Scientifique, créateur d’entreprises. Observateur de la res publica depuis de nombreuses années, de plus en plus concerné et préoccupé par la tournure des évènements.
"devant tous ces silences de laches prudents peut on parler d’ajustement et d’ocde..."
Mais oui, je le pense. Sans plan, sans ligne définie à l’avance, comment expliquer le lynchage de ce prof par sa hiérarchie jusqu’au ministre ? Comment expliquer que le procureur ait poursuivi ? comment pourrait-on imaginer que tous ces politiques et leurs hauts fonctionnaires manquent à ce point à leur devoir ?
Mais vous avez raison sur un point qui mériterait d’être analysé : comment se fait-il que les syndicats de l’EN n’aient pas défendu le prof ?
Suite à ma demande de trouver des publications de l’OCDE qui défendent les services publics, vous répondez "Il est très facile de trouver des documents de l’OCDE défendants les services publiques" et incluez une citation que je remets ci-dessous :
Recommandations
De nombreuses données attestent que la première priorité pour l’équité est le dispositif d’éducation et d’accueil des jeunes enfants, ainsi que les mesures de politique publique destinées à améliorer les conditions de vie des jeunes enfants. Si l’accès à ce dispositif est payant, le coût à la charge des familles doit être modeste, et nul pour celles qui n’ont pas les moyens de payer.
L’éducation de base reste une priorité pour l’équité parce qu’elle couvre l’ensemble d’une cohorte. Dans ce secteur, une attention particulière doit être accordée aux efforts visant à soutenir la performance des élèves en difficulté.
En cas de contrainte budgétaire, les budgets publics alloués à l’enseignement supérieur sont rarement une priorité pour l’équité. Les pays où le dispositif d’éducation et d’accueil des jeunes enfants est payant mais l’enseignement supérieur est gratuit doivent revoir leurs politiques.
Les pays qui conditionnent les allocations familiales pour les enfants d’âge scolaire aux résultats scolaires doivent revoir leurs politiques, car ce type de mesure peut en fait encourager le décrochage.
Eh bien, moi, je ne vois dans cette citation aucune allusion ou défense du service public de l’éducation. On comprend, entre les lignes, qu’il est question d’une politique d’allocations aux plus démunis, mais dans le cadre d’un service payant et donc, très vraisemblablement, privé. De plus, nous lisons dans votre citation que l’enseignement supérieur gratuit "n’est pas une priorité"...
Il n’y a dans cela aucune contradiction avec le cahier de 1996 cité. Bien au contraire, il s’agit d’appliquer le principe du "diviser pour mieux régner" développé tout au long de ce cahier et dont je cite, à nouveau, un extrait :
Page 25 : [...] Par ailleurs, si l’on réduit les salaires des fonctionnaires, des secteurs stratégiques (l’armée ou la police, par exemple) peuvent être exemptés. Le gouvernement doit s’efforcer de coaliser ces divers groupes en faveur de l’ajustement. [...] Mais il faut éviter que ce mouvement s’étende à toute la population urbaine, en se ménageant par des actions discriminatoires le soutien de divers groupes, afin de constituer une coalition opposée. Il est souhaitable, par exemple, de limiter les réductions de salaire aux fonctionnaires civils et d’accorder une aide bien adaptée à des familles pauvres. Cette stratégie permet de gagner des soutiens, sans en perdre, puisque beaucoup de fonctionnaires civils auraient été de toute façon hostiles à l’ajustement.
Ainsi, à votre corps défendant, vous confirmez l’engagement de l’OCDE dans la privatisation de l’Education nationale. Nous apprenons aussi que les sociétés privées qui remplaceront cette institution seront subventionnées. On s’en doutait un peu, figurez-vous...
Vous avez accusé l’auteur et moi-même de désinformation et maintenant d’insulte à votre noble égard. Ecrire que vous défendez l’OCDE parce que vous en êtes très proche ne devrait pas être une insulte, au moins pour vous. Contrairement à vous, je ne dis pas que "vous n’avez rien à faire ici". Je me sens tout à fait de taille à réfuter, point par point, vos affirmations. C’est ce que je fais.
A ce propos, vous affirmez - encore ! - que : "L’avis de l’auteur n’est ici pas étayé par les faits mais par un seul extrait d’une vieille publication qui n’engage que son auteur." Vous espérez nous avoir à l’usure ? Vous savez très bien que j’ai complété le "seul extrait" par 3 autres du même cahier.
De plus, à preuve de l’orientation ultra-libérale de l’OCDE, j’ai évoqué l’élaboration - secrète - de l’AMI par l’OCDE. Je note que vous restez prudemment silencieux sur ce sujet...
Soutenez-vous que l’orientation politique de l’OCDE aurait changé depuis moins de 10 ans ?
Cet article et sa discussion ont mis en lumière une politique de destruction des services publics et sa stratégie planifiée de longue date avec le soutien de l’OCDE. Et c’est cela qui vous gêne.
