Vous préparez la guerre, je veux vivre en paix. C’est la même
chose, à ceci près que vous pensez la guerre civile inévitable, et moi pas. L’Histoire
nous départagera.
Sur quoi se fonde ma position ? D’abord sur le rejet de
la guerre civile, qui est une abomination. Bien sûr, cela ne suffit pas. Quand
la guerre est là, il faut se battre, c’est clair. Ensuite sur le fait que nous
aurons bientôt une génération d’enfants français nés de parents chrétiens et
musulmans. Je ne connais pas les chiffres exacts, mais je sais que cette mixité
est significative en France. Et puis, les forces en présence sont relativement
équilibrées : la France
et l’Islam, un peu plus de 1000 ans d’histoire (glorieuse) de part et d’autre.
Respect et alliance s’imposent plus naturellement que le projet d’anéantir l’autre.
Enfin, vous soulignez à juste titre l’importance de l’élite juive dans le monde
moderne. Je crois à la formation d’une élite musulmane dans l’Europe du XXIème
siècle. Je n’ai pour soutenir cet espoir que quelques indices recueillis dans
ma vie professionnelle. Un de mes collègues issu de Polytechnique me disait que
les mathématiciens les plus brillants de sa promotion étaient des musulmans, marocains
en particulier. Quand je lis les programmes des conférences techniques de ma
spécialité, j’y trouve de plus en plus de noms maghrébins. Certes, nous aurons
à affronter des crises graves, mais je fais le pari qu’on trouvera des
solutions pacifiques. La France
de la fin du XXIème siècle sera très probablement le phare de l’Europe, par sa démographie et la
synthèse qu’elle aura réussi entre deux cultures millénaires.
Un débat crucial, quasi absent de nos grands médias, si ce
n’est par ses aspects caricaturaux et grotesques. La nature a horreur du vide.
La déchristianisation de l’Occident européen (à la façon de la désoviétisation
de l’URSS : on fait semblant mais au fond, on n’y croit plus) a pour
corollaire la montée des deux autres religions monothéistes en Europe. Que l’on
se promène en France ou que l’on suive ses médias, c’est l’évidence : les
musulmans et les juifs sont présents, sans renier leurs origines et leur
religion. Tariq Ramadan se présente comme le pédagogue d’une identité française
pour les jeunes musulmans, tout en affirmant sa religiosité, sa foi, et en
cherchant à vivifier celle des jeunes. On comprend qu’il puisse effrayer ceux
qui ont perdu la foi, ou qui vivent la religion comme un héritage culturel en
voie d’extinction, où tout est négociable au regard de la modernité. On
comprend le reproche de « double discours » qui lui est fait, qui
marque chez lui la frontière entre ce qui est négociable d’une part, et ce qui
ne l’est pas de l’autre. B XVI suscite d’ailleurs, sinon le même type de
réactions, du moins une opposition violente aux fondamentaux de sa foi. On
comprend moins bien en revanche le reproche que l’auteur de l’article adresse à
Ramadan, musulman né et éduqué en Suisse si j’ai bien compris, de n’être pas
parmi les « siens », au Sud de la Méditerranée. L’auteur
de l’article semble avoir de la peine à admettre qu’un musulman né en Europe
puisse faire partie de l’élite européenne (Sarkozy n’est ni Hongrois ni Grec,
il est Français, tout comme Ramadan est Suisse. Par parenthèse, je n’ai vu
aucune humiliation de Ramadan face à Sarkozy, plutôt un numéro de cirque
médiatique préélectoral de NS). La seule question qui me préoccupe est de
savoir si la parole ramadienne est totalement compatible avec la République, sans
concession aucune côté républicain. L’auteur de l’article, tout à sa
dénonciation un peu fantasmatique de TR, ne répond pas clairement à mon souci. A
titre personnel, je soutiens une loi d’interdiction du voile intégral en
France, contrairement à TR. Mais TR n’est pas l’unique Français à soutenir la
non interdiction du voile intégral, au nom de la liberté. C’est un débat normal
dans une démocratie. Enfin, il est évident que la France de 2050 sera très
différente de celle de 1950. J’espère que cette mutation se fera sans drames. C’est
aussi, me semble-t-il, et sans renier sa foi, le souhait de Tariq Ramadan,
non ?
