Scientifique, créateur d’entreprises. Observateur de la res publica depuis de nombreuses années, de plus en plus concerné et préoccupé par la tournure des évènements.
Mais pour installer ces supermarché coopératifs, il faudra des autorisations. Savez-vous comment ça se passe dans les commissions qui les délivrent ? Il est à craindre que dans 10 ans, on en soit encore à la phase de création...
En ce qui concerne les stations-service, j’ai une voiture et une pompe habituelle moi aussi. Mais si cette pompe doit être boycottée, je ferai avec plaisir l’effort d’aller dans une autre.
En ce qui concerne l’interdiction du boycott, cela n’a pas empêché le boycott de Total après le naufrage de l’Erika, avec un certain impact pendant quelque temps. Donc, ce doit être possible. De toute façon, vu la camisole législative actuelle, et qui va en se renforçant, il faut accepter de marcher sur quelques lois iniques pour agir. Ou accepter pour toujours de devenir des moutons esclaves.
Mais avant, il faudrait un tout petit rien, un petit détail : reprendre le pouvoir. Parce sans ça, il n’y a aucune chance de voir une vraie concurrence s’appliquer. Quand on voit comment les "class actions" ont été passées à la trappe.
Je suggère ici une autre idée qui serait applicable avec un peu d’organisation et de discipline des consommateurs : le boycott tournant.
Voyons de quoi il s’agirait avec un exemple : les distributeurs de carburants. Ils réalisent tous, sur notre dos, des profits scandaleux, probablement grâce à une entente (c’est la définition d’un oligopole cartellisé comme il en existe dans de nombreux autres secteurs). On ne peut pas les boycotter tous, car il nous faut du carburant pour continuer à vivre et travailler. Les pétroliers le savent et se croient donc bien à l’abri.
Pourquoi donc, objecterez-vous, en attaquer un alors que tous sont fautifs ? Eh bien, je propose quand même d’en choisir un, au hasard (il faut surtout que ce soit au hasard, par exemple par un tirage) et de le boycotter "à mort", c’est à dire jusqu’à ce qu’il abaisse ses prix très significativement ou jusqu’à ce qu’il soit obligé de se vendre.
Le message adressé aux autres devrait les faire réfléchir...
Ce système serait applicable à tous les oligopoles, donc également aux grandes surfaces. Et là, les politiques ne devraient pas pouvoir les aider.
Pour que cette crise, prévisible et prévue, ne nous apporte pas que "du sang, de la sueur et des larmes", il faut prendre acte de ce qu’elle démontre avec éclat et en tirer toutes les conséquences.
Le discours du TINA ("There Is No Alternative") que nos soi-disantes élites nous serinent depuis près de 30 ans n’est qu’une escroquerie destinée à les enrichir et - parallèlement - à nous appauvrir. Ce discours a perdu toute crédibilité morale et pratique.
Morale, avec la nationalisation des pertes (Northern Rock par la Banque d’Angleterre, subprimes par la Fed et le reste à venir). Les beaux discours sur la déréglementation, le moins-d’Etat, le marché-a-toujours-raison, la responsabilisation-des-acteurs, la libéralisation sont oubliés dès lors qu’il s’agit, pour ceux qui se sont empiffrés, de sauver leur fortune personnelle. Je les imagine se dire entre eux, en se tapant sur les cuisses : "On les a bien eus ! C’est pas vrai, ils y ont cru, ces pauv’ cons !"
Pratique, car voilà 20 années de pseudo-croissance qui partent en fumée. Ces soi-disantes élites se révèlent incapables de conduire l’économie, nos pays et la planète.
Dans ces conditions, leur pouvoir n’est plus légitime et il faut le leur retirer. Il faut restaurer notre contrat social dans son état d’avant sa démolition par ces vandales. Entre autres, il faut redonner à l’Etat - c’est-à-dire à nous - sa capacité à créer la monnaie. C’est impossible, l’Europe l’interdit ? Il faut donc refonder l’Europe sur d’autres bases ou en sortir.
Nous pourrons difficilement faire pire que la politique de ces 30 dernières années. Et si nous faisons seulement plus juste, ce serait déjà un immense progrès.
Voilà à quoi pourrait - et devrait - servir cette crise.
"On voudrait détruire l’École publique un peu plus en y accélérant le désordre qu’on ne s’y prendrait pas autrement."
Mais oui, c’est précisément le but poursuivi. Je remets ci-dessous un extrait du commentaire que j’avais écrit sur un autre article concernant l’Université.
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Les cuisines du néolibéralisme - OCDE, OMC, Europe, etc. - écrivent les recettes pour privatiser tous les services publics. L’enseignement figure aussi au menu, en bonne place.
Voici un extrait d’un texte, écrit par un petit Machiavel de l’OCDE, Christian Morrisson.
"[...] Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population."