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Kookaburra

Kookaburra

Si les arts plastiques et surtout la peinture ont occupé la majeure partie de ma vie (enseignement et activité), je me suis tôt intéressé à la philosophie que j'ai étudiée parallèlement avant de devoir l'abandonner après deux ans. Mais les questions de nature philosophiques me passionnent plus que toute autre matière. Ayant vécu longtemps dans plusieurs pays je suis tri-culturel - anglais, allemand et français, et je parle couramment ces trois langues - comme une vache australienne.
A mon avis, chaque auteur devrait se présenter dans lespace prévue. On peut donner quelques indications sur sa personne tout en préservant lanonymat. Savoir un peu sur la personne facilite la compréhension de ses propos. Raison pour laquelle jajoute ici quelques lignes à ce que javais écrit il y a quelques années.
Elevé dans un milieu protestant peu pratiquant, je n’ai jamais fréquenté l’église. Agnostique, c’est-à-dire ni croyant ni non-croyant mais figé dans un doute permanent et peu confortable, je m’identifie quand même à la culture occidentale, et comme cette culture est imprégnée du christianisme, inévitablement, je le suis aussi. Donc, culturellement je suis chrétien, mais d’un christianisme épuré, simplifié, réduit aux dix commandements et surtout au message du Christ de non-violence et de l’amour, ce qui reste, bien entendu, un idéal, que je trahis continuellement.

Tableau de bord

  • Premier article le 21/03/2008
  • Modérateur depuis le 05/03/2010
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Derniers commentaires



  • Kookaburra Kookaburra 1er septembre 2011 11:25

    Merci, Sylvain de votre commentaire intéressant. Beaucoup de homosexuels maintient que leur homosexualité est innée. La théorie du genre dit le contraire. Mais peut-on expliquer scientifiquement lorientation sexuelle ? Les explications génétiques sont très controversées dans la communauté scientifique, mais il semble peu probable que lorientation sexuelle soit génétique : il ny a pas de gène de homosexualité. Les psychologues avancent plusieurs explications, mais leurs théories se contredisent et ne tiennent pas compte de lensemble du milieu éducatif dans lequel lenfant grandit. Dans létat des connaissances daujourdhui, il faut bien reconnaître que nous ignorons totalement les causes de lorientation sexuelle. Naît-on homosexuel (ou pédophile etc.) ou serait-il un choix ? Malgré de nombreuses recherches sur la question on na pas trouvé une explication.



  • Kookaburra Kookaburra 30 août 2011 13:57

    Bonjour Dejiha,

    Je suis entièrement d’accord avec vous, mais je ne partage pas votre athéisme avec la comparaison excessive d’escargot. Ce n’est pas le lieu pour une discussion sur l’athéisme (que je respecte) mais je me permets deux remarques. Pour un athée il y a peu de différence en valeur entre la vie animale et humaine, comme vous le dites avec votre escargot. Mais, mis à part l’intelligence, il y a deux phénomènes qui me semblent faire une grande différence : la conscience morale et la faculté d’émerveillement. Ces deux phénomènes portent l’être humain vers la religion, et c’est peut-être pourquoi toute société humaine a toujours été religieuse, bien avant l’invention de l’Eglise. Moi je reste agnostique, c.-à-dire chercheur.



  • Kookaburra Kookaburra 30 août 2011 10:48

    A Garantua : «  La désacralisation de la vie  » est un argument religieux qui me semble valable. Le croyant aura évidemment difficulté à accepter une aide à mourir, puisque l’agonie, pour lui, fait partie essentielle de la vie. C’est un très bon argument et le seul qui me fait hésiter.



  • Kookaburra Kookaburra 30 août 2011 10:32

     

     

    LE DROIT DE VIVRE …. ET DE MOURIR

    L’euthanasie est une question extrêmement complexe qui nous amène au carrefour entre vie et mort, entre libre choix et croyance religieuse, entre thérapie et intervention médicale pour induire la mort  ; une question qui met mal à l’aise car elle nous confronte à la fin de notre propre vie.

    A l’origine, au sens étymologique, l’euthanasie c’est la bonne mort, donc quelque chose de bien. Puis le mot a pris une connotation plutôt négative et en est venu à s’identifier exclusivement à l’euthanasie active directe avec ou sans la volonté du sujet. On pense tout de suite au fait de tuer un patient. C’est pourquoi l’expression «  aide à mourir  » est préférable.

    Mais il y a trois formes d’euthanasie qu’il faut distinguer parce que l’on peut être en faveur d’une forme et contre une autre  :

    L’injection mortelle – l‘euthanasie active

    L’interruption du traitement de survie – l’euthanasie passive

    La mise à la disposition du patient des substances nécessaires pour se suicider – l’aide au suicide.

    Le problème de l’aide à mourir concerne tout le monde. La vie s’allonge et les techniques de survie se perfectionnent. Il n’y a pratiquement plus de famille qui ne soit pas tôt ou tard confrontée à la question. Le personnel soignant s’y trouve confronté aussi, car c’est maintenant surtout à l’hôpital que l’on meurt. C’est donc devenu un problème de société.

    Dans des pays de tradition libérale, où prime la notion d’autonomie de la personne, ce qui importe c’est le degré de consentement des patients. C’est pourquoi la majorité des Européens sont en faveur d’une dépénalisation de l’aide à mourir, parce qu’ils considèrent que la maîtrise de sa propre vie a une valeur fondamentale et que cela englobe la possibilité de décider de sa propre mort. Comme disait Socrate, l’important est moins de vivre que de vivre bien.

