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finael

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Citoyen !
J'ai maintenant dépassé les 68 ans dont 4 ans d'école d'ingénieur, 38 de travail et 5 de chômage. Enfin à la retraite !
Retraité après avoir été Informaticien (ingénieur systèmes et réseaux, concepteur internet) pendant près de 30 ans et auparavant analyse documentaire et ayant pratiqué toute une variété de petits boulots.
Je vis dans un petit village de l'Hérault où il n'y a ni grande surface ni transports en commun ... mais beaucoup de coquelicots (entre autres)
Aimant l'Histoire, la randonnée, la lecture, l'aéronautique, la technique, intéressé par la chose publique et les questions sociales.

P.S : La photo me représente bel et bien ... il y a 25 ans ! J'avais une amie maquilleuse et j'en ai profité.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/08/2007
  • Modérateur depuis le 29/12/2009
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Ses articles classés par : ordre chronologique










Derniers commentaires



  • finael finael 2 novembre 2007 10:01

    @Halman

    Pardon pour le lapsus, il s’agit bien d’Edmond Marin La Meslée.

    @Cambronne

    Non seulement la doctrine stratégique française était inadaptée et les transmissions complètement dépassées voire inexistantes - et ce dans toutes les armes -, mais la désorganisation industrielle a énormément joué en ce qui concerne l’aviation : les constructeurs privés (Emile Dewoitine, Félix Amiot, Lioré et Olivier, Henry Potez, Marcel Bloch, ...) n’étaient pas équipés pour des productions en grande série et les nationalisations (très mal acceptées malgré le fait que les anciens propriétaires privés restaient à la tête de leurs entreprises) se sont faites de manière totalement chaotique.

    Il y eu bien des grêves, même en 1940 et même des cas de sabotage, mais c’est essentiellement cette désorganisation qui a empêché nos armées d’être convenablement équipées.

    Et si l’on veut revenir au Rafale, il me semble que toute cette discussion n’a aucun sens si l’on ne définit pas au préalable les missions de l’armée, ce qui conditionne ses besoins.

    Quant à la coopération internationale, outre les complexités supplémentaires qu’elle induit (le Typhoon n’est toujours pas au point), elle peut avoir des effets pervers : le système « Galiléo », bien q’ayant démontré, lors de l’envoi des 2 premiers satellites, son efficacité, est toujours en discussion : les anglais en freinant le financement des 4 fers, ce qui nous laisse avec le GPS que nos « alliés » peuvent - ou pas - mettre à notre disposition en fonction de leurs propres intérêts.



  • finael finael 31 octobre 2007 13:20

    @ CAMBRONNE

    Désolé de vous contredire, le Curtiss Hawk 75 est entré en service au sein des groupes I/4, II/4, I/5, II/5 et III/2 à partir de mars - avril 39 et c’est à bord de cet appareil que le groupe I/4 obtint la première victoire française le 8 septembre 1939 et que Martin la Meslée devint le meilleur as français avec 16 victoires confirmées. Le problème du H75 était son manque de puissance de feu.

    Le D-520 fut livré à partir de janvier 1940 mais ne fut opérationnel qu’au début mai équipant successivement les groupes I/3, II/3, III/3, III/6 et II/7.

    La grosse défaillance venait de l’aviation de bombardement, bien que le Farman F-2234 « Jules Vernes » ait effectué le premier bombardement de Berlin en juin 1940.

    L’aviation française fut sans doute mal utilisée, mais pas plus mal que l’armée française en général. Partout où celle-ci eut l’occasion de combattre « à armes égales », à Gembloux, Hannut, Abbeville, Montcornet, Laon, ... elle fit mieux que tenir en respect l’armée allemande.

    La défaite française, qui fut loin d’être une débacle, fut en grande partie due à l’incapacité du haut commandement et des politiques par la même occasion.

    La page dont je vous ai parlé :

    http://www.finael.fr/avions2.html

    Pour ce qui est des discussions concernant le Rafale et autres armements modernes, il serait bien plus intéressant de faire le point sur les objectifs de l’armée française avant de discourir sur son équipement.



