Je suis bien d’accord avec Thirqual, le polycarbonate formé à partir de bisphénol a des propriétés chimiques - et donc biologiques, puisque la vie, ce n’est que de la chimie, non, à moins d’être vitaliste ? - totalement différentes de ce dernier. L’ester formé est beaucoup plus inerte. On peut, pour s’en faire une petite idée, comparer les propriétés gustatives de l’huile de palme (ester) et de la glycérine (alcool qui est obtenu lors de la saponification de l’huile de palme), et du savon, qui est l’autre résidu de l’opération précédente.
Vous avalerez sans problème l’huile de palme, tandis que la glycérine et le savon vous tordront les boyaux. Cependant l’intestin contient des enzymes capables d’hydrolyser lentement cette huile, sans dommage pour lui-même.
Le gros souci avec tous ces polymères, et c’est bien entendu valable pour les polycarbonates, est qu’ils ne sont pas totalement inertes, et peuvent être transformés en leurs réactifs initiaux - ici bisphénol et dioxyde de carbone - par l’eau en présence de certains catalyseurs dont font partie des enzymes naturelles peut-être contenues dans le lait par exemple. Mais d’autres substances peuvent servir de catalyseur, en particulier des acides, même faibles.
Donc, a priori, en appliquant les règles classiques de la chimie, il peut y avoir danger, et je déplore que certains chimistes organiciens - je le suis également - aient encore trop d’oeillères pour accepter de se remettre en question.
Le bisphénol est assez semblable au DES (diéthylstilbestrol), car il comporte deux fonctions phénol qui le rendent fortement réducteur, et probablement capable de limiter le suicide cellulaire nécessaire à l’éradication naturelle des cellules précancéreuses.
Je fais miennes toutes vos prises de position. N’y aurait-il donc que dans le domaine scientifique qu’informaticiens et chimistes divergent ?
Serait-ce que nous avançons chacun une définition différente de la méthode scientifique ?
C’est assez étrange, ne trouvez-vous pas ?
Il me semble que la déification de la santé est le point crucial qui nous sépare. La prolongation de la durée de vie est devenue le « graal » moderne, à défaut de vie éternelle. Et évidemment, tous les abus sont alors possibles, au nom de cette nouvelle « foi ». Dont l’inquisition.
Pour nous chimistes, qui connaissons les mécanismes intimes de la réaction chimique et biochimique, il n’y a qu’une seule chose qui compte : la compréhension des phénomènes et cela sans les dogmes qui ont été introduits par les biologistes. Seules les lois vérifiées de la physicochimie doivent nous guider dans cette recherche.
La connaissance des processus qui ont lieu dans la cellule n’est pas le propre du médecin. Au contraire, ce sont les chimistes et biochimistes qui sont le plus à même de les évaluer.
Par contre, un médecin se doit de connaître la clinique, compétence qui se perd au point qu’un pourcentage impressionnant d’entre eux est désormais incapable de diagnostiquer seul une rougeole.
Heureusement, de plus en plus de médecins demandent une formation plus approfondie...