L’arrivée de la démocratie en Corée du Sud a fait l’objet de luttes dures de la population coréenne, de grèves séverement réprimées dans un processus qui a duré des dizaines d’années. L’autoritarisme, la violence d’état, la corruption, etc, étaient alors favorisés par les USA, au nom de la lutte contre le communisme, comme ils ont fait en Amérique latine pendant plusieurs dizaines d’années, s’acharnant contre tous les régimes démocratiques de ce continent, renvoyant un continent à l’âge de pierre alors que certains états étaient aussi développés qu’en Europe.
L’attitude en Asie des USA a été comparable dans beaucoup de cas : Soutien aux dictatures. La question coréenne fait écho aux questions indonésiennes et indochinoises, à Taïwan : soutiens à la brutalité, développement construit sur une bourgeoisie locale dont les interets sont mélangés avec des états policiers.
Les grands trusts coréens se sont construits par ce mélange intime entre des interets privés corrompus et une geste policière.
Ceux qui croient que le capitalisme produit spontanément de la démocratie ne tiennnent pas compte des faits et des cheminements. Ce sont souvent les réactions à son despotisme qui créent la volonté démocratique, les batailles pour la liberté.
La Chine égrenne ce mouvement depuis une vingtaine d’années, le développement capitaliste développe la "classe ouvrière" et la réaction de cette dernière pour adoucir son sort, voir se hisser en classe révolutionnaire, produit de la volonté démocratique, de la volonté des droits de l’homme et de la femme.
La seule particularité de la Chine vient là de la taille des populations concernées qui n’a de comparaison qu’avec l’Inde. Mais pour le reste, avec des inflexions particulières culturelles et étatiques, le mouvement est le même : Autoritarisme, caste bourgeoise d’état , corruption massive, répressions, milliers de mouvements de protestation, de résistance, etc...
Pour rendre coherent le tout, l’autoritarisme, la confusion de la bourgeoisie et de l’état, va bien avec la relation coloniale enclenchée avec les populations qui se trouvent à l’intérieur de ses frontières. Et également avec le développement , sur les décombres d’une forme compliquée d’internationalisme, d’une éthnie dominante arrogante et ethniciste.
Le Tibet entre dans ce cadre.
La bataille pour le développement appaisé, pour le respect des hommes et des femmes, passe par la lutte contre le colonialisme, la réctivation de la bataille démocratique à grande échelle, le mouvement social.
Effectivement le développement économique chinois ressemble fortement au développement économique qui eut lieu en son temps en Corée du Sud et à Taïwan, mélange de capitalisme débridé, violent et prédateur appuyé par les moyens dictatoriaux de l’état.
La Chine ne départ pas de la galerie de portraits parmi les pays qui ont connu un développement capitaliste, même autoritarisme, mêmes moyens, corruption explosive , etc....
Le passé et le présent, les tentations permanentes de notre système capitaliste à l’autoritarisme, à la corruption, éclairent bien sur ce qui se passe en Chine. Vouloir en faire un trait du communisme, comme certains ici est une erreur. C’est du capitalisme bien traditionnel.
Avec les mêmes effets : en même temps que le capitalisme chinois se développe il sucite le développement d’une classe ouvrière importante qui réagit, lutte pour son émancipation, ses droits, les droits de l’homme et les libertés démocratiques.
Un grand classique.
La question tibétaine là dedans n’est qu’une oppression coloniale classique. La France et la Grande-Bretagne ont fait bien pire que les bourgeois qui dirigent la Chine en matière de tueries coloniales. C’est cruel de le dire mais c’est ainsi, un système ne s’apprécie que dans sa globalité, ce qu’il fait dans ses frontières et au delà. On ne peut distinguer là le dedans du dehors.
A cette appréciation le comportement du gouvernement américain en Irak et en Afghanistant tresse un bilan global du système américain peu flatteur pour l’humanité. A côté les gallonés chinois ont petit bras.
Pour autant aux systèmes étatiques se conjuguent une autre réalité supérieure, celle de la domination d’une classe sur le monde, et non une corruption entre des entreprises capitalistes américaines avides et de vilains dictateurs chinois.
Un système imbriqué et mondial se construit (et à l’interieur de celui-ci des ratrapages, des concurences étatiques et commerciales, industrielles et financières), dans lequel il y a d’un côté des dictateurs chinois alliés à des dirigeants "démocrates" tankistes, de l’autre des peuples et des travailleurs accumulant une puissance de résistance.
La logique voudrait à tous les hommes et femmes avides des droits de l’homme, du progrès et des valeurs de gauche, qu’il y ait un même regard de fond porté sur les colonialismes et les exactions des régimes, et que ce qui est bon pour un peuple, par exemple le droit des Palestiniens à décider de leur sort sur des terres viables, sans menaces ni humiliations, s’applique ailleurs, partout, au Tibet comme en Irak, en Afghanistan comme ailleurs.