  • finael finael 30 octobre 2007 10:23

    @ Cambronne

    Je ne vais pas intervenir dans le débat sur le Rafale, ni sur l’armement français en général mais je tiens à rappeler de le D 520 n’était pas un si bon avion que ça quoiqu’en dise sa légende dorée (cf : « Docavia »). Je n’ai pas de photo sur site mais j’en mettrai une si nécessaire puisque j’ai eu la chance d’en voir voler le dernier exemplaire avant qu’il ne s’écrase.

    Les allemands ne l’ont utilisé qu’en école où il a très vite eu une très mauvaise réputation. Ils en ont aussi fourgé un certain nombre aux Bulgares.

    En fait le meilleur chasseur de la campagne de France fut le P-36 américain appelé « Hawk 75 » chez nous.

    Le meilleur que nous ayons produit en 1940 était l’Arsenal VG-33 (6 exemplaires construits). Le Dewoitine devait être suivi des D-550 et D-551 qui eux auraient eu des performances comparables voire supérieures au Me-109E.

    Notre problème de l’époque venait des moteurs (le Hispano-Suiza 12Y). Les russes, qui en avaient acquis la licence, ont réussi, eux, à faire passer sa puissance de 920 CV à 1350 (sur le Yak 3).

    Bien à vous



  • finael finael 18 octobre 2007 11:11

    @ Daedalus

    Alain Minc devrait expliquer en quoi le capital constant, usines, machines, .... « fabriquerait de la valeur » tout seul !

    D’autant plus que dans ce cas, plus personne n’aurait besoin de travailler, puisque « la valeur » se génèrerait toute seule.

    A moins que l’on ne considère que les humains qui extraient les matières premières, fabriquent ces usines, ces machines ... et les font fonctionner (et eventuellement les réparent), n’existent pas, ou du moins ne sont aucunement payés car tous bénévoles.

    « Le Capital » propose, comme je l’ai écrit, une explication à la nature de la valeur en tant que quantité de travail humain (il y a d’autres explications bien sûr), Alain Minc ne propose rien.

    Et s’il reste des gens pour le lire, et en tirer des leçons, ce sont bien les détenteurs du capital !!!



  • finael finael 17 octobre 2007 12:18

    Le contexte.

    Karl Marx et son temps : 1818 - 1883.

    Karl Marx naît durant le congrès de Versailles suivant la chute de Napoléon, et meurt en 1883, sous la IIIème République. Le Capital sera publié en 1867 (du moins le livre I), alors que l’agitation sociale bat son plein : Il est plus proche, dans le temps, de l’époque des Voltaire, Rousseau, Montesquieu, etc. ... que nous de son époque. C’est à dire qu’il est en rapport chronologique aux Lumières comme les années 1920 - 1930 (Révolution Russe, fondation du Parti Communiste en France) l’ont été par rapport à lui.

    La fin de sa vie a été consacrée à l’étude des nouvelles découvertes. Il ne considérait pas ses théories ni sa pensée comme figées et lui-même a pris du recul vis à vis des interprétations qu’on donnait à ses publications, comme des actions menées en leur nom. Il aurait d’ailleurs déclaré : “En ce qui me concerne [...] je ne suis pas moi-même marxiste”. Ou pour le citer encore : “[On ne saurait] métamorphoser mon esquisse historique de la genèse du capitalisme dans l’Europe occidentale en une théorie historico-philosophique de la marche générale, fatalement imposée à tous les peuples (...) pour en arriver en dernier lieu à cette formation économique qui assure (...) le développement intégral de l’homme”.

    Le Capital.

    Les échanges

    Le capital traite d’abord et avant tout de la société que Marx a sous les yeux. Le système économique qu’il étudie est un système d’économie marchande, où chacun se procure les choses dont il a besoin sur le marché, au lieu de produire pour lui-même. Ce système s’est développé progressivement quand la quantité d’objets produite a dépassé les besoins : “dès qu’un objet utile dépasse (...) les besoins de son producteur, il cesse d’être valeur d’usage pour lui et (,...) ne sera utile que comme valeur d’échange ”.

