Je ne me suis pas prononcé sur le bienfondé de la publication de cet article. Et je ne vois pas pourquoi l’opinion de l’auteur n’aurait pas le droit d’être exprimée. Bien au contraire, je suis tout à fait pour que toutes les opinions aient droit de cité afin qu’elles puissent être librement discutées et ainsi mutuellement corrigées. Et s’il a voulu être publié, l’auteur s’attendait bien à être critiqué, je crois.
L’animosité dont vous témoignez à mon encontre indique que j’ai dû dire quelque chose qui vous déplaît fortement. Acceptez d’échanger argument contre argument plutôt que de vous en prendre aux nombreux travers de ma personnalité, afin de faire avancer la réflexion commune.
Hello El Lahuss, Au final, si j’ai bien compris la « vieillocratie », ce serait tous ceux qui croient qu’il y a une collectivité humaine et donc un bien commun (du genre, la possibilité de renforcer pour chacun la reconnaissance de ses droits à bien vivre, dans un environnement sain) parce qu’en vérité ça n’aboutirait qu’à l’exploitation de l’homme par l’homme (la preuve, l’avènement du droit du travail, les congés payés, les augmentations de salaire dans les années 60 sous la pression syndicale, tout ça n’était qu’un truc de vieux pour maintenir l’oligarchie (à tel point qu’on a vu comment les néolibéraux au pouvoir ont tout fait pour conserver ces acquis sociaux !). Et le projet du FdG de rendre un contrôle citoyen de l’Etat par des mesures comme le referendum révocatoire, une vieillerie encore. Alors que la jeunocratie, ce serait chacun pour soi, le bien commun on s’en tape ? Si c’est le cas, en effet, je crois qu’il faut maintenir la vieillotocratie !
Cela dit je vous rejoins sur vos distinctions concernant l’abstention. Bien sûr l’abstentionniste n’est pas responsable au même niveau que ceux qui appliquent une politique confisquant sa souveraineté au peuple, ni même que ceux qui votent pour eux, mais il demeure responsable par le consentement tacite à l’ordre établi qu’implique le fait de ne pas voter, c’est de la collaboration passive.
Peut-on reprocher à qui que se soit de préférer se taire à une élection
et préférer participer à des conférences-débats plutôt que de voter
blanc pour voir ce bulletin rangé dans la pile des rebuts sans
intérêts ?
Je ne reproche pas aux abstentionniste de ne pas voter blanc, le vote blanc ne me semble guère mieux que l’abstention. Vouloir garder sa virginité, refuser de se salir les mains dans le travail démocratique, parce qu’aucun choix proposé ne serait assez bon, c’est au mieux de l’angélisme. Même si on peut estimer que tous les choix proposés sont mauvais, il y en a toujours un moins mauvais. Entre le PS et l’UMP, il n’y a il est vrai pas de différence fondamentale mais il y a quelques petites différences de ci de là. Et cela permet que sortent certaines affaires qui autrement auraient été étouffées par des équipes au pouvoir trop installées.
Ce que je reproche aux abstentionnistes comme aux adeptes du vote blanc (ponctuellement, c’est autre chose), c’est de considérer que seule leur façon de voir les choses peut être bonne et que toutes les autres sont nécessairement des pièges pour se jouer de leur pureté morale. Dès lors qu’on vit en société, on accepte le principe selon lequel on n’est pas souverain comme dans un état de nature, mais que c’est la volonté générale, telle qu’elle peut s’exprimer à travers les différentes formes de suffrages. Même un royaliste doit bien admettre que c’est le peuple qui fait ou défait les rois. Qu’on soit agacé par la facilité avec laquelle le peuple se laisse abuser, en laissant les clés de sa souveraineté au premier bonimenteur venu, ce qui paraît tellement plus facile que d’avoir à l’exercer, je peux le comprendre mais alors cela ne justifie que d’autant plus la nécessité d’inciter ses concitoyens à aller vers un régime où on ne se contente pas d’être souverain tous les 5 ans, un dimanche matin.
Si on accepte les avantages de l’Etat de droit, comme le pouvoir de se défendre en justice, de recevoir certaines prestations sociales, de pouvoir commercer avec ses concitoyens avec la garantie que l’escroquerie, la rapine et la violence seront combattues par la force publique (bien plus en tout cas que dans le chacun pour soi) etc. etc. si on on accepte les avantages de l’Etat de droit, dis-je, alors il faut en accepter les règles et les conditions. Or dans une république qui malgré ses aspects monarchiques reste aussi héritière de la Révolution de 1789, chaque citoyen a le devoir de participer à la vie publique, en s’informant et par le vote.
Je sais bien qu’il n’est pas politiquement correct de dire cela à une époque où comme vous l’observez justement, le pouvoir exécutif s’arrange très bien d’une abstention massive, et où donc les abstentionnistes ne sont pas habitués à ce qu’on les secoue un peu mais qu’on m’explique en quoi je me trompe ? N’y a-t-il pas un devoir civique de participer de façon éclairée à la vie politique de la république ? Ce devoir ne découle-t-il pas de la forme un tant soit peu démocratique que se donne notre république ? Ceux qui assument de ne pas respecter ce devoir sont-ils dédaigneux des droits que leur confère la république ?
Globalement d’accord avec l’article mais d’une part, se poser aux yeux de la population en opposant absolu, ne transigeant sur rien, c’est montrer à la population qu’en fait on ne veut pas gouverner et qu’on préfère attendre les lendemains qui chantent tout en râlant jusqu’ici. Le fait pour Mélenchon de proposer de devenir premier ministre dans le cadre de la cinquième république est peut-être une erreur stratégique, mais ce n’est évidemment pas une offre pour devenir sociaux-libéraux, mais c’est prouver qu’on est prêt à gouverner, ce qui reviendrait à une forme de cohabitation comme on en a déjà connu.
