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On a toujours quelque chose à apprendre, mais pour le faire, il faut aller au charbon et risquer de dire quelques bêtises. C’est justement pour ça que je suis là.

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  • Gontran Gontran 28 novembre 2012 20:13

    Je vous rejoint sur ce point : il parait effectivement très difficile de se passer complètement de représentation politique dans des pays de plusieurs millions d’habitants. Mais ne vous méprenez pas : la démocratie est tout à fait compatible avec la désignation de représentants politiques. Il faut simplement qu’ils n’aient pas tout le pouvoir, qu’ils soient étroitement surveillés, révocables à tout moment et qu’on puisse les condamner durement si on réalise qu’ils ont trahi l’intérêt général.


    Je vais vous donner un exemple, ce sera surement plus clair.
    Les démocrates modernes préconisent différentes institutions à installer à toutes les échelles du pouvoir (commune, département, région, nation) : 
    - Assemblées populaires, accessibles à tous, il suffit de s’y inscrire (premier arrivé, premier servi). Elles tranchent sur des textes de lois et permettent l’isegoria (l’expression libre et sans contrainte de toute opinion).
    - Assemblées tirées au sort, composées de magistrats à temps plein, étudient les dossiers, proposent et votent les lois. 
    - Assemblées élues, composées de magistrats à temps plein, s’occupent des charges politiques nécessitant des compétences spécifiques (armée, diplomatie, santé etc). Ils jouent le rôle de nos ministères actuels en quelques sortes.

    Tous les magistrats à temps plein (élus ou tirés au sort) sont soumis à des contrôles stricts : ils doivent travailler de manière transparente, être à l’écoute des citoyens, peuvent être destitués à tout moment par une instance judiciaire, être punis a posteriori en cas de corruption ou de trahison de la volonté populaire. Leurs mandats sont courts (un an max) et non renouvelable (à vie pour la même fonction). Ils sont indemnisés à hauteur de leur revenu habituel et leur retour au travail est garanti.
    Tous les débats et réunions de travail de toutes les assemblées sont publiques, retransmis à la télévision et sur internet. Tout est transparent et rien ne peut échapper à la vigilance des citoyens.
    Toutes les assemblées sont surveillées par des tribunaux de tirés au sort dont le seul rôle est de veiller à ce qu’il n’y ai aucune corruption, et à ce que les magistrats ne trahissent jamais les citoyens qu’ils représentent. Tout citoyen peut soumettre une requête à ces tribunaux pour ouvrir une enquête sur un magistrat, le processus pouvant mener à la destitution et même à des conséquences pénales en cas de faute grave avérée.

    Voyez-vous, la représentation politique est un outil utile, probablement indispensable, mais en démocratie, les institutions sont façonnées de manière à ce que le peuple puisse TOUJOURS avoir le dernier mot, et à ce que le pouvoir politique ne soit jamais concentré dans les mêmes mains. De plus, grâce aux assemblée populaire, le peuple peut toujours exercer directement une partie du pouvoir politique, sans aucun intermédiaire.


    « une somme d’intérêts individuels ne correspond pas forcément à l’intérêt collectif. »

    Vous avez entièrement raison, cela fait partie des défauts de la démocratie. Une France démocratique pratiquerait peut-être toujours la peine de mort, ou n’aurait pas dépénalisé l’homosexualité.
    Mais il faut comprendre qu’en démocratie, l’information et l’éducation des citoyens redevient libre et impartiale. La démocratie fait le pari qu’un peuple éclairé, bien informé et bien éduqué, saura faire la part des choses et prendre les décisions justes pour l’intérêt collectif. Et quand bien même elle ne le ferait pas, personne ne pourra dire que c’est injuste : tout le monde aura pu s’exprimer et voter. Le peuple devient responsable face à lui-même et devra assumer les conséquences de ses erreurs (plutôt que de subir celles des autres, comme c’est le cas maintenant).