    Mais l’échange, pour autant qu’il ne procède pas du simple pillage, nécessite qu’on mesure ce qu’on échange : Dès l’Antiquité, Aristote constatait : “L’échange ne peut avoir lieu sans l’égalité, et l’égalité sans la commensurabilité”. Cette propriété pouvant être comparée, c’est la valeur des différentes choses que l’on échange.

    De la valeur des choses

    Marx distingue deux aspects à la valeur : La valeur d’usage qui dit-il, exprime l’aspect qualitatif, et la valeur marchande, qui s’exprime l’aspect quantitatif qu’on emploie dans l’échange et le commerce. Il met d’un côté l’aspect sensible, (psychologique, humain ...) de la valeur, qui peut varier en fonctions des moments, des lieux ou des personnes, et qui s’exprime quand on consomme ces choses ; de l’autre celui que l’on peut, que l’on doit comparer, pour procéder à des échanges. Il explique que si “la valeur d’usage forme la matière de la richesse” (C’est son « utilité »), la valeur marchande naît de l’échange.

    Elle doit nécessairement traduire quelque chose de commun à l’ensemble des marchandises que l’on échange. Et Marx explique que la seule chose que les hommes ont pu comparer, et cela dès la nuit des temps, c’est l’effort qu’il a fallu faire pour obtenir ou fabriquer les différents objets, c’est le travail humain qui est inclus dans la marchandise. Prenons un exemple :

    Dans une société totalement “ primitive ” où chacun produit pour lui-même, il n’y a pas d’échange, donc pas de valeur d’échange ou marchande. Dans une société un peu plus évoluée, je fabrique des chaussures, et le voisin des vêtements. C’est bientôt l’hiver et j’ai besoin de vêtements, tandis que le voisin aimerait avoir des chaussures (autrement dit offre et demande existent). Seulement voilà : s’il me faut une journée pour fabriquer une paire de chaussures, il faut une semaine au voisin pour faire un bon vêtement chaud. Dans ces conditions, jamais le voisin n’acceptera de ne recevoir qu’une paire de chaussures en échange du vêtement. Il me faudra probablement fournir des chaussures à toute sa famille en échange de mon vêtement, bien que la valeur d’usage des chaussures pour lui, soit la même que la valeur d’usage du vêtement pour moi .

    Ce que montre cet exemple, c’est que la valeur d’échange, dans un système d économie marchande, correspond à la quantité de travail humain nécessaire à la fabrication de la marchandise. Dans le Capital, Marx déclare qu’il s’agit de la « véritable valeur » car c’est elle qui possède un sens économique. Il lui donne comme définition : “Le quantum de travail, ou le temps de travail nécessaire (...) à la production d’un article (...) ”.

    Circulez !

    Sur le marché (donc au sein d’une société marchande) s’établit une double circulation : des marchandises d’une part et de l’argent d’autre part, par le biais de “métamorphoses” des unes en l’autre.

    Le système fonctionne comme suit : J’achète la marchandise M’ avec l’argent A que j’ai obtenu en vendant la marchandise M. C’est ce que Marx appelle la “circulation des marchandises”. Marx la décrit par la formule « M - A - M’ » c’est le “cycle de la circulation des marchandises” vu par les producteurs et les consommateurs. Il nécessite, comme préalable, de disposer d’un bien à échanger et son but final est l’emploi, la consommation, de valeur d’usage. A cette circulation correspond, si on voit les choses du point de vue du marchand, une autre circulation : J’obtiens l’argent A’ de la marchandise M que j’ai achetée avec l’argent A. Ce cycle s’exprime : « A - M - A’ ». c’est la « circulation de la monnaie ». Elle nécessite, au préalable, l’existence d’une accumulation d’argent, son but final est l’argent lui-même ce cycle n’a de raison d’être que s’il y a une différence de quantité d’argent, A’ étant plus grand que A (ou A’ = A + A), ou encore : “(...) il est soustrait à la circulation plus d’argent qu’il n’y en a été jeté [ ... ] La circulation de l’argent devient dont son propre but, son mouvement n’a pas de limite”.