Dans la 5ème donc, il faut pour exister et faire valoir des idées qui s’y opposent, accepter ses règles du jeu et exploiter ses failles pour pouvoir les changer. Ce régime est hyper-personnalisé, et avec en plus le fonctionnement des médias, il n’y a donc guère d’autre moyen que cette petite comédie pour attirer l’attention de la population sur l’existence d’une alternative au néolibéralisme.
Quant à l’UE, elle n’est pas un volcan, comme s’il s’agissait d’une réalité naturelle incontrôlable, c’est un artifice humain. Ce que l’homme a fait, l’homme peut le défaire mais il peut aussi se donner les moyens d’en reprendre le contrôle si cela part à la dérive plutôt que de quitter le navire alors qu’il est loin de couler. L’UE a été construite à l’initiative de la France, principalement dans le cadre d’une ambiance d’après guerre donnant lieu à une volonté d’union plutôt que de retour aux vieilles divisions.
Aujourd’hui, c’est un navire qui est devenu un vaste casino au service de quelques possédants. Il est loin de couler économiquement, mais il est orienté dans le sens des intérêts d’une petite classe dominante, c’est ça le problème. Mais au lieu de saborder le navire auquel on a consacré tant d’efforts, il est sain de chercher à la réorienter vers le bien commun. La France en a les moyens car elle en est un des plus gros co-propriétaire, à tel point que si elle se retire, là l’UE coule, d’où le poids réel de sa parole si un gouvernement FdG accédait au pouvoir.
De grâce, ne comparons pas ce qui est économique et politique et donc humain à des phénomènes naturels comme le font tous les libéraux et évitons de reprendre cette antienne libérale selon laquelle il n’y aurait pas d’alternative à l’Europe libérale en dehors de sa destruction et donc de la division des peuples européens.
A Politzer, Pour une régulation par l’Etat de l’économie de droite, il y a bien Debout le République de Dupont Aignan, je vois mal pourquoi Asselineau, qui cache mal son fond de droite ne s’y associe pas ? Si vous regardez le fond des solutions que vous proposez, il n’y a pas de différence majeure avec DLR.
D’autre part, le Front de gauche vous le savez partage l’essentiel de votre analyse économique. Pour les solutions, il y a en effet désaccord : pour réguler l’immigration, vous croyez qu’il faut fermer les frontières, or dans aucun pays du monde attractif, cela ne marche. Il est beaucoup plus efficace comme le FdG le préconise de régulariser les sans-papier, qui deviennent ainsi non pas français (comme beaucoup le croient) mais sujets de droit, personnes juridiques, plus difficiles à exploiter, de sorte qu’il n’y a plus pour les entreprises privées et de plus en plus publiques de sens à les inciter à venir pour pouvoir les traiter ici comme des esclaves.
Sortir de l’Otan, on est d’accord, parce qu’il est impossible d’en prendre le contrôle démocratiquement. L’Euro et l’UE au contraire ont été faits par la France, en grande partie, ils peuvent donc être réinvestis dans un sens démocratique et non plus ploutocratique. De Gaulle en son temps a bien su le faire dans la mesure de sa volonté. Il n’y a pas eu de réorientation sociale et démocratique de l’Europe depuis les années 70 parce que ni le PS (après 83), ni le centre droit, ni la droite ne l’ont voulu. Tous étaient libéraux, l’Europe avançait donc dans le sens qui leur paraissait le plus juste. Il est absurde d’avoir contribué à bâtir un grand navire et de le saborder en l’abandonnant à ceux qui en ont fait un casino. L’Europe sans la France ne peut subsister, donc la France a un réel pouvoir de s’y faire entendre, pouvoir qui n’a jamais été utilisé depuis De Gaulle, parce que les dirigeants en place adhéraient à ce qu’elle devenait (tout en faisant croire à leur population qu’ils trouvaient cela injuste mais qu’on ne pouvait rien y faire).
D’abord on ne dit pas « vieillocratie » mais « gérontocratie », pour votre information.
Ensuite, il faut bien un certain aplomb pour mettre Copé et Mélenchon dans le même sac, en essayant comme le premier sbire de Marine LP venu de faire oublier le contenu de son message politique réel, qu’il est loin d’être le seul à soutenir, en procédant à de basses attaques personnelles sur son passé dans le PS qu’il combat aujourd’hui comme « preuve » de sa duplicité. Et comme en plus Mélenchon est « vieux », cela justifie votre abstentionnisme final, c’est-à-dire votre soutien inconditionnel à l’ordre des choses actuel !
Mais pourtant vous savez ce que c’est que Copé et ses semblables au pouvoir, vous savez ce que c’est que le PS ; le nationalisme aussi avec un peu l’Autriche et beaucoup l’Iran. Avez vous regardé ce que ça fait quand se mettent en place des politiques qui sont dans la ligne du Front de gauche : en Argentine, en Bolivie, en Equateur et même au Honduras avant le coup d’Etat contre Zelada ? Avez vous regardé le taux de représentativité des jeunes, des ouvriers, des minorités ethniques dans les assemblées de ces pays et la prise en compte qui en découle, avez vous comparé les courbes du chômage, les efforts en matière d’écologie et la croissance de ces pays avec ceux que vous soutenez (le PS, l’UMP et comme roue de secours éventuelle le FN) en maintenant le statu quo par votre abstentionnisme ?