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Gérard Ayache

Gérard Ayache

Gérard Ayache a enseigné la communication et l’information à l’Université de Paris 1. Il est un spécialiste de l’étude de l’information et conseille depuis plusieurs années des entreprises, des organisations publiques, médiatiques ou politiques. Il dirige l’Institut Infométrie, dont la vocation est l’étude des comportements sociétaux, des systèmes informationnels et des technologies avancées de l’information.
Son dernier livre, Homo Sapiens 2.0 - Introduction à une histoire naturelle de l’hyperinformation, est publié par les éditions Max Milo. Il paraîtra en mai 2008 (blog : http://www.homosapiens2.com)
Il a aussi notamment publié, La grande confusion (France Europe Editions, 2006), L’image des multinationales (PUF), La bataille des images (Larousse).

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  • Premier article le 28/06/2006
  • Modérateur depuis le 04/07/2006
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Gérard Ayache Gérard Ayache 20 juillet 2006 19:26

    Intéressant thème que celui de « la Renaissance ultime » comme quête de l’humanité pour sa sur-vie.

    Le retour aux mythologies est quotidien : dans les oeuvres de fiction, les jeux vidéo, les mangas etc... C’est là tout l’univers de l’idéologie dite New Age. Mais l’intelligence artificielle, la science puisent aussi dans ce vivier. Les génies, dieux, lutins et autres folletons sont devenus les agents intelligents de nos interfaces et autres logiciels d’interactivité. Devenus softbots, knowbots ou autres animats, ils remplissent les mêmes fonctions que les génies familiers de nos anciens : ils nous guident, se mettent à notre service comme des intercesseurs, des messagers. Parfois aussi, ils nous trompent.



  • Gérard Ayache Gérard Ayache 20 juillet 2006 16:36

    L’homme a toujours cherché à simuler le réel. Miron taillant dans le marbre son discobole ou Brunelleschi découvrant les secrets de la perspective càd l’illusion de la profondeur. Ou encore Memling qui comme tous les autres peintres de Bruges faisait partie de la confrérie des miroitiers, les artisans du reflet.

    Chaque époque artistique a cherché à exceller dans l’art du simulacre c’est-à-dire dans l’art de l’effraction du réel et de l’arrachement à la force gravitationnelle de sa représentation. Ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est que nous fabriquons des entités hybrides situées entre ce qui est réel du point de vue de l’objet et ce qui ne l’est pas. Avec le virtuel, nous ne fabriquons pas que des objets mais aussi des idées, des pensées, des réalités en puissance (virtuelles). Les technologies numériques parviennent ainsi à enchevêtrer de plus en plus finement le réel et le virtuel, au risque absolu de les confondre. Le danger étant de si bien croire aux simulacres qu’on finit par les prendre pour réels.



  • Gérard Ayache Gérard Ayache 20 juillet 2006 14:59

    Votre rapprochement entre Golem et science est saisissant. cela me fait penser à ce que disait Gunther Anders.

    Le philosophe Günther Anders, longtemps méconnu en France, fut disciple d’Heidegger, ami d’Hans Jonas et premier époux d’Hannah Arendt. Dès 1956 dans son livre L’obsolescence de l’homme puis, une vingtaine d’année plus tard dans Nous, fils d’Eichmann, il évoquait cette évolution implacable de la technosphère, cette ‘mégamachine’ dont la soif d’expansion est inextinguible :

    « Comme la raison d’être des machines réside dans la performance, et même dans la performance maximale, elles ont besoin, toutes autant qu’elles sont, d’environnements qui garantissent ce maximum. Et ce dont elles ont besoin, elles le conquièrent. Toute machine est expansionniste, pour ne pas dire « impérialiste », chacune se crée son propre empire colonial de services. ... La machine originelle s’élargit donc, elle devient ‘mégamachine’ ; et cela non pas seulement par accident ni seulement de temps en temps ; inversement, si elle faiblissait à cet égard, elle cesserait de compter encore au royaume des machines. A cela vient s’ajouter le fait qu’aucune se saurait se rassasier définitivement en s’incorporant un domaine de services, nécessairement toujours limité, si grand soit-il. S’applique plutôt à la mégamachine ce qui s’était appliqué à la machine initiale : elle aussi nécessite un monde extérieur, une ‘empire colonial’ qui se soumet à elle et ‘fait son jeu’ de manière optimale, avec une précision égale à celle avec laquelle elle-même fait son travail : elle se crée cet ‘empire colonial’ et se l’assimile si bien que celui-ci à son tour devient machine - bref aucune limite ne s’impose à l’auto-expansion ; la soif des machines est inextinguible. »

    Ces propos sonnent avec une étrange actualité aux temps de l’hypermondialisation et de l’ultra-libéralisme moderne.



  • Gérard Ayache Gérard Ayache 18 juillet 2006 11:56

    Bonjour Demian, Vous avez tout-à-fait raison. C’est très exactement le sens de mon article. Quand nous comprendrons que nous sommes dans une phase de passage vers une nouvelle unité de survie, plus large, à imaginer et à construire complètement, alors peut-être pourra-ton espérer de l’humanité. L’enjeu est de taille ; il est excessivment dangereux mais extraordinairement porteur d’avenir car chacun de nous peut y jouer son rôle, sans recettes pré-établies ni formules toutes faites.



  • Gérard Ayache Gérard Ayache 13 juillet 2006 11:10

    Cher Demian J’ai pris l’habitude d’apprécier la finesse de vos remarques et le style baroque de votre langage. Certains sur ce forum y sont réfractaires ; je n’en fais pas partie. Toutefois, en lisant entre les lignes de mon post, vous avez un peu transformé ma pensée. Bien entendu, je ne justifie nullement un retour à la barbarie et je ne met aucune bride sur le cou de l’avenir. Au contraire.

    Ce que je dis est simple. J’observe depuis quelques années une mutation. La mémoire est nécessaire à la cohésion de tout groupe social. C’et ce qui lui permet d’articuler une continuité entre le passé et le futur.L’histoire et le recours à la mémoire remplissent ainsi une fonction éminemment politique. Or, le devoir de mémoire s’est progressivement transformé en injonction morale. Il fonctionne sur le principe de la morale cohésive (de type presque religieux) et devient dès lors une morale de substitution.Alors que nous étions conviés à nous souvenir pour nous responsabiliser, nous somme aujourd’hui sommés de le faire ; nous passons de la responsabilisation à la culpabilisation. Pourquoi ce changement ? Parce que nous n’avons plus en ligne de visée claire l’horizon du futur. Nous chargeons donc le présent (et notamment les jeunes générations) de la charge du passé pour nous prémunir face à un futur opaque. Je reviendrai sur ce thème de dilatation du présent qui est un marqueur de nos sociétés actuelles ; un marqueur qui brouille toute projection vers l’avenir. Qui empêche, je vous cite « de nous lâcher de temps en temps pour laisser la bride à l’avenir qui doit se faire forcément, un peu forcené aussi ».

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