    Autrement dit, à un certain niveau de développement, une accumulation préalable d’argent est mise en circulation dans le but de produire plus d’argent . Progressivement, le but de la circulation de l’argent, donc par contrecoup de celle des marchandises n’est plus la consommation, donc l’usage de celles-ci, mais l’accroissement de l’argent, de la richesse (c’est en tout cas le but d’une fraction du corps social).

    D’où vient l’argent ?

    Dans le “ cycle de l’argent ”, d’où provient le surplus ? Autrement dit, puisqu’on suppose que l’argent représente le prix, prix concrétisant une valeur, d’où vient le surplus de valeur, la “plus-value” ?

    Pour en revenir à notre explication, dans le cycle A - M - A’, si A’ est plus grand que A c’est qu’il y a création de valeur lors du processus (Marx emploie le mot procès) de fabrication, c’est qu’il y a ajout de travail humain. Or pour un marchand, produire une marchandise ne signifie pas qu’il se mette au travail mais bien plutôt qu’il peut acheter du travail humain. Ce qui implique que ce travail existe sous forme de marchandise, donc qu’il y ait un marché du travail ! Ceci implique :

    - Que le travail soit propriété du vendeur, donc que celui-ci ne soit ni serf ni esclave.

    - Que le vendeur n’ait pas d’autre marchandise à échanger sur le marché, donc qu’il ne soit pas lui-même producteur de marchandise.

    Alors le marchand achète du travail, en fait un “temps de travail”, ainsi que d’autres marchandises auxquelles il fait appliquer ce travail pour produire une nouvelle marchandise ayant plus de valeur que la somme de tout ce qu’il a acheté. Marx appelle la richesse engagée dans ce processus du capital.

    Le capital.

    « Le capital », est donc “une accumulation de richesse utilisée à acheter du travail humain pour lui faire produire un supplément de valeur” ... donc de richesse (c’est, du moins, ce qu’en attend le capitaliste). La formule « A - M - A’ » devient alors la “formule générale du capital”.

    Pour que le travail humain acheté crée de la valeur, il faut lui en fournir les moyens : matière première, outils, voire usines, etc ... ainsi que le moyen de continuer à travailler (moyens de subsistance). On peut donc décomposer ce capital en différents éléments.

    Capital constant et capital variable

    D’un côté on trouve tous les éléments comme les terrains, usines, outils qui sont consommés dans le procès de production . Le travail humain qui leur est appliqué transfère leur valeur d’usage à la marchandise produite. Ni plus, ni moins, c’est pourquoi Marx appelle cette portion du capital le “capital constant” : Tant de capital produira tant de marchandises (dans les mêmes conditions de production).

    Par contre le salaire, la partie du capital qui achète le travail, ne fera pas simplement que se reproduire (sinon pourquoi le capitaliste se donnerait-il tout ce mal), mais produira un supplément de valeur. Marx l’appelle donc “capital variable” : Tant de capital donnera “ça dépend” de marchandises.

    Plus-value et surtravail

    Ce qui fonde le fonctionnement “capitaliste” de l’économie, c’est que le salaire permet d’acheter plus de temps travail que ce qui est nécessaire à l’ouvrier pour compenser son “usure”, son entretien : nourriture, vêtements, ... Par exemple, quand le capitaliste achète les 4 heures de travail nécessaires à l’ouvrier pour subsister, il lui fera faire une journée de 8 heures. La valeur supplémentaire apparue, représente donc un travail non payé ; le capitaliste s’approprie cette plus-value “en ne payant pas la totalité du travail qu’il achète [et ce travail supplémentaire] ne coûte rien au capitaliste précisément parce qu’elle coûte à l’ouvrier du travail non payé”. La plus-value correspond donc à ce que Marx appelle du « surtravail ».

    Donc “la valeur d’une marchandise M produite en système capitaliste s’exprime par la formule : M = c + v + pl”. c étant la valeur du capital constant, v la valeur du capital variable (salaires) et pl la plus-value. Dans ce cas C = (c + v) est alors le coût de production, et pour qu’il y ait profit il faut que le prix de vente soit supérieur au coût de production, même si ce prix est supérieur, ou inférieur à la valeur réelle du produit.

