse de s’améliorer avec le renouvellement du parc. La
question est plutôt de savoir comment gérer les nombreux centenaires qui
pointent à l’horizon, l’espérance de vie ne cessant d’augmenter à une vitesse
impressionnante (plus vite que le parc mondial de voitures).
Le CO2, c’est autre chose. L’unique solution est le
nucléaire généralisé (plus l’hydraulique, les éoliennes …). Mais cette solution
comporte ses limites, même si le nucléaire va connaître un fort développement
dans le monde entier. Une grande variété de carburants, selon les régions du
monde, va probablement se substituer progressivement au pétrole. Sans parvenir
à éliminer totalement les émissions de CO2, malheureusement.
On comprend les réactions de rejet de la voiture, qui sature
la ville et l’enlaidit. Au temps de La Bruyère, Paris était déjà saturé. Pas de
solution, car le trafic en ville s’autorégule avec pour limite la saturation
(si chacun avait une voiture deux fois plus courte, il y aurait deux fois plus
de voitures à Paris).
Le problème de la voiture (et du camion), ce n’est pas son
rejet du fait de ses réels défauts, mais au contraire son trop grand succès. L’Europe
(la Commission
et le Parlement UE) fait tout ce qu’elle peut pour favoriser le transport en
commun et le ferroutage, mais rien n’y fait : la voiture (et le camion) progresse
malgré les taxes.
Les constructeurs, plutôt que le déclin, vont connaître un
appel d’air énorme avec les nouveaux concepts d’autos, les nouvelles
motorisations, les nouveaux carburants, la différenciation des marchés … Non,
la bagnole n’est pas morte, au contraire. Bien ennuyeux …
La belle américaine, c’est tout une époque, celle de la grande Amérique. Les gros V8 étaient increvables, on changeait les bougies à 50 000 km, et c’est tout. Cette époque est révolue. Plus récemment, il y eut les Sport Utility Vehicles, les SUV, dont sont issus les 4x4 qui sillonnent maintenant l’Europe (en Crête par exemple, les SUV Pick up sont innombrables). Le prix du carburant et la crise sont venus à bout de ce concept d’auto. Et l’Amérique s’est trouvée en panne de modèle spécifiquement américain. Qui plus est, le capitalisme américain, privilégiant le profit court terme, est assez mal adapté à l’automobile qui demande un investissement lourd et de long terme, bien dans l’esprit des Japonais et des Allemands. Il n’y a plus de concept US de voiture, et l’industrie auto US a sombré.
Les moteurs électriques sont increvables. Pas de souci à attendre de ce côté là. Les soucis viendront des batteries. La concurrence du moteur thermique sera rude, quand on voit aujourd’hui que l’on peut acquérir une Sandero, qui vous conduit de Paris à Nice avec un plein de carburant, pour le prix d’une (grosse) moto japonaise. Une belle bataille en perspective. L’histoire de la voiture électrique reste à écrire. Il y aura des surprises, bonnes et mauvaises.
Chrysler a déjà connu la faillite dans le passé, rattrapé in
extremis par le gouvernement US. Cette nouvelle faillite d’une marque fragile est
due principalement à la crise économique, mais aussi au glissement du marché US
vers des voitures plus petites lors de la flambée du pétrole en 2008 (pas de
TIPP aux USA, donc flambée du pétrole directement répercutée à la pompe). Même
chose pour GM. Le pétrole a retrouvé aujourd’hui un prix plus « standard »,
mais la crise du crédit à la consommation est toujours là. Sans la crise, Chrysler et GM auraient
continué de perdre doucement des parts de marché face aux voitures japonaises
mieux ciblées et de meilleure qualité, mais n’auraient pas connu la faillite, ou la quasi faillite (GM).
Avant les USA, c’est en Europe et au Japon que la voiture
électrique aurait du percer, compte tenu des densités urbaines et de population.
Or il ne s’est rien produit de tel, malgré les tentatives de PSA et Renault en
particulier. Le client n’a pas accroché, même pas au véhicule électrique complété par un moteur thermique pour démultiplier l’autonomie (camionnette Renault). Et c’est finalement le client qui décide, et
non pas les « lobbies » pétroliers. Pourquoi n’a-t-il pas accroché ? Tout simplement à
cause du faible prix du pétrole, et surtout de la faible autonomie des voitures
électriques. Les progrès récents de batteries sont importants (Lithium ion),
permettant d’espérer des autonomies de l’ordre de 200 km pour un poids et un
encombrement raisonnables des batteries. Cela signifie qu’il faudra recharger
tous les 150 km
environ, et plutôt tous les 100
km en cas d’utilisation intensive de la voiture.
Les constructeurs pensent que c’est aujourd’hui le bon
moment pour lancer la voiture électrique de grande série. Ils prennent un
risque, car c’est le client qui finalement décidera, ainsi que les
gouvernements : la France
va subventionner le véhicule électrique à hauteur de 5000 €/véh., une somme très importante,
mais indispensable pour rendre viable économiquement ce type de motorisation. Que
feront les autres pays de l’UE ?
Quant à l’hydrogène, c’est loin d’être prêt pour une
production de grande série. Pourquoi ? A cause du prix exorbitant de cette
technologie, en particulier le coût des métaux rares et chers dont les piles à
combustible ont grand besoin.
Mon pronostic : en 2050, on aura encore une majorité de
voitures essence (et Diesel), un parc important de voitures électriques (30 % ?),
et peut-être une petite minorité de voitures à pile à combustible (pas sûr).