Tout à fait pertinent et amusant, ce parallèle.
Imprimerie/Internet. Indulgences/Pub. Doxa religieuse/doxa médiatique …
Ce n’est en rien une critique de l’Eglise catholique, mais à
coup sûr une sévère critique de nos médias modernes.
En effet, l’Eglise catholique est parfaitement dans son rôle
quand elle contrôle la doctrine et sa diffusion. Son magistère s’exerce dans
l’imaginaire (impossible de vérifier l’existence réelle de la Sainte Trinité). Ce faisant,
elle a à mon sens davantage contribué à l’instruction qu’à « l’illettrisme » (l’auteur
de l’article devrait développer ce point).
La vocation des médias d’aujourd’hui est en principe toute
autre : rendre compte du réel (ce qui peut être vérifié). La dérive de nos
médias modernes consiste à décrire le réel à travers un filtre déformant, une doxa.
Avec des objectifs moins nobles que de guider la spiritualité : encadrer
et orienter le comportement économique des individus, élaborer un référentiel
moral favorable aux intérêts dominants. En cela, nos médias trahissent leur
vocation (le réel).
Mais le parallèle a ses limites. Car la Réforme peut être
interprétée comme le rejet (ou le renouvellement) d’une structure qui s’était
institutionnalisée, soucieuse d’abord de sa reproduction (moyens mis en œuvre
pour sa reproduction en contradiction avec la doxa : processus classique).
La dérive de nos médias peut être interprétée comme une tentative de définir
les dogmes d’une religion laïque, ce qui n’est pas sa fonction. Phénomène lié à
l’usure du temps dans le premier cas, erreur de casting et trahison dans le
second.
Ceci dit, l’Eglise catholique n’a pas disparu, loin s’en
faut. Gageons que le « journalisme moral » a encore de l’avenir, avec
son ambition de remplacer les curés, reconnaissant ainsi, implicitement, la
supériorité du spirituel sur le temporel. Bonne nouvelle !
Zemmour est d’abord un formidable journaliste. Il maîtrise
les dossiers de politique internationale comme peu de ses confrères. Au
contraire de ce que vous dénoncez, ce prétendu « clown » soutient le
dialogue à bon niveau avec un Hubert Vedrine ainsi qu’avec d’autres figures
politiques de premier plan.En politique
intérieure, il apporte un éclairage souvent original, une réflexion personnelle
qui le distingue du discours univoque de ses confrères des grands médias.
Imaginez 50 Zemmour en France, 50 journalistes libres de toute contrainte autre
que celle de la déontologie journalistique, et le problème de la presse écrite,
qui manque cruellement de vrais talents, serait résolu. Et l’air que l’on
respire serait plus léger. Il est possible que Zemmour respecte la règle médiatique
française qui impose de ne jamais s’écarter de la stricte relation des faits
quand il s’agit du MO, en évitant d’émettre jugements et commentaires. Mais
pourquoi le lui reprocher en particulier, alors même que cette règle est
respectée par tous ses confrères ? Je suis convaincu que Zemmour est avant
tout un homme libre doté d’une forte personnalité, ce qui ne signifie pas que
je partage toutes ses analyses.
Une rumeur insistante circule dans la région d’Ambroise. Un
homme serait soupçonné de viol de mineur. La Gendarmerie a ouvert
une enquête. L’émotion dans la région est grande, plusieurs affaires de viol de
mineur ayant eu lieu dans la région. On attend demain une intervention du
Préfet. L’homme serait un travailleur immigré d’origine italienne, un certain
Vinci. Des élus se seraient exprimés,exigeant la plus grande sévérité contre les auteurs de ce type de crime jugé
particulièrement odieux. Des voix proches de l’enquête indiquent qu’une connaissance
du prévenu, M.Finquelchoux, aurait été interrogé : il minimise les faits
dont est accusé son ami Leonard, au prétexte que la victime, bien que mineure,
ne serait pas de la plus haute moralité. Par ailleurs, des rebondissements ne
sont pas exclus dans cette affaire, la communauté italienne d’Ambroise
défendant que Vinci aurait été pris dans un piège. A suivre.