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knail

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Microscopiques, macroscopiques, les questions qui grattent là où ça démange m'intéressent au plus haut point. Je me réjouis de la découverte de la valeur des choses qui en principe n'en ont pas et m'agace des revendications de celles qui pensent en avoir. Un peu compliqué je recherche une simplicité surtout pas trop frontale.

Tableau de bord

  • Premier article le 17/05/2016
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Derniers commentaires



  • knail knail 31 mai 2016 12:55

    @gnarf

    Je ne perçois pas dans votre témoignage quelque chose de foncièrement différent de ma propre expérience, sinon évidemment la souffrance ressentie... ce qui change tout. .. !
    La perception de la parcimonie d’une époque et de la réalité économique actuelle, est bien palpable . Mon témoignage la relate aussi. Je n’emploie pas ce terme de ’parcimonie’ par euphémisme, mais parce que je m’interroge encore sur les critères. C’est vrai qu’en tant que Belgo-Français, je peux me payer ce luxe de l’interrogation...
    La Belgique, comme je dis souvent lorsque je reviens de Pologne, déborde, dégorge jusque sur les trottoirs de son superflu. J’ai peine à ouvrir la porte de la maison quand je rentre à Bruxelles, à cause de tout ce qui a été déposé dans la boîte aux lettres en mon absence. Je suis déjà resté coincé dehors à cause de cela. En Pologne, aujourd’hui encore, chez moi, toujours rien ou à peu près. Quelques prospectus pour l’importante entreprise de fabrication de tracteurs à l’épicerie, et de temps en temps un catalogue de la même entreprise, toujours sur le comptoir de l’épicerie. A l’épicerie où l’on coupe l’ampoule du frigo quand le client s’en détourne. C’est tout. Je ne trouve pas cela franchement et forcément négatif. Faire attention à la lumière et à la note d’électricité, c’était la réalité dans mon enfance, je n’en ai conservé aucun traumatisme. Mais dans ces questions il y a toujours en jeu la comparaison. Peut être que Adrian l’épicier se sent humilié de devoir faire ainsi attention à la lumière alors qu’il sait que pour moi cela n’a à peu près aucune importance.
    j’ai connu enfant la joie de découvrir les très grandes surfaces commerciales, comme elles fleurissent partout en Pologne maintenant. Lorsqu’il n’y en avait pas en percevait on le manque ?
    Un ami polonais collègue de longue date qui étrennait son énorme 4x4 flambant neuf, me faisait lui même cette réflexion : tu vois, cette voiture j’en rêvais depuis des années. Avec mon fils, il y a quelques années nous avions fait une photo devant ce même modèle, et je m’étais promis que nous en aurions une à nous un jour. Et bien maintenant que je l’ai, tu sais quoi... ça ne me fait rien ! Et je trouve cela plutôt bête. Je dois être malade tu ne penses pas... ?
    Voilà résumé en une prise de conscience fulgurante, de quelques heures, toute la contradiction de la société de consommation. Exploiter le désir à outrance pour se rendre compte, le désir satisfait, de son inanité.
    J’avoue que c’est facile à dire, et je ne me serais pas permis d’en parler à propos de la Pologne, je suis bien trop mal placé pour cela, si ce n’était pas justement un polonais, qui a connu lui aussi les pénuries dont vous parlez, qui m’avait fait cette réflexion.

    C’est je crois cette part de relativité possible, évidemment dans certaines limites, en regard de la possession de bien matériels et d’un certain superflu, d’un certain confort, qui a permis à ces villageois dont je relate un moment d’échange, de relativiser les pénuries du communisme, comme leurs ancêtres avaient dû le faire des pénuries issues de la spoliations de la noblesse polonaise, très avant dans le XXième siècle, comme d’ailleurs ils sont contraint de le faire aujourd’hui face à la réalité économique difficile. Mais cela toujours dans une générosité et un accueil incontournables. Cette façon de faire le gros dos en attendant que ça passe et de parvenir malgré tout à revendiquer que la vie est et était bonne et que, l’on y est heureux, est pour moi source de réflexion et peut être bien de sagesse.
    Sans aucune volonté d’idéaliser. Et aussi de repréciser que si les polonais que je connais ne dénigrent pas totalement le communisme qu’ils ont vécu, ils ne rêvent pas pour autant de son grand retour. et me semblent assez clairement préférer la réalité d’aujourd’hui.

