On a toujours quelque chose à apprendre, mais pour le faire, il faut aller au charbon et risquer de dire quelques bêtises. C’est justement pour ça que je suis là.
C’est le constat d’échec d’un régime politique arrivé à bout de souffle...
Mais soyons vigilants, comme la plupart des gens pensent que nous sommes en démocratie et qu’ils constatent que ça ne marche pas, ils peuvent en venir à penser que ce qu’ils appellent la démocratie est un système défaillant (sans même savoir ce qu’est la vraie démocratie).
Une porte ouverte à l’autoritarisme et à un pouvoir encore plus policier qu’il ne l’est maintenant. La situation s’est déjà produite plusieurs fois dans l’histoire, toujours aux dépends des peuples.
Il faut donc travailler à redonner son véritable sens à ce vieux mot qui désigne ce que je pense être la solution à beaucoup de nos problèmes. Ne laissons plus personne parler de démocratie sans savoir ce qui la caractérise !
La France n’est pas, et n’a jamais été une Démocratie. L’utilisation de ce mot pour désigner le régime actuel de la France fait partie des verrous idéologiques qui maintiennent les peuples sous contrôle en leur faisant croire qu’ils vivent en démocratie, ce qui est objectivement, philosophiquement et historiquement faux.
Plusieurs propositions de mots appropriés que vous pouvez utiliser en remplacement :
- Gouvernement représentatif
- République représentative
- Régime de représentation / Régime représentatif
- Fausse démocratie
- << démocratie >> (entre crochets afin de bien marquer le caractère inapproprié du mot)
Très courte explication : la démocratie est un régime dans lequel le peuple, le plus grand nombre, détient le pouvoir politique. Le régime représentatif (le notre) attribue l’intégralité du pouvoir politique (proposer des lois, les voter, les faire exécuter) à une minorité élue. L’élection ayant un caractère aristocratique par nature, sa seule utilisation n’est pas appropriée à un régime démocratique. Le fait de voter ne confère aucun pouvoir politique, au contraire, il en enlève, puisque dans les faits, lorsqu’on vote on confie son pouvoir politique à quelqu’un d’autre. Nous ne sommes pas en démocratie, et cela devient une évidence après avoir lu ne serait-ce que quelques pages d’ouvrages sur la question.
Je serais ravi d’argumenter de manière plus précise et approfondie si quelqu’un n’est pas d’accord avec moi.
Les élections n’ont aucune efficacité comme contre-pouvoir puisque les candidats sont sélectionnés par le pouvoir en place.
« En quoi une personne en poste, simplement parce qu’elle a eu la chance d’être désigné, va elle mieux résister aux propositions de personnes financièrement puissante et donc à même de les corrompre ? »
Pour deux raisons principales :
Un citoyen désigné par le sort (vous, moi, nos familles, amis, voisins, les 99%) pour un travail précis dans le cadre d’un mandat précis n’a pas d’objectif de carrière politique. La principale préoccupation qu’il a, c’est de ne pas se ridiculiser devant la France entière en bâclant son travail, ou en disant des âneries, ou en trahissant l’intérêt général. Le regard des autres est capital : c’est lui qui guide notre inclinaison à la vertu. Les gens sans vergogne (pour qui le regard des autres n’a aucune importance), sont très minoritaires, statistiquement, ils seront la plupart du temps absents d’une assemblée désignée par le sort.
La deuxième raison, c’est qu’on ne peut confier du pouvoir à des tirés au sort sans contrôle (comme nous le faisons avec nos élus, à qui nous confions tout le pouvoir sans quasiment aucun contrôle). Ces contrôles peuvent prendre de multiples formes : pas de tirés au sort non-volontaires, conditions d’accès au suffrage (savoir lire et écrire, pas d’antécédents judiciaires par exemple), surveillance en cours de mandat par d’autres assemblées/commissions, révocation de l’assemblée possible via référendum d’initiative populaire, transparence totale des débats, amendes lourdes voir peines de prison pour les tirés au sort qui trahiraient l’intérêt général (corruption) etc. Les athéniens avaient mis en place une demie-douzaine d’institutions dont le rôle n’était que de veiller à ce que les représentants politiques se comportent conformément à l’intérêt général et à la volonté populaire. Ces institutions sont indispensables pour toute démocratie digne de ce nom (et elles n’existent pas aujourd’hui).
J’aimerais également attirer votre attention sur le fait qu’en démocratie, être tiré au sort n’est pas « une chance » comme vous le dites. La charge politique est un fardeau que ceux qui le désirent doivent être prêts à porter un jour ou l’autre dans leur vie. C’est notre système politique actuel, dans lequel les représentants ont tout pouvoir et sont grassement rémunérés, qui nous fait croire que les décideurs ont le bon rôle. En vérité, pour être bien exécuté, le rôle politique doit être un sacrifice que nous consentons à faire pour les autres (Rousseau).
« Mais de toutes façon, le soucis ne vient pas du monde politique. »
Je suis totalement en désaccord. Le problème et la solution sont profondément politiques. En effet, les puissances d’argent et leurs abus de pouvoir sont la plus grande cause d’injustices sociales aujourd’hui, vous avez entièrement raison. Mais le moyen d’y remédier ne peut être que politique, c’est l’essence de l’état de droit : un consensus général sur le principe d’édicter des règles qui protégeront les faibles de l’arbitraire du plus fort, et que tous doivent suivre.
Théoriquement, vous dites qu’il faudrait empêcher les plus riches de corrompre le pouvoir politique. Mais concrètement, comment ferions-nous autrement que par la voie légale ? Et puisque la voie légale est déjà sous l’emprise des puissances d’argent, quel autre choix avons-nous que de rebâtir de la base un système politique dans lequel elles seraient impuissantes ? Autrement dit, redémarrer un processus constituant. Je ne vois pas d’autre issue.
Le débat important porte donc sur la nature et les objectifs de ce processus constituant, c’est pourquoi je donne raison à Agerade quand elle dit qu’il faut s’y intéresser.
Hé les cliqueurs de moins, je sais que ça prends plus de temps de lire un bouquin que de cliquer sur un « plus » ou un « moins », mais j’attends votre contre-argumentation avec impatience. Je serais curieux de voir avec quoi vous défendez l’idée selon laquelle la France est une démocratie.
Tu as bien de la chance, avant que Chouard ne me rafraîchisse la mémoire, je n’avais plus qu’un souvenir assez imprécis de ce qu’on m’avait raconté sur la démocratie athénienne au collège.
Par contre, je gardais un souvenir tout à fait précis de toutes les choses très utiles qu’on m’avait raconté en éducation civique sur le fonctionnement des institutions de notre « démocratie », au centre de laquelle on trouve l’élection, « expression suprême de la souveraineté populaire ».
Rétrospectivement, je m’en veux un peu de ne pas avoir su mettre en perceptive ce qu’on me racontait sur la démocratie athénienne et sur notre « démocratie » à nous. Ou alors était-ce mon professeur et le livre d’histoire qui ne faisait pas le lien ? Encore un peu et je serais presque complotiste dites donc !