La raison pour laquelle je préfère largement les thèses altermondialistes à la gauche, malgré mes origines de gauche, est mise en évidence dans cet article.
Les altermondialistes s’intéressent aux causes, aux effets, aux forces économiques et sociales, mais surtout économiques, en affrontement. Il s’agit d’une analyse du monde économique et financier tel qu’il est et qui force à comprendre comment il fonctionne pour le réorienter.
Les gauchistes, ce n’est que des bonnes intentions au départ, certes, mais ça part toujours très vite dans la conviction intime, l’affectif et l’émotionnel, les notions floues comme l’honneur, la droiture. Le faible a automatiquement raison, le fort a automatiquement tort. On se trompe d’ennemi en permanence « a bas la droite, le racisme et la guerre » sans se poser la question de pourquoi il y a du racisme, pourquoi il y a la guerre et pourquoi beaucoup de gens sont de droite. Bon, je caricature, mais quand même, y a un rien de ça chez les militants du PS, qui est assez fatigant.
Dénoncer le FN, c’est bien, certes, mais dénoncer ce qui a permis au FN de prendre son essor et de remporter de l’adhésion, c’est évidemment encore bien mieux et ce serait dix mille fois plus pertinent pour lutter contre. Et donc, ça revient finalement à lutter contre le libre-échange, les privatisations, le pouvoir des marchés. Comme les gens s’en foutent de tout ça du moment qu’ils ont le dernier Iphone, ces sujets ont été accaparés par le FN, à la plus grande joie des néo-libéraux qui vont se servir du FN comme bouclier pour repousser toute tentative de réorientation idéologique de la structure socio-économique actuelle.
Parce que l’essor récent du FN, ce n’est pas qu’à cause du charisme et du pouvoir de persuasion que possède indéniablement la mère Le Pen, même si ça aide, mais il s’agit avant tout du rouleau-compresseur financier et socio-économique néolibéral qui met les gens dans la merde et répand la misère et l’exploitation humaine au profit de quelques-uns et au détriment de tous les autres. Et là-dedans, j’inclue l’arme atomique qu’est le libre-échange et la finance (cette dernière leur a d’ailleurs pété à la gueule récemment, le problème, c’est que c’est les populations qui payent), des choses dont 99% de la population se fout royalement, sauf quand ils sont touchés par les problèmes, et dans ce cas là, c’est la faute aux politiques qui sont tous pourris. C’est la faute a Sarko !!!! Alors que Sarko n’a qu’une importance relative dans ce qui se passe, évidemment. Il est clair que son style est tout ce qu’il y a de plus pathétique, mais sur le fond, ce n’est que l’exécutant zélé de l’idéologie néolibérale. Le gauchiste classique se contente de se focaliser sur Sarkozy, alors que ce qui compte, c’est de comprendre la réalité de ce qu’est le libre-échange, de l’arnaque des endettements souverains des pays financiers occidentaux qui sont mis au service des financiers par ce biais (c’est en cours en Europe là depuis deux ans, les grecs en savent quelque chose, les italiens aussi !).
Franchement, je ne sais pas quel est le pire :
1. mettre les fachos au pouvoir, qui nous font la promesse de nous sortir du carcan néolibéral (avec certes, une forte probabilité pour que ça échoue lamentablement) au prix d’une perte des valeurs républicaines et démocratiques. 2. continuer à mettre les néolibéraux, même les « moins pires » style Hollande, au pouvoir, qui sont l’équivalent pour moi d’une extrême-droite économique, qui va de toute façon ruiner les démocraties occidentales et provoquer une perte inévitable des valeurs républicaines et démocratiques, en plus de la ruine socio-économique annoncée (mais avec des super-profits pour les grosses boites).
Je sais que dans un cas, les gens sauront lutter contre les atteintes graves à la République. Parce que tout le monde est sensibilisé au racisme et à la nécessité de lutter contre (sauf les indécrottables fachos). Mais les gens sont démunis face au danger de ce qu’est le libre-échange et de l’endettement d’état sur les marchés financiers, qui constitue un danger bien plus subtil et plus pervers quelque part.
Au-delà de l’alternative FN / partis pro-libre-échange (PS, EELV, UMP, centre), il reste toujours Mélenchon, certes. Je n’aime pas spécialement Mélenchon, en revanche, je voue un culte à son économiste Jacques Généreux, qui me donne un mince espoir. Je pense que je voterai Mélenchon. (Oui, tout ça pour en arriver là !!!)
Roh la la, mais vous inquiétez pas, elle les aura ses signatures, elle est trop précieuse pour Hollande et Sarkozy et leur garantir un deuxième tour gagné...
J’ai entendu parler des thèses du monsieur en question.
Et non, il ne parle pas que de fidélité masculine, d’après ce que j’ai lu, ça a plus l’air d’un parti-pris pour décrédibiliser le sociologue plutôt qu’autre chose. Et il ne dit pas que FORCEMENT, on va finir frustré dans la relation. Il dit que SI (ET SEULEMENT SI) C’EST LE CAS, ALORS il vaut mieux aller voir ailleurs avec l’accord de son/sa partenaire.
Par exemple, si monsieur ou madame a une libido bien moindre que son/sa conjointe, il n’y a aucune illégitimité à se mettre d’accord pour que le partenaire à forte libido puisse assouvir ses pulsions ailleurs, tout en restant par ailleurs un bon partenaire de vie. Donc non, il n’y a rien d’ « évacué » par le sociologue, ça c’est une interprétation tordue de l’auteur. L’article est un tissu de mauvaise foi.
François Hollande ne veut pas prêter le flanc à la critique avec un
projet trop vite défloré et par ailleurs très difficile à figer tant les
conditions économiques et sociales demeurent délicates et fluctuantes à
la fois sur le plan intérieur et international
Tu m’étonnes Elton. Si on parlait programme et questions socio-économiques (les trucs sérieux quoi) plutôt que « Sarkozy il est tro nul », Hollande serait instantanément décridibilisé. Il fait très très bien de ne pas parler de son programme, c’est ce qui le sauve et en même temps, ça risque de lui jouer des tours.
Pareil, on ne l’entend pas. Il croit ainsi se protéger de toute polémique. Mais il rend furieux les gens comme moi, qui veulent des gens de poigne, qui prennent les problèmes à bras le corps, pas des espèces de larves consensuelles.
Quant aux conditions socio-économiques, c’est précisément parce qu’il ne compte pas y changer grand-chose qu’il n’en parle pas. Ou comment ne faire aucune promesse qu’il ne sera de toute façon pas capable de tenir tellement il ne compte rien remettre en cause du paradigme européiste et néolibéral actuel.