Pour ma part, dire que je suis de gauche, ça veut dire que je suis pour une redistribution des richesses plus importante. Or seul l’État peut opérer (imposer) cette redistribution. Je ne peux donc pas à la fois être de gauche et refuser toute intervention de l’État. Pour moi, il y a donc un obstacle théorique à être à la fois de gauche (en mon sens) et libéral (en votre sens).
« Car on peut avoir une sensibilité "de gauche" dans la sphère privée - ce qu’on n’essaye pas d’imposer aux autres au nom d’une morale - et être libéral. »
En fait, c’est pas libéral de gauche qu’il faut vous appeler, c’est libéral "bobo" !
(Puisque vous pouvez avoir une "sensibilité" de gauche, mais que surtout ça ne doit avoir aucune conséquence pratique... )
D’accord sur les lois mémorielles : ce n’est pas au pouvoir législatif (et encore moins l’exécutif) de déterminer l’Histoire.
En revanche, conclure de cet excès ponctuel de réglementation que toute réglementation est abusive, que l’État c’est toujours mal et qu’il faut l’abolir, je trouve ça tiré par les cheveux, simpliste, caricatural. L’État ne doit certainement pas tout réglementer, mais l’ultralibéralisme n’est certainement pas une panacée non plus et on en connaît déjà bien les défauts (entre autres : dumpings de tous ordres, déréglementation financière conduisant à la crise actuelle, etc.).
Bien sûr qu’un débat comme celui-ci ne change pas le monde, mais enfin, c’est un peu comme voter : qu’est-ce que c’est qu’un vote dans un pays de vingt millions d’électeurs ? C’est rien du tout, et pourtant on le fait quand même parce que tous les votes mis ensemble, ça a son importance...