Vous affirmez : On va donc trouver parmis ses ouvrages [de l’OCDE] des éléments très favorables au libéralisme comme d’autres favorables au contrôle des politiques publiques par l’Etat ou pro-environnement.
Affirmer, c’est bien, prouver, c’est mieux. Vous connaissez bien l’OCDE, n’est-ce-pas ? il vous serait donc facile de trouver ses publications qui défendent les services publics...
Pour l’instant, dans mon programme politique, j’inscris : prévoir l’ajustement de l’OCDE. Il me reste juste à évaluer la faisabilité politique de ce programme.
Ainsi, j’avais deviné juste : "Voltaire" a travaillé pour l’OCDE...
Et il persiste à 17h24 :
[..] extrapoler la vision d’un organisme comme l’OCDE à patir d’un court extrait d’une seule publication relève de la totale mauvaise foi.
Sur le prétendu "court extrait", cf. ma réponse de 15h04, plus haut si le placement de ce commentaire est correct : TOUT le cahier, 42 pages, décline la même idée.
Sur l’orientation politique de l’OCDE, illustrée par l’AMI (cf. aussi mon commentaire de 15h04), lui aussi vieux de 10 ans, pas de réponse, chut, c’est oublié. Tiens, ça me rappelle quelqu’un qui nous avait dit : "j’ai changé"
"Le court extrait d’un obscure rapport des années 90 mentioné dans ce rapport n’a aucun lien avec la position del’OCDE sur l’éducation. En retirant de son contexte un court paragraphe d’une publication, on peut faire dire ce que l’on veut. Cela s’appelle de la désinformation."
"Obscur rapport" ? Les Cahiers de Politique Economique étaient une des principales publications en série de l’OCDE, destinée aux décideurs (étaient, car ils semblent avoir opportunément disparu du site de l’OCDE).
Sur le fait que ce paragraphe soit hors contexte, j’ai déjà répondu, mais comme vous vous acharnez sur ce point, je vais enfoncer le clou, pour que chacun puisse décider qui fait de la désinformation.
Page 23 : Ainsi, toute politique qui affaiblirait ces corporatismes serait souhaitable : d’un point de vue économique, cela éliminerait des entraves à la croissance et, politiquement, le gouvernement gagnerait une liberté d’action qui peut lui être précieuse en période d’ajustement. On objectera que cette politique soulèvera des résistances, mais il vaut mieux que le gouvernement livre ce combat dans une conjoncture économique satisfaisante, qu’en cas de crise, lorsqu’il est affaibli. Cette politique peut prendre diverses formes : garantie d’un service minimum, formation d’un personnel qualifié complémentaire, privatisation ou division en plusieurs entreprises concurrentes, lorsque cela est possible.
Page 25 : [...] Par ailleurs, si l’on réduit les salaires des fonctionnaires, des secteurs stratégiques (l’armée ou la police, par exemple) peuvent être exemptés. Le gouvernement doit s’efforcer de coaliser ces divers groupes en faveur de l’ajustement. [...] Mais il faut éviter que ce mouvement s’étende à toute la population urbaine, en se ménageant par des actions discriminatoires le soutien de divers groupes, afin de constituer une coalition opposée. Il est souhaitable, par exemple, de limiter les réductions de salaire aux fonctionnaires civils et d’accorder une aide bien adaptée à des familles pauvres. Cette stratégie permet de gagner des soutiens, sans en perdre, puisque beaucoup de fonctionnaires civils auraient été de toute façon hostiles à l’ajustement.
Page 31 : [...] Par exemple, si l’on réduit les salaires des fonctionnaires, il faut les baisser dans tel secteur, les bloquer en valeur nominale dans un autre, et même les augmenter dans un secteur clé politiquement. Si l’on diminue les subventions, il faut couper celles pour tels produits, mais maintenir en totalité celles pour d’autres produits. Le souci du détail ne connaît pas de limite : si les ménages pauvres consomment seulement du sucre en poudre, on peut augmenter le prix du sucre en morceaux pourvu que l’on garde la subvention au sucre en poudre.
Me faut-il continuer ? TOUT ce cahier est cynique et nauséabond. Les recommandations qu’il contient semblent bien appliquées encore aujourd’hui. Machiavel a été écouté.
Toujours sur le contexte, mais dans un sens plus large, nous savons tous - ou devrions savoir - que la mission fondamentale de l’OCDE est de faire la promotion du capitalisme mondial sans entraves (= l’ultra-libéralisme).
Les services publics sont la seule richesse de ceux qui n’ont pas de patrimoine. L’éducation est le seul carburant pour faire fonctionner l’ascenseur social sur la base du mérite. Privatiser l’éducation revient à réserver la meilleure à une seule classe sociale. Aucun républicain sincère ne pourrait l’admettre.