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  • Goda Goda 31 mars 2017 18:03

    @poussière


    Oshii veut dire « délicieux » ou « miam miam » ^^

    Ochi est son vrai nom.

    Sinon je suis plutôt d’accord avec votre commentaire dans sa critique faite sur l’aspect et le contenu de l’article. En effet, j’y ai décelé quelques copié-collés également (cf. la mention à l’héroïne, uniquement nommée « Major », de façon étrange). 

    Je vous rejoins entièrement sur la nécessité de voir le film de Mamoru Ochi où l’onirisme se révèle en filigrane, au travers de cette confusion entre réalité et virtuel qu’implique un tel modèle de société. 
    J’inviterais aussi ceux que cela intéresse, de lire le manga original, qui va au-delà de cet episode où le classique combat entre l’esprit humain et la machine est traité. 
    L’oeuvre complète de ce mangaka sous estimé qu’est Masamune Shirow vaut le coup.








  • Goda Goda 31 mars 2017 17:46

    2/2


    . . . 



    Le film US de Ghost in the Shell ne sera en ce sens meme pas un énième « blockbuster » vidé de son suc originel, mais encore une façon de reformuler un discours qui à l’origine se voulait critique et censé, pour au final, gràce à cette adaptation douteuse,se noyer dans des saltos, des atemis, des coups de feu et des esthétiques biomécaniques et architecturales en vogue, tout cela étant bien opportun pour en cacher le coeur révolutionnaire et pour étouffer le cri alarmiste et empli de rage de vivre contenus dans l’oeuvre originale.


    Note. L’auteur du manga a cessé son activité de mangaka d’anticipation pour se focaliser sur ce qui fait encore plus vendre que la peur d’une société dystopique : l’érotisme. Car outre un immense talent pour dessiner des « mechas », Shirow dessine également des pin-ups cyberpunk, fantasy et autres. 

    Dommage en tout cas. Non pas que je me pose en sainte nitouche ici, mais dommage dans le sens où cet auteur a aussi à son actif d’autres oeuvres cyberpunk prenant le problème sous d’autres angles que celui de Ghost in the Shell, mais tout autant intéressants. 


    Dans Appleseed, 

    c’est un monde post apocalyptique, reconstruit après les affres de guerres incessantes qui ont amené les humains là encore à bâtir une société « idéale » d’après guerre, de paix et de stabilité à tous prix et donc portant en soi la graine sécuritaire et autoritaire. Ce manga montre également un peu plus ce qu’est la vision de l’auteur en matière de vie quotidienne et de cohabitation entre robots, humains et cyborgs dans un univers policé, idéalisé et futuriste.


    Dans Dominion Tank Police, 

    l’auteur dépeint un monde cyberpunk, là encore, mais cette fois en plein chaos, et où l’humanité est prise en otage par les corporations et les mafias. Dans cette histoire, une petite unité de police aux moyens ridicules combat le crime organisé à l’aide de « mini tanks », seuls véhicules leur offrant un semblant de sécurité face aux moyens colossaux de la pègre. Cette oeuvre est plus teintée d’humour et de cynisme. On y sent le coté cathartique et jouissif que l’auteur a dû y trouver.


    Dans Orion,

    la société future (ou passée ?) mêle magie et technologie. Mythologie et science fiction. Ce titre aussi prend le parti de l’humour mais comme à son habitude les sujets que traitent Shirow lui permettent d’aller plus loin. Ainsi, le dieu Suzanoo (kami de la foudre) se voit invoqué par une prêtresse ( et donc une sorte de technicienne ou d’administratrice dans un tel univers) afin de servir un plan consistant à contenir et à isoler le karma négatif de l’univers... C’est complètement barré, c’est emprunt de taoïsme de shintoïsme, de philosophie, d’ésotérisme, de physique quantique, etc.

    C’est également une reflexion sur le problème résidant dans le fait de choisir un « guide » ou un meneur, de croire et de se reposer en un seul être supposé apporter lumière liberté joie etc... le fameux « ÉLU » (concept qui me fit abhorrer Matrix).