    Vous dites que par ailleurs si les gens se rencontraient c’est parce que il n’y avait rien d’autres à faire. Soit, c’est ce que disaient les cousins de mon père ici à la campagne, en Belgique.
    Et aujourd’hui qu’il y a à faire, avec la télévisions, les gens sont enfermés chez eux et ne se rencontrent presque plus, en Belgique et en Pologne.
    C’est vrai qu’il y a les vacances en Grèce, en Égypte ou aux états Unis, (alors qu’avant c’était plutôt l’Ukraine, la Yougoslavie ou la Tchécoslovaquie) mais je n’ai pas perçu que mes connaissances polonaises qui avaient accès à ces voyages étaient plus épanouies ou heureuses que les autres, et qu’ils en étaient revenus pleins de nouvelles rencontres et d’amis.

    Maintenant, sans l’ombre d’un doute il est sûr que pour d’autres le communisme a dû être la cause de grands tourments et souffrances, surtout peut être en ville, mais il en est de même de beaucoup jusqu’à ce jour en raison du capitalisme féroce et triomphant, partout où le capitalisme s’est instauré. Il est vraisemblablement fort difficile aujourd’hui aux jeunes Polonais des villages de ne pas se sentir frustrés de tout ce que la société de consommation fait miroiter devant leurs yeux.

    Je ne veux surtout pas faire d’équivalence - renvoyer dos à dos communisme et capitalisme - il n’y en a pas, mais observer ce que finalement les gens sont parvenus et parviennent à faire de leur vie aujourd’hui et hier en dépit de leur environnement.

    Oui, bien d’accord avec vous, cette loi d’interdiction est stupide, et peut être même dangereuse.

    Bien cordialement.

    Knail



  • knail knail 31 mai 2016 10:36

    @CN46400

    Bonjour,

    A propos du : ...« même s’il est assez vide du point de vue de la critique objective du « communisme »
    je vous rejoints tout à fait, et suis heureux d’ailleurs qu’il n’ai en général pas plus été perçu comme une apologie que comme une critique, même au sens d’analyse du terme.
    Mon propos n’était pas là.
    D’ailleurs j’ai écris dans l’un ou l’autre fil qu’il faudrait bien que je m’attelle un jour aussi à cette « critique ». Le défi est de taille, motivant. Mais à tout bien penser, cela m’embarrasse aussi en partie. De notre point de vue d’occidentaux, sans grand mérite, triomphants, riches en général comparativement à bien des endroits de la planète, cela me donne la désagréable sensation d’aller sans pudeur distribuer les bons et les mauvais points. Je me trouve assez mal placé pour cela dans la conscience que j’ai des contradictions du lieu d’où je parle, de la société qui a formé et déformé mon regard. Ce serait en tout cas la grande difficulté de l’exercice.
    Ce qui a été pour moi une sorte de « coup de bambou », le déclencheur aussi pour cet article, c’est cette protestation modeste : nous ne manquions de rien et nous étions heureux !
    Points de vue je le reconnais aisément extrêmement limité en terme d’analyse, mais peut être pas tant que cela en terme de vie vécue. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai lourdement insisté dans ma description sur le contexte du récit.
    Sans compter ce que cette protestation apporte justement à une réflexion plus analytique.

    Je crains toujours que du haut de nos triomphes, même si pour la plupart, honnêtement nous nous en défendons, nous écrasions d’une certaine suffisance ce qu’ont été les vies des gens, et dans mon article tout particulièrement des gens humbles. j’ai tenu ici à leur laisser la parole parce que j’ai perçu quelle nous transmettait aussi quelque chose d’important, au delà de toutes les analyses critiques.

    Au plaisir.

    Knail

    PS : Ces propos n’enlèvent rien à la nécessité, plus que jamais nécessaire, de l’analyse plus globale des systèmes, bien entendu !



