J’ai décidé de ne plus mettre un seul centime en bourse pour deux raisons : — la première, est en fait évidente quand on comprend mieux comment fonctionnent les marchés : en tant que particulier, il est tout simplement inutile et dangereux d’aller parier son argent durement acquis alors qu’en face, il y a, au mieux des traders voguant de délits d’inités en délits d’initiés et certains de nous plumer, au pire, des ordinateurs ultra puissants réagissant et des banques qui investissent l’argent quasi gratuit offert par les banques centrales, gonflant d’autant les prix des actifs. Contrairement à ce que prétend la théorie du marché, les valorisations boursières sont pour beaucoup basé sur du vent, des algorithmes, et dépendent de la prodigalité des banques centrales.
— la seconde est pour me mettre en cohérence avec mes principes : en tant que travailleur, il m’est insupportable de savoir qu’une grosse partie des richesses que mon travail produit m’est spolié par ces parasites d’actionnaires. Ceci étant inacceptable, il convient donc de ne pas me transformer moi-même en parasite gagnant de l’argent au détriment de ceux qui ont réellement produit la richesse.
Pour conclure, rappelons cet excellent article de Frédéric Lordon : www.monde-diplomatique.fr/2010/02/LORDON/18789 qui démontre que les « investisseurs » ne financent rien du tout en fait, mais que ce sont bien les entreprises qui financent les investisseurs. Le monde à l’envers.
Non, il n’y a pas de démocratie en France. Ceci dit, ne vous méprenez pas : il n’y en a jamais eu. Simplement, avec l’état d’urgence, les oligarques se cachent de moins en moins.
En revanche, vous commentez une erreur en assimilant la démocratie au libéralisme. Le libéralisme EST anti-démocratique, puisque l’application de ses principes ne fait que consacrer la liberté du renard dans le poulailler, ce qui, de fait, est en réalité une dictature du renard sur les poules.
Nous sommes bien en dictature, et pas seulement en France. Elle porte un nom : le capitalisme, qui n’est autre que le pouvoir de l’argent ; bref un suffrage censitaire version moderne.
@M de Sourcessure Si, bien entendu. Je partage totalement votre avis sur ce point.
Pour moi, la publicité ne devrait simplement pas exister. Elle permet simplement à ceux qui en ont les moyens d’augmenter leur emprise. Bref, encore une fois, elle favorise l’expression des seules entreprises ayant les moyens.
Tout cet espace libéré le serait soit simplement pour moins de pollution visuelle, soit pour permettre plus d’expression populaire, démocratique, d’opinion.
J’attends avec impatience la prose de notre ami Spartacus ou un autre partageant son courant de pensée nous expliquer que cette spoliation des richesses par les grandes entreprises et leurs actionnaires est à cause de l’état « obèse » et des fonctionnaires.
Certes, c’est naze. Mais ce que dénonce l’auteur est encore plus grave : c’est le signe de la marchandisation du monde, qui est encore bien pire que la seule glorification d’un félo.
Les marques envahissent l’espace. Elles utilisent l’argent qu’elles nous ont soutiré — en même temps, nous consommons effectivement bien trop, nous sommes donc également gravement responsables — pour augmenter leur emprise sur l’espace public et nos vies.
Les marques doivent être reléguées à leur juste place : au néant. Ce consumérisme effrené doit cesser. Et lutter contre les noms de lieux à la gloire des marques, achetés par leur insolente richesse, est un noble et important combat.