S unir pour quoi exactement ? Par nos choix politiques, nous sommes déjà tous solidairement responsables du passé et du manque de courage politique pour adapter nos dépenses à nos capacités de financement depuis la fin de la période de reconstruction du pays.
Mais il semble qu en plus d un déficit budgétaire récurrent, nous souffrions d un déficit de conscience. Pourtant chacun peut mesurer à son niveau le coût d une dette, son coté aliénatoire. Cepdendant une dette collective semble bénéficier d un traiement psychologique différent d une dette domestique. Face à son banquier, on peut difficilement réfuter sa responsablitité personnelle dans une situation de surendètement, mais une dette collective permet toujours de se déresponsabiliser.
Alors quelles solutions ?
Fuir ? On imagine difficilement des cadres arqueboutés sur leurs RTT s adapter à des réalités étrangères à l utopie du progrès social perpetuel.
Réclamer l annulation de la dette ? Lorque nous aurons connu des crises financières comparables à l Argentine au Brésil ou à la Russie (3/4 de la population sous le seuil de pauvreté), peut être, mais pour cela il faudrait que nous puissions dévaluer notre monnaie. Or l Euro nous interdit cette option, car ce serait faire payer aux pays ayant déjà fait les efforts d assainissement de leurs comptes pour notre lâcheté.
Faire payer la dette par le capital ? La France offre en effet de nombreuses niches fiscales. Le gouvernement étudie cette option, sous contrainte d une concurrence fiscale européenne car les capitaux sont infiniment plus mobiles que les hommes.
La seule solution semble être une révolution culturelle. Que tous acceptent le dépot de bilan et l effort d adaptation que cela implique.
En attendant, la réalité du ralentissement économique mondial se rappellera d autant plus durement à nous que nos marges de manoeuvres budgétaires sont absolument nulles. L explosion de la bulle immobilière promet pleurs et grincements de dents, mais là aussi, il était temps de revenir à une situation plus saine, tant la pression sur les primo accédants était devenue insensée.
Dans votre témoignage je suis surpris de ne voir aucune référence à la mère de vos enfants...Je comprends qu il soit difficile d etre à la fois père et mère et d assumer en plus des responsabilités en entreprise.
Comment organisiez vous votre vie avant les RTT dans les années 90 ?
Vous passez la moitié de votre temps de travail dans les transports en commun...une réorganisation de votre vie ne vous permettrait pas de vous rendre plus disponible pour vos enfants ?
Vos enfants ont surtout besoin de l exemple d un père, d un adulte, hors la déresponsabilisation dont vous faites preuve dans votre article semble bien infantile, loin du niveau attendu d un cadre sensé animer une équipe.
Ce qui provoque la misère, c est le manque de pragmatisme et la corruption.
Je vous invite à assouvir votre désir d exil au Vénézuela afin de pouvoir contempler le résultat de la merveilleuse révolution socialiste bolivarienne. Avec un pétrole à 145 dollars, 14 fois le prix d il y a 11 ans, et un PIB dépendant aux deux tiers de cette ressource, le pays devrait avoir les moyens d échapper en effet à la mondialisation pour recréer un société plus agréable à vivre.
Ce que vous trouverez sur place est loin de ce rève. Inflation à 35% par an, dépendance alimentaire à 85% de l étranger, chömage à 30%, enlèvements ; climat de violence permanent, meurtres tellements courants qu ils en deviennent banals, rues complètes fermées par des grillages et des cadenas la nuit, populations indigente faisant la queue toute une nuit pour acheter un poulet à moitié prix, magazins vides dans les régions les moins favorisées, pandémie de dengue et malaria, analphabétisme...je vous passe les détails d une réalité qui se rapproche réellement du mot que vous avez choisi pour décrire la notre. Le bolivarianisme n a rien à envier au bolchévisme, et ce malgré des ressources financières réelles. Oui, l essence y est presque gratuite (1 centimes d Euro le litre), mais a quoi bon si vous ne pouvez vous acheter un véhicule. Pourtant, il y a bien de la richesse visible, mais elles est la bas la preuve de l existence d une économie parallèle.
Et vous pourrez écouter chaque jour Hugo, révolutionnaire éclairé, dans son habit rouge de père noel, vous expliquer les merveilles de sa révolution entouré d un public choisi applaudissant à chaque parole, riant à chaque mot d esprit préparé à l avance. Même le vendeur de boissons ambulant avec son chariot à roulettes et sa petite clochette ne se fait plus berner par la triste comédie tant sa réalité est devenue...misérable.
Oui, Mélanie, les pays scandinaves nous montrent le chemin a suivre et comme vous le précisez, notre réalité culturelle est différente. Notre héritage latin, notre démographie et notre hétérogéneité ethnique nous différencie. Culture du conflit contre celle du consensus, guerres de tranchées de classes contre mobilisation nationale. Notre paquebot est bien plus diffilement manoeuvrable que leurs vedettes.
Je n apprécie pas plus la personnalité de celui qui incarne le changement en France, un De Gaulle incarnait des valeurs bien plus profondes, un Blair aurait été bien plus fédérateur... Mais à défaut dê merles...Je lui reconnais tout de même le courage de se rendre impopulaire, ce qui est en soi déjà une révolution, et une énergie peu ordinaire pour faire avancer des dossiers sans cesse reportés et pensés...par d autres.
Si nous avions eu le courage politique d entreprendre ces réformes avant d avoir dépassé un taux d endètement menaçant la stabilité monétaire de l Euro, elles auraient certainement pu se faire de façon beaucoup moins sensible.
La croissance de l Espagne est consécutive aux réformes structurelles d AZNAR (liberal), permettant de diviser le taux de chômage par deux. Le travail, dans nos contrées largenement dépourvues de matière première, étant la principale source de richesse, le pays a pu rattraper son retard face à son voisin du Nord. Le Portugal, qui a fait un choix plus idéologique, n a pas connu la même destin, ce qui l a obligé l année dernière à faire des choix douloureux : non remplacement d un fonctionnaire sur deux et augmentation de la TVA (cela ne vous rappelle rien ?).
Les rentes viagères de nos retraités expatriés sont payées par les jeunes générations dans unc contexte productiviste national très tendu et doivent de plus assumer le poids de la dette sociale. Je ne suis pas sûr que ces exilés fassent preuve du même sens de la solidarité avec les employés que leur permettent un revenu 5 à 10 fois supérieur aux populations locales. Solidarité à sens unique.
Le progrès pour un ménage surendetté, c est de se contraindre à rembourser sa dette pour plus de liberté et d indépendance futures. Il en va de même pour un Etat. Les ressources non gaspillées dans la dette permettent de distribuer du pouvoir d achat, d amortir les chocs des périodes de vaches maigres et d investir dans le futur des jeunes générations, au lieu de leur laisser une charge insupportable.