    Au final, le dieu invoqué a ses propres soucis, ses propres buts, et son pouvoir destructeur en soi fait de lui la possible Némésis de ceux-là meme qui l’ont invoqué. ^^



    Ce sont les seules oeuvres de Shirow dont je puisse parler, m’en étant abreuvé depuis et pendant longtemps. 



    La lecture de votre article, Amaury, me conforte hélas dans mon analyse faite plus haut, à savoir que ce genre d’adaptation n’a pour but que le profit, et non de mettre sur la table les problématiques vitales qu’amène le cyberpunk et en l’occurrence ici, Masamune Shirow. 

    La plastique de Johanson ne sauve pas l’affaire, et n’apparait que comme un sexe servant de cache-sexe (je n’ai rien contre l’actrice au demeurant, j’en ai plus après ceux qui l’instumentalise). 

    Une polémique sur l’ethnie de l’heroine est stupide et stérile, meme si il est vrai que dans l’oeuvre originale il s’agissait bien d’une femme asiatique. Détail, au vu des autres entorses faites à l’oeuvre originale.

    Enfin, je souligne mon étonnement d’un tel choix éditorial de votre part. 

    Mais ce n’est pas une critique en soi.









  • Goda Goda 31 mars 2017 17:45

    1/2


    Masamune Shirow, auteur du manga original, parsemait ses planches de longues annotations apportant de nombreuses (euphémisme) précisions techniques, philosophiques, technologiques, etc., augmentant l’immersion du lecteur et apportant une crédibilité supplémentaire (grâce aux nombreuses références faites à la littérature d’anticipation) à son univers dystopique.


    Le premier film réalisé par Mamoru Ochi est un chef d’oeuvre d’animation, meme s’il ne retranscrit pas toutes les finesses de l’oeuvre de Shirow, il a au moins pour mérite de planter le décor et de retransmettre l’aspect froid, lisse (en apparence), et sans pitié du monde dans lequel évolue le major Kusanagi et son coéquipier Batu.


    Univers cyberpunk par excellence, où la profonde solitude va de pair avec l’uniformisation et la fusion des consciences.

    Réflexion sur une société uniformisée, sur la liberté, sur fond d’histoires d’espionnage et de conflits géopolitiques et économiques larvés. 

    Réflexion sur la spiritualité et sur l’identité, dans un monde où l’humain côtoie le divin au prix de la dissolution de son Moi et de sa chair.

    Réflexion sur les modèles de sociétés idéales et sur ce qui arrive lorsque l’humanité a les moyens de réaliser et de vivre ses soit-disant « rêves ». 

    Cauchemar darwinien. 

    Cauchemar d’Asimov.

    Dérives technologiques et transhumanisme sauvage (et à deux vitesses) et guerres corporatistes menées dans l’ombre et dans lesquelles l’héroïne n’est qu’un pion et dans lesquelles les humains et cyborgs « civils » mercenaires ne sont que le carburant, les clients, et les victimes.

    Monde où l’humanité est « unie » par la technologie et le contrôle. 

    Où l’humain n’est qu’une unité.

    Une unité se diluant dans le tout.

    Une goutte d’eau dans l’océan. 

    Toutes les consciences étant connectées et entrant en résonance dans la Matrice devenue une artificielle noosphère qui a ses propres règles établies par une oligarchie technocratique devenue invisible.

    L’intime a disparu. la conscience de chaque individu se réfugiant dans cette infime et fine membrane que représente le « Shell ». Cette « capsule » renfermant toute la psyché, la mémoire et la conscience de chaque humain (augmenté ou non) est le seul « endroit » où l’individu n’est pas noyé dans la masse, et donc le seul endroit d’où un individu peut commencer à méditer et à s’interroger sur la « folie » que représente ce paradigme. Ce fameux « Shell » que certains hackers se donnent à coeur joie de transgresser, de violer, de pénétrer, de modifier de façon sauvage ou insidieuse, est le dernier bastion de l’âme de chaque individu donné en pâture, téléchargeable, piratable et somme toute très volatil. L’âme plus que dématerialisée : paradoxe. L’âme numérisée, est si fragile et délétère. Ce shell qui est au final un bout de « hardware » encastré dans la boite crânienne de chaque humain en contient hélas le seul et infime espoir de transcendance et de liberation. D’où en effet, un pessimisme très marqué.

