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Kookaburra

Kookaburra

Si les arts plastiques et surtout la peinture ont occupé la majeure partie de ma vie (enseignement et activité), je me suis tôt intéressé à la philosophie que j'ai étudiée parallèlement avant de devoir l'abandonner après deux ans. Mais les questions de nature philosophiques me passionnent plus que toute autre matière. Ayant vécu longtemps dans plusieurs pays je suis tri-culturel - anglais, allemand et français, et je parle couramment ces trois langues - comme une vache australienne.
A mon avis, chaque auteur devrait se présenter dans lespace prévue. On peut donner quelques indications sur sa personne tout en préservant lanonymat. Savoir un peu sur la personne facilite la compréhension de ses propos. Raison pour laquelle jajoute ici quelques lignes à ce que javais écrit il y a quelques années.
Elevé dans un milieu protestant peu pratiquant, je n’ai jamais fréquenté l’église. Agnostique, c’est-à-dire ni croyant ni non-croyant mais figé dans un doute permanent et peu confortable, je m’identifie quand même à la culture occidentale, et comme cette culture est imprégnée du christianisme, inévitablement, je le suis aussi. Donc, culturellement je suis chrétien, mais d’un christianisme épuré, simplifié, réduit aux dix commandements et surtout au message du Christ de non-violence et de l’amour, ce qui reste, bien entendu, un idéal, que je trahis continuellement.

Tableau de bord

  • Premier article le 21/03/2008
  • Modérateur depuis le 05/03/2010
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Derniers commentaires



  • Kookaburra Kookaburra 19 juillet 2012 21:29

     

    Quels sont les arguments contre laide à mourir  ?

    Il y a les raisons religieuses. On trouve quelque part dans le Deutéronome  : «  Cest moi qui suis Dieu, qui donne la vie et qui le reprends.  »

    Les raisons religieuses sont valables et même inattaquables, mais nous vivant dans la tradition libérale, héritée du siècle des Lumières. Nous ne pouvons pas invoquer cette tradition religieuse pour interdire leuthanasie au niveau de la société. Il faut trouver dautres arguments. Il y a largument dite de la pente savonneuse  : si lon commence à légaliser leuthanasie, jusquà où ira-t-on  ? disent les catastrophistes. Le nazisme nest pas loin  ! Mais largument nest pas excellent. Dune part parce que le rôle de la loi est justement de tracer les limites à ne pas dépasser, et dautre part parce quil na jamais été question de pratiquer une euthanasie contre la volonté des personnes. Il apparaît difficile dinterdire ce quon estime bon au nom de conséquences mauvaises qui restent des hypothèses. Si lon dépénalise laide à mourir en certaines circonstances bien définies par la loi, on noblige personne à faire quoi que ce soit. On donne une liberté négative. Avec des garde-fous. Aussi chaque médecin aurait le droit de refuser une aide à mourir pour des raisons personnelles.

    Tout projet de loi stipule que le malade doit se trouver en phase terminale, que sa volonté de mourir doit être constante depuis un certain temps, que le médecin traitant et un deuxième médecin indépendant ainsi quune autorité judiciaire doivent approuver la demande. Sous ces conditions draconiennes on voit mal un danger dabus. Difficile à comprendre aussi lopposition catégorique dune partie des praticiens et de la publique.

    La majorité des malades même au stade terminal restent attachés à la vie, et les médecins sont attachés à la prolonger. Mais la chose essentielle cest le respect de la volonté et de lautonomie de la personne, du patient. Chacun a une évaluation personnelle des conditions sous lesquelles la vie est encore vivable. La respecter nest-ce pas le plus important  ? Paralysé, aveugle et sourd voulez-vous vivre encore  ? A chacun de décider où sont ses propres limites par rapport à la perte dautonomie, à sa capacité à se sentir encore digne, à se sentir vouloir encore vivre. Se voir poser des sondes, gastrique, urinaires, respiratoires, est-il envisageable, supportable, et si non, on fait quoi  ?



  • Kookaburra Kookaburra 19 juillet 2012 16:03

    Bien que le sens étymologique de « l’euthanasie » est « la bonne mort », depuis les abominations nazies le mot est encombré d’une connotation sinistre. « Aide à mourir » est plus neutre.