Mais effectivement la Roumanie de Ceaucescu semble l’objectif de nos partisans des "réformes" sur les retraites : précariser, se servir enfin dans la masse financière que représente le marché des retraites publiques, privées et complémentaires.
Depuis des années ça bosse dur pour passer à des interets privés bien définis et particuliers les sommes gigantesques des retraites, du social et de l’assurance maladie.
Le bout du bout du raisonnement c’est de claquer 2 fois plus de fric pour un résultat encore moins bon, du moment que les compagnies d’assurances privées qui font lobbying et qui sont dans les startings blocs de ces marchés juteux, puissent engranger des bénéfices dessus.
Il ne faut pas être naïf sur le lobbying intense, les manipulations qui sont menées par des groupes financiers pour se saisir de ce marché.
Une campagne médiatique incessante menée aussi bien par des écervelés que par des gens sensibles à ce lobbying existe pour basculer le fric vers des poches privées.
le marché de l’assurance et de la retraite privée prospère depuis longtemps en France en se construisant sur le fric enlevé de la solidarité sociale. Il n’y a rien de particulier au cas français contrairement à ce que disent certains : on trouve les mêmes arguments copiés-collés contre les travailleurs âgés dans tous les pays "riches" , la même offensive, les mêmes arguments et en retour les mêmes résistances contre l’inhumanité, l’inefficacité des alternatives et les énormes conséquences inégalitaires des privatisateurs.
".../.... Je vous réponds très calmement, les Anglais et les Américains ont été les premiers à rédiger les textes relatifs aux droits de l’Homme ! La France avait sauté dessus et depuis elle réclame la paternité comme d’ailleurs dans d’autres domaine où elle a récupéré tant de choses appartenant aux Etrangers !.../..."
Etranges étrangers.... (ce sont les Corses qui ont commencé, avant qu’ils ne soient français...), cette discussion est puérile car elle cherche à caractériser des habitants d’un état qui seraient censés être ceci ou cela. Mohamed est le miroir de toujours de cette attitude qu’on retrouve partout et en France également.
Des tensions comparables ont habité sur les questions des libertés et des droits de l’homme tous les peuples, à des périodes differentes mais....
Dire que les français , les anglais et les américains auraient été à l’origine de ce qui est un désir universel c’est gommer ce qui a toujours existé : la lutte à l’intérieur des peuples entre des tendances absolutistes et des tendances de ces peuples à vouloir être libres.
Enrégimenter les droits de l’homme qui seraient d’un état ou d’un autre sert simplement à couvrir des crimes et des malfaçons, ainsi quand la soldatesque policière de Sarko agresse les libertés de gens de diverses nationalités (dont françaises) c’est bien un autre épisode entre ceux qui sont pour les droits de l’homme, la liberté de circulation, le respect des personnes face à ceux qui combattent ces droits car ils sont pour eux freins de leurs pouvoirs.
La bataille en france pour les droits de l’homme n’est pas terminée, et elle oppose toujours, des siècles après, des français à d’autres français. des humains à d’autres humains.
Le sarkozisme est l’expression confuse de cette fureur liberticide, celle qui s’en prend à l’autre part de l’âme de son peuple : celle qui est avide de libertés, qui ne se satisfait pas des oppressions et des humiliations, celle qui s’essaye à l’universel.
Deux théories du complot s’opposent l’une à l’autre, la déconstruction de l’une ne fait pas vérité de l’autre.
Mais l’une au moins utilise la méthode du doute pour avancer, ne repose pas sur le langage d’autorité et d’émotion des pouvoirs dominants (politique, policier et médiatique, unis en sainte alliance).
Nous connaissons les effets de l’utilisation politique par la faction néo-conservatrice aux USA et en Europe des évenements du 11 septembre 2001 : Transformer des états en chaos sanglants (Irak et Afghanistan), "paranoïer" le monde pour imposer des limitations aux droits de l’homme, aux libertés de circulation des populations, relégitimiser la torture, etc.
Les effets de l’instrumentalisation de ces évenements sont immenses.
On connait donc le bout du bout de ces évenements. Mais cela fait-il preuve d’un scénario de départ ?
Le doute méthodique, la discussion pas à pas de chaque élément d’une multitude de puzzles, devient si j’ose dire un devoir sacré. La superficialité des montages technico-affectifs par de puissants médias ne fait pas livre d’histoire comme le prétend le philosophe. Ni vérité.
En fait, si nous discutons en ce moment de tout cela, avec passions, raison, doutes, et toutes les émotions intellectuelles possibles c’est qu’enfin nous en avons possibilité. Cela n’était pas possible avant le net.
C’est ce média qui nous permet de répondre à ce qui passe dans le Monde (canal historique), avec une liberté qui n’existe pas dans ce journal. J’ironise dessus mais bon c’est de bonne guerre par rapport aux manipulateurs grossiers du débat.
Mais il demeure que nous n’avons pas forcement avancé sur la verification de ce qui c’est réellement passé le 11 septembre 2001 (alors que pour le 11 septembre 1973 , on sait).