    Du taux de plus-value au taux de profit.

    Du point de vue marxiste le taux de plus value pl’ est défini comme le rapport de la plus-value, donc du surtravail, au seul capital variable, au travail payé. pl’ = pl / v. Ainsi le taux de plus-value mesure le rapport entre le surtravail et le travail payé il est « proportionnel au degré d’exploitation de la force de travail ».

    Mais ce qui intéresse essentiellement le capitaliste c’est le profit : d’une part la masse de ce profit p, égale au “ A ” ou encore A’ - A, ou enfin A’ - C la différence entre prix de vente et capital engagé au départ ou coût de production ; d’autre part le taux de profit p’, c’est à dire le rapport de la plus-value sur la totalité du capital engagé : p’ = pl / C ou bien p’ = pl / (c + v) , .

    La loi de la baisse tendancielle du taux de profit.

    Dans le jargon, pardon, le langage économique d’aujourd’hui, la baisse tendancielle est au taux de profit ce que Laurel est à Hardy et le distingué à l’économiste. Qu’en est-il dans le capital ?

    L’expérience et l’observation de la société montrent que, grâce au progrès technologique, la productivité du travail augmente sans cesse. Cela signifie que plus de marchandises sont produites par unité de temps de travail d’un ouvrier, donc que la valeur ajoutée à chaque marchandise diminue (puisque la valeur est le temps de travail). Parallèlement, la proportion du capital constant (machines, .. ;) rapportée à la valeur globale du capital ne cesse d’augmenter.

    Autrement dit dans la formule du taux de profit pl’ = pl /(c+v), c augmente, donc pl’ diminue : L’augmentation de la part du capital constant due aux gains de productivité fait baisser le taux du profit, ou comme dit Marx : “(...) il faut bien que cet accroissement progressif du capital constant par rapport au capital variable ait nécessairement pour résultat une baisse graduelle du taux de profit général. (... et ceci est ...) une façon propre au mode de production capitaliste, d’exprimer le progrès de la productivité sociale du travail”.

    Mais alors, pourquoi augmenter la productivité ? Mais tout bonnement pour augmenter la masse de profit, le profit total, au bout du compte, pour le capitaliste, il n’y a que ça qui compte !

    On peut donc formuler cette fameuse loi en disant que plus on accroît la quantité de profit réalisé en augmentant la productivité du travail, plus on diminue le rendement du capital engagé.

    Telle est la dure loi de l’ouest, pardon, d’airain condamnant sans appel le capital à sa chute.

    Les différentes formes du capital et du capitalisme.

    Dans une société de grande taille et complexe, l’ensemble du processus se spécialise et se cristallise en différents maillons :

    Le profit, la valeur supplémentaire, la plus-value, est produite en fabricant des marchandises dans le « procès de production », c’est l’action du capitalisme industriel. Il produit du profit en produisant de la marchandise. Il produit grâce à l’achat de moyens de production et de force de travail, et le profit n’est réalisé que dans l’action de la revente : échange de la marchandise contre de l’argent. Certains capitalistes, détenteurs d’argent, se spécialisent dans ces échanges c’est le capitalisme commercial. il agit dans le « procès de circulation du capital ».

    Des organismes centralisent la richesse, la gardent, émettent la monnaie, la changent contre une autre, bref sont spécialisés dans les manipulations de l’argent : les banques. Elles facilitent et accélèrent considérablement les échanges : il n’y aura aucun déplacement d’argent matériel, le compte de l’un sera débité tandis que l’autre sera crédité. Si ce sont des banques différentes, il y a longtemps qu’existent les mécanismes de compensation. Non seulement c’est beaucoup plus rapide, mais la quantité matérielle d’argent nécessaire s’en trouve considérablement réduite.

    Bien entendu, tout ceci n’est pas gratuit ! Depuis des temps immémoriaux, les banques pratiquent le prêt. Autrement dit le banquier avance une certaine somme au capitaliste, commercial ou industriel. Celui-ci dispose donc d’un capital de départ plus grand, ce qui lui permet d’augmenter la masse de profit.