    La vie s’allonge et les techniques de survie se perfectionnent. Il y a pratiquement plus de famille qui ne soit pas tôt ou tard confrontée à la question de l’aide à mourir. Le personnel soignant s’y trouve confronté aussi, car c’est maintenant à l’hôpital surtout que l’on meurt. C’est donc devenu un problème de société. La maîtrise de sa propre vie est une valeur fondamentale et la question se pose si cela englobe la possibilité de décider sa propre mort.

    Dans les pays de tradition libérale, où prime la notion de l’autonomie de la personne, ce qui importe c’est le degré de consentement des patients. Lorsque des patients en phase terminale de maladie subissent des souffrances constantes sans espoir de voir leur situation s’améliorer et qu’ils font la demande de manière répétée, volontaire et mûrement réfléchie, certains médecins et d’autres membres du corps soignant sont prêts à mettre à terme à leur vie (euthanasie active) ou à les aider à mettre fin à leurs jours (suicide assisté). Les médecins peuvent aussi être amenés à décider d’interrompre un traitement de survie en sachant qu’ils provoquent ainsi la mort du patient (euthanasie passive). Ces pratiques médicales largement connues ont le plus souvent un caractère très discret, voire secret, et bien qu’illégales dans la plupart des pays, elles sont rarement sanctionnées. Cette réalité comporte le plus haut risque des abus, et il faut combler l’écart entre la loi et la pratique.

    Le corps soignant des centres de soins palliatifs s’oppose catégoriquement à toute forme d’aide à mourir ou suicide assisté. On maintient qu’avec des soins palliatifs adéquats les malades ne demandent jamais l’aide à mourir. Même si cet affirmation est souvent vrai, elle n’explique pas complètement l’opposition des centre palliatifs, puisque l’aide à mourir et soins palliatifs ne sont pas contradictoires mais complémentaires. Il en va de soit que les médecins essaient par tous les moyens, y compris des soins palliatifs, d’encourager le malade à tenir bon et renoncer à une aide à mourir. Si certains considèrent la mort volontaire comme la pire des solutions, parfois c’est la seule.

    Le sujet provoque toujours des rejets brutaux et émotifs, parce que l’on craint qu’une brèche serait ouverte pour pouvoir se débarrasser des vieux et des handicapés. Mais le danger n’est réel tant que la pratique reste dans l’ombre, et c’est justement pour cette raison qu’une loi est nécessaire. La loi insiste sur la volonté du malade, exprimée d’une façon claire et répétée, et aussi sur le fait que le malade doit être « en phase terminale. » Encadrée par une loi tellement restrictive le danger d’abus semble pratiquement exclu. Mais elle exclut aussi beaucoup de malades qui, bien que dans un état pitoyable, ne sont pas moribondes. Lucides et souffrants , leurs demandes d’aide à mourir ne peuvent aboutir tant qu’ils ne sont pas « en phase terminale. »



  • Kookaburra Kookaburra 13 juillet 2012 12:40

    Quarante-cinq mille euros d’amende et un an d’emprisonnement : c’est ce que pourrait bien risquer une personne qui voudrait exprimer ce qu’elle pense au sujet du génocide arménien, en France. C’est cher payer l’expression de ses idées. Ainsi, cette loi, comme la loi Gaysot visant à châtier certaines personnes exprimant leurs opinions à propos du génocide commis contre les Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, bafoue l’un des droits les plus fondamentaux de l’individu : celui d’exprimer ses idées. En clair, le délit d’opinion existe dans notre pays. Rien que pour cette raison, cette loi doit être condamnée. Car c’est une manifestation d’intolérance, au sens exact du terme, c’est-à-dire le refus de la liberté d’opinion d’autrui.

    Une nouvelle forme de conformisme surgit. Autrefois oppressée, la société menace de devenir oppressive. D’émancipatrice qu’elle était au siècle des Lumières — en arrachant des libertés à l’État —, la société, éclatée en associations, communautés, groupes, lobbys, se révèle désormais dangereuse pour ces mêmes libertés.

    Max Gallo : « Pour l’historien, il n’est pas admissible que la représentation nationale dicte « l’histoire correcte, celle qui doit être enseignée ». Trop de lois déjà, bien intentionnées, ont caractérisé tel ou tel événement historique. Et ce sont les tribunaux qui tranchent. Le juge est ainsi conduit à dire l’histoire en fonction de la loi. Mais l’historien, lui, a pour mission de dire l’histoire en fonction des faits ».





  • Kookaburra Kookaburra 13 juillet 2012 12:17

    Excellent article. Je suis entièrement d’accord avec l’auteur. Sur le même sujet :

    http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=108397

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