    Dès lors en effet, des personnes cherchent à échapper au contrôle généralisé, voire tout simplement à ce systeme établi de prédation du puissant sur le faible (verticalité et système pyramidal). De l’humain « simplement » connecté, en passant par l’humain augmenté, puis par le cyborg (importantes modifications structurelles apportées au corps d’un humain cf. l’heroine) jusqu’aux humains de synthèse (robots) que l’on ne distingue meme pas des humains normaux ( a part peut être du fait que les humains de synthèse font « plus humains » en apparence que les vrais pour des raisons d’ordre esthétique puisque ces humains de synthèse ont été créés avant tout pour assouvir les fantasmes de leurs créateurs, qui ont débuté leur production à des fins très terre à terre : espionnage, jeux sexuels avec des « dolls » dédiées, soldat améliorés, et tout simplement le fameux « god complex »). 


    Les remakes d’Holywood, recouvrant d’excellents films d’origines diverses ont la malencontreuse et fâcheuse habitude de tirer l’oeuvre vers le bas. Et j’ai du mal à me convaincre que cela est uniquement fait dans le but de rendre abordable l’oeuvre au public local. Cela relève plus, à mon sens, d’une forme d’appropriation maladroite et grossière.

    Le fait de porter au cinema une oeuvre est déjà en soi un pari osé (et limitant voire frustrant), mais le fait de ré-adapter un film, japonais, français ou danois (pour ne citer que ces exemples) afin d’en changer les codes et l’idéologie me parait être du terrorisme intellectuel. Du vol pur et simple. Du vol doublé d’un message insultant qui plus est. Ce n’est bien sur que mon avis personnel.


    Le coté « pessimiste » que l’on peut ressentir dans Ghost in the shell est voulu. L’effet de suffocation, de solitude, d’errance, recherché. 

    Le désir d’émancipation, de liberté peut amener certains personnages à glisser subtilement hors du système avec les conséquences que cela implique dans une société hyper-connectée. La symbolique du tueur au « hoodie » à camouflage optique représente bien ce besoin d’anonymat qu’a tout un chacun de façon naturelle. Mais aussi représente la nécessaire discrétion de toute action intentée envers ce système orwelien bien établit.

    Masamune Shirow a retranscrit en images et au-delà, ce qu’est, pour lui (et avec ses influences), un univers cyberpunk avec des problématiques et des approches esthétiques qui ont été sans cesse reprises (pompées) par la suite (cf. Le cinquième element, Matrix, Black Mirror, etc.).


    . . .






  • Goda Goda 21 mars 2017 18:16

    @Gilles Mérivac

    évidemment


    (rires).





    sans importante le mimétisme religieux...
    le meurtre serait donc la seule consequence fâcheuse dûe au mimétisme religieux ?
    Pas l’obscurantisme.. 
    Pas le contrôle des moeurs ? 
    Pas l’infiltration des spheres de pouvoir ? 
    Pas la creation de lois directement reliée à un dogme ? 
    Pas le fait, pour le non religieux, ou le non croyant, d’être de facto catalogué et mis au ban par et pour X raisons ?

    A mon sens le mimetisme n’est bon qu’au debut d’un apprentissage. 
    Et cela doit rester dans le domaine technique. 
    Le mimétisme « spirituel » ou idéologique me faisant un peu flipper. 
    Bien plus en tout cas, que des menaces de meurtres soit dit en passant car cela a de bien plus grandes et plus lourdes consequences sur du long terme.



  • Goda Goda 21 mars 2017 15:54

    @manu

    manu 16 mars 13:50

    « @Goda

    La drogue peut accélérer la chute comme l’ascension. »


    oui certes... et donc ?



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