    Vous avez raison, Athènes, comme toutes les cités grecques et la quasi totalité des peuples de l’époques, était esclavagiste et phallocrate. Mais il ne s’agit par ici de reproduire à l’identique une démocratie antique, il s’agit de s’inspirer des institutions qu’ils avaient pensé pour se protéger des abus de pouvoir. Oui, pas bien des aspects, les athéniens étaient des barbares. Mais ils n’étaient pas stupides. Ils ont eu cette idée géniale de la démocratie, qui leur a permis de se protéger des tyrans pendant des siècles. Prenons-leur ce qu’ils avaient de bon, et laissons-leur ce qui ne nous plais pas.


  • Gontran Gontran 28 novembre 2012 18:34

    Je pense qu’il n’est pas nécessaire de faire repartir cette machine, elle ne fait pas ce qu’on lui demande (répartir équitablement les richesses et le progrès). 

    De toutes manières, même si nous le voulions, ce ne serait pas possible, étant donné que nous arrivons à un plafond en terme de ressources naturelles qui mettra un terme définitif à toute croissance. 

    Non il faut inventer une nouvelle machine. La démocratie serait un excellent outil pour faire ça. Elle permettrait de comparer toutes les propositions de manière impartiale, de les soumettre au peuple qui ferait son choix en toutes connaissances de cause.
    Donc utilisons le peu de temps qu’il nous reste avant saturation du systéme et crise globale définitive pour persuader tout le monde que nous avons besoin de la démocratie pour envisager la suite.


  • Gontran Gontran 28 novembre 2012 17:23

    Sirocco vous avez entièrement raison, la Suisse est un des pays (sinon le pays) les plus démocratique au monde. Peut-être le seul qui pourrait mériter le nom de démocratie.



  • Gontran Gontran 28 novembre 2012 17:19

    En fait, peut-être que ce sera une surprise pour vous, mais il n’existe pas seulement deux sortes de régime politique (Démocratie / Dictature). Il y en a tout un éventail.

    Donc ce n’est pas parce qu’un pays n’est pas une démocratie qu’il est une dictature. 

    « Démocratie indirecte » ou « Démocratie représentative » sont des oxymores. En effet, pour qu’une démocratie soit une démocratie, il faut que le peuple détienne le pouvoir politique. Or, à partir du moment ou il y a représentation pour toutes les charges politique, ou exercice « indirect » (c’est à dire délégué) de la totalité du pouvoir, le peuple ne détient plus du tout de pouvoir. Ce n’est donc plus de la démocratie, c’est autre chose.

    Il n’y a pas de raison d’appeler notre régime actuel autrement que Gouvernement représentatif, puisque nous sommes gouvernés par des représentants. Sauf si vous voulez faire croire aux citoyens qu’ils vivent en démocratie, ce qui est faux.


  • Gontran Gontran 28 novembre 2012 17:08
    Retour aux 39h pourquoi pas, même si je ne vois pas en quoi ça va relancer la croissance ou faire baisser le chomage. Expliquez-moi.

    Si nous baissons charges et cotisations, comment ferons-nous pour financer nos différents systèmes de protection sociale par exemple ? On ne pourra plus emprunter aussi facilement à l’avenir. Comment on fait ?

    Sur quels postes de dépense agissons-nous pour alléger le train de vie de l’Etat ? Par qui/quoi seront remplacé les fonctionnaires qu’on va licencier, et quel travail vont-ils trouver ?

    Immigration zéro, ok. Qui va construire vos maisons, vider vos poubelles ou nettoyer vos rues ? Il n’y a pas assez d’activité pour augmenter les salaires de ces professions dont personne ne veut pour l’instant à part les immigrés. Comment fait-on ?

    Réindustrialisation, ok. Comment ?

    Relocalisation, ok. Comment ?


    Ce qui serait révolutionnaire, ce serait quelques arguments au moins sur un sujet, non ?
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