  • knail knail 31 mai 2016 09:33

    @Jelena

    Bonjour Jelena,
    je reviens à votre premier commentaire dans lequel vous dites, un peu humoristiquement je présume :
    « ...le PC fait un score de proche de zéro, donc interdit ou pas, ça ne changera pas grand chose... »
    Je ne pense pas pour ma part, qu’imposer un interdit dans un espace donné cela ne change pas grand chose. Ca révèle en tout cas quelque chose que j’ai du mal à cerner : une crainte, une haine...
    Si comme vous le dites, le PC est mort, il n’y a aucune raison d’imposer par force de loi de débaptiser des noms de rues, de ponts, de détruire des monuments... cela se ferait naturellement de soi-même. Sans compter que les interdits appellent naturellement la transgression, les protestations, la résistance. Pour finir, on commence avec le communisme sous prétexte de totalitarisme - comme si le catholicisme pendant des siècles n’en avait pas été lui même une forme de totalitarisme - n’en est il d’ailleurs pas encore une un peu en Pologne justement ...- et on continue ensuite avec quoi ?
    La négation de l’histoire, l’impossibilité de penser la complexité, la tentative de réduction de la réalité à une caricature, n’augure rien de vraiment bon, et je dois dire que je suis inquiet de ce qui se passe pour le moment à Varsovie. Comme vous dites, on a déjà tellement tout cassé, qu’il serait temps de faire avec ce que nous avons. On ne peut perpétuellement tout reprendre à zéro. La ’tabula rasa’, l’idéologie de la rupture totale, chère au début du XXième siècle ça commence à dater, et ça a montré ses limites.
    Mais bon, les populations et les gouvernements vivent dans des réalités parallèles qui ne se rencontrent que rarement, en tout cas pour le moment.

    Au plaisir.

    Knail



  • knail knail 31 mai 2016 08:56

    @roman_garev

    Peut être en rapport avec cette mélancolie et cette euphorie slaves... ?
    ’Encore’... désespoir ou espérance ... sentiment de finitude ou de recommencement...

    Cordialement.

    Knail



  • knail knail 31 mai 2016 07:23

    @wesson

    Vos commentaires sont fort intéressants. je n’ai malheureusement pas le temps de lancer un échange à propos de chacun d’eux.
    Mais je ne résiste pas à la tentation de vous faire part d’une petite anecdote qui illustrera votre propos.

    Atterrissant crevés à Varsovie, tard, directement de Bruxelles, où la mixité est si j’ose dire « intégrale », je me trouvais avec un grand ami polonais à déambuler au pied du Palais de la Culture, en attendant notre autobus.
    Tout d’un coup je le vois se retourner avec insistance. Une fois, deux fois, trois fois. Il me regarde un peu ahuri, et entraîne mon regard en direction d’une échoppe ambulante. Je n’y vois rien de particulier. Il insiste. Je m’exécute mais suis obligé de reconnaître que je ne vois toujours rien.
     Il finit par me dire... mais le type, là, le type de l’échoppe - Enfin quoi le type ? - Tu ne vois pas... ? - Non je ne vois pas ! ( en plus il faisait nuit et l’échoppe était à peine éclairée, disparaissant à peu près dans la pénombre !)
    - Mais c’’est un bamboula !

    Ensuite durant une ou deux minutes, la tête baissée il n’a pas cessé de s’interroger : un bamboula à Varsovie, un bamboula à Varsovie, ce n’est pas possible... Ce n’est pas possible, je rêve. Ils sont jusqu’ici maintenant.

    Cette petite anecdote m’a aussi permis de relativiser le réel contenu d’une expression à priori pour moi parmi les plus désobligeante. En réalité, cet ami, qui vit pourtant à Bruxelles, mais est originaire de la campagne, n’est pas à proprement parler ce que l’on peut appeler un xénophobe, sinon peut être au strict sens étymologique, la peur de l’étranger comme la peur de l’inconnu.. Simplement comme vous dites : « ça doit carrément leur faire tout drôle lorsqu’ils voient un black, les pauvres ils sont pas habitués comme nous »

    Cordialement.

    Knail

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