Vous me rappelez des souvenirs de jeune chercheur dans un
labo où apparaissait le Pr Got, au début des années 70. Fallait se planquer
pour en fumer une, sinon gare, il se fichait dans une colère noire. Certains
WE, fallait participer à des courses de vélo qu’il organisait (sur 10 km). Lui faisait Paris-Brest
en clou. Un moine civil, c’est sûr. Mais un type qui a fait progresser la
science, c’est certain. Dans le milieu des toubibs, il était le seul de ma
connaissance ayant une approche scientifique rigoureuse. J’ai une certitude :
des milliers de Français lui doivent la vie. Et une autre : la vie selon
le père Got peut paraître un peu triste, voire austère. Pour conclure, je
citerai (de mémoire) un ancien ministre : « quand y en a un, ça va, c’est
quand y en a beaucoup que ça devient un problème ».
Quelle que soit la nature du pétrole, bruler dans l’atmosphère la totalité des réserves connues aujourd’hui comporte le risque d’élever la température de la planète au-delà du supportable par l’humanité. L’avenir du pétrole comme combustible est de toutes façons compromis.
Votre remarque sur la fin du gaullisme me rappelle un souvenir personnel. Etudiant en 68, je « faisais » la révolution. Un copain me propose de l’accompagner pour livrer des tracts à l’AG étudiante. Sa R4 s’engage sur un itinéraire approximatif improvisé qui fait que l’on se retrouve à passer près de la préfecture. Un CRS nous arrête et découvre les tracts : mode d’emploi pour fabriquer des cocktails molotov -) ! On est emmenés au commissariat (le commissaire me fiche une claque, pas trop méchante) puis enfermés pour la nuit dans un autre local de police. Notre ange gardien est un inspecteur de police. Comme nous, il s’ennuie ferme, la nuit est longue. Il entreprend alors de nous éclairer sur sa vision de mai 68 : c’est un coup des banquiers juifs pour abattre De Gaulle explique-t-il, avec moult détails. Mon copain juif apprécie modérément, mais il est surtout préoccupé par une courante qui l’expédie aux gogues (porte ouverte) tous les 1/4 d’heure accompagné de notre ange gardien. Notre arrestation est vite connue des milieux étudiants le lendemain et finalement du directeur de notre école d’ingénieurs qui nous fera libérer avant midi (nous étions en principe destinés à devenir des bourgeois -) : mon copain est en réalité devenu potier). Ceci pour dire que je ne crois pas à cette thèse du complot. La participation de Juifs au mouvement ne prouve rien. Aujourd’hui encore, on retrouve des leaders juifs à l’extrême gauche alors que De Gaulle a trépassé depuis belle lurette. A mon avis, il s’est produit en 68 un craquement dans les pays développés, comme il s’en produit quand deux plaque tectoniques sont trop comprimées : le monde ancien dominé par la figure du père et le monde en gestation que nous connaissons mieux aujourd’hui. NB : pour la suite, je crois qu’il serait bon de changer une fois encore de modèle, si l’on ne veut pas devenir esclaves de la mondialisation.