    Si celui-ci est partagé au prorata du capital avancé, c’est dans les faits une simple association. Mais le prêt pratiqué par les banques est le prêt à intérêt, l’usure. Le banquier se soucie peu de l’emploi de la somme avancée, mais il demande que celle-ci lui soit remboursée plus quelque chose, c’est ça l’intérêt. C’est le capitalisme financier>I, pour qui le cycle se résume à A - A’. Il n’intervient en aucune façon dans le procès d’ensemble de la production capitaliste, pour lui, l’argent « fait des petits » .

    Mais il n’y a qu’un seul stade où soit produite la plus-value, donc le profit, c’est lors de la réalisation du surtravail qui en est la source. Tous ces différents types de capitalisme se partagent le profit en profit industriel, profit commercial et rapport de l’intérêt. Conséquences sociales de la structure capitaliste de l’économie.

    Le Capital a pour ambition d’expliquer le fonctionnement de la société dans laquelle vit Marx : celle de la fin du XIXème siècle en Europe. Il étudie ces mécanismes économiques en tant que faits sociaux.

    Prenons un exemple, tout à fait au hasard : le chômage. Y a t-il globalement surproduction ? Certainement pas d’un point de vue social : La moitié de la population mondiale manque du nécessaire et rien qu’en France un demi-million de personnes n’ont pas de toit. Manque t-on de capitaux ? Certainement pas : Les bourses brassent des millers de milliards de francs ou de dollars. Mais-z-alors ? C’est tout simplement que dans ce système capitaliste le capital n’est pas destiné à satisfaire les besoins des populations mais à produire de l’argent pour une certaine fraction de ce corps social. Et couvrir les besoins élémentaires de l’ensemble du corps social n’est pas assez profitable, pas assez rentable. Il y a conflit d’intérêts entre l’ensemble du corps social d’un côté et les possesseurs de capitaux qui permettraient de les satisfaire de l’autre.

    En dernière instance, les conditions de vie de chacun dépendent de sa place dans le “procès de production capitaliste” et la société se divise finalement en deux classes : Ceux qui vendent leur force de travail et ceux qui achètent cette force de travail. D’où la naissance, à terme d’un conflit d’intérêts entre les capitalistes et le reste du corps social, car le système est basé sur la confiscation, à leur profit, par quelques uns du travail des autres Il est à noter que le seul moment où Marx traite des classes sociales dans le Capital, c’est le dernier chapitre de la dernière section du dernier livre : Chapitre LII (52).

    Enfin, s’il condamne, au nom de la morale, les rapports sociaux créés par le capitalisme, il reconnaît à ce dernier une place éminente dans l’histoire : “Le développement des forces productives du travail social est la tâche historique et la justification du capital”, et : « [Le capitaliste ... ] force les hommes, sans répit ni trêve, à produire pour produire, et les pousse ainsi instinctivement à développer les puissances productrices et les conditions matérielles qui seules peuvent former la base d’une condition nouvelle et supérieure ».

    Il pensait que le capitalisme était condamné à terme plus ou moins court. Qu’il y aurait ré-appropriation « sociale » des moyens de production et du capital. Il ne dit d’ailleurs pas comment, il distinguait des « tendances » à la contradiction au sein du système qui d’après lui devaient « se résoudre », parfois (souvent) par des crises : la concentration du système en entités de plus en plus énormes, en cartels puis en monopoles, concentration favorisée par l’actionnariat : « ... qui est une abolition de l’industrie capitaliste privée sur la base même du système capitaliste. [ ... ] La réussite comme l’échec conduisent simultanément à la centralisation des capitaux et par conséquent l’expropriation à l’échelle la plus large. L’expropriation s’étend ici du petit producteur au petits et moyens capitalistes eux-mêmes. Le point de départ du mode de production capitaliste est justement cette expropriation. Son but est de la réaliser et, en dernière instance, d’exproprier tous les individus de tous les moyens de production ».

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