    Quels sont les arguments contre l’aide à mourir  ?

    Il y a les raisons religieuses. On trouve quelque part dans le Deutéronome  : «  C’est moi qui suis Dieu, qui donne la vie et qui le reprends.  »

    Les raisons religieuses sont valables et même inattaquables, mais nous vivant dans la tradition libérale, héritée du siècle des Lumières. Nous ne pouvons pas invoquer cette tradition religieuse pour interdire l’euthanasie au niveau de la société. Il faut trouver d’autres arguments. Il y a l’argument dite de la pente savonneuse  : si l’on commence à légaliser l’euthanasie, jusqu’à où ira-t-on  ? disent les catastrophistes. Le nazisme n’est pas loin  ! Mais l’argument n’est pas excellent. D’une part parce que le rôle de la loi est justement de tracer les limites à ne pas dépasser, et d’autre part parce qu’il n’a jamais été question de pratiquer une euthanasie contre la volonté des personnes. Il apparaît difficile d’interdire ce qu’on estime bon au nom de conséquences mauvaises qui restent des hypothèses. Si l’on dépénalise l’aide à mourir en certaines circonstances bien définies par la loi, on n’oblige personne à faire quoi que ce soit. On donne une liberté négative. Avec des garde-fous. Aussi chaque médecin aurait le droit de refuser une aide à mourir pour des raisons personnelles.

    Dans l’état d’Oregon aux Etats-Unis l’aide à mourir est légale depuis 10 ans. Mais seuls les mourants avec une espérance de vie de moins que six mois sont concernés. Ce n’est en quelque sorte qu’un raccourcissement de l’agonie. Un droit donc bien modeste. En France c’est pareil  : les associations pour le droit de mourir n’envisagent guère plus. Leur projet de loi stipule que le malade doit se trouver en phase terminale, que sa volonté de mourir doit être constante depuis un certain temps, que le médecin traitant et un deuxième médecin indépendant ainsi qu’une autorité judiciaire doivent approuver la demande. Sous ces conditions draconiennes on voit mal un danger d’abus. Difficile à comprendre aussi l’opposition catégorique d’une partie des praticiens et de la publique.

    Il a été souvent dit que les cas comme Vincent Humbert et Chantal Sébire sont des cas exceptionnels. Ce n’est pas tout à fait exact. Ce sont des cas spectaculaire plutôt qu’exceptionnels. Leur volonté de mourir est partagée par bon nombre d’autres patients dans des situations moins spectaculaires mais aussi désespérants. Pour ceux-ci leur seul espoir est de trouver un médecin prêt à prendre le risque, ou bien d’aller en Suisse, mais pour ce dernier alternatif il faut avoir les moyens, car le prix exigé est surprenant. Se suicider serait le dernier recours, puisque les statistiques montrent que non assisté, le danger de rater son suicide est considérable. Et il faut surtout ne pas le rater – les séquelles sont souvent terribles. Même en se tirant une balle dans la tête on peut survivre, gravement handicapé. Aussi le suicide reste autrement cruel pour les proches qu’un décès médicalement assisté avec l’accord de la famille.

    La majorité des malades même au stade terminal restent attachés à la vie, et les médecins sont attachés à la prolonger. Mais la chose essentielle c’est le respect de la volonté et de l’autonomie de la personne, du patient. Chacun a une évaluation personnelle des conditions sous lesquelles la vie est encore vivable. La respecter n’est-ce pas le plus important  ? Paralysé, aveugle et sourd voulez-vous vivre encore  ? Chacun voit où sont ses propres limites par rapport à la perte d’autonomie, à sa capacité à se sentir encore digne, à se sentir vouloir encore vivre. Se voir poser des sondes, gastrique, urinaires, respiratoires, est-il envisageable, supportable, et si non, on fait quoi  ?

    Toutes les enquêtes le confirment, l’euthanasie se pratique tous les jours. Or, puisqu’elle est un délit dans la majorité des pays, nous sommes bien obligés de conclure qu’il y a une divergence frappante entre la loi et ce qui se passe dans la pratique. Les sanctions judiciaires et professionnelles sont rarissimes en comparaison du nombre des actes. Je considère que c’est cette réalité qui comporte le plus haut risque d’entraîner des abus et qu’il faut combler l’écart entre la loi et la pratique si l’on veut maintenir le respect de la primauté du droit.

    L’association ADMD ne s’oppose pas au soins palliatifs, au contraire, elle précise que tant que le patient peut être encouragé de vouloir continuer à vivre, les soins palliatifs sont la meilleure solution. Mais les associations pour les soins palliatifs s’opposent catégoriquement à toute forme d’aide à mourir. Les soignants refusent toute discussion avec l’ADMD. Les remarques sur cet association sont souvent caricaturales : « ils veulent se débarrasser des vieux, ils veulent libérer des lits ». D’autres remarques soulignent le danger d’abus. Ce danger, réelle, est d’autant plus grande tant que l’acte d’aide au suicide n’est pas bien encadré, légalement et médicalement.



  • Kookaburra Kookaburra 29 août 2011 21:49

    Anne Sophie ne répond pas. Elle ne voulait qu’exprimer son aversion à toute forme d’aide à mourir. J’avais l’impression d’une croyante catholique, ce que je respecte et dont les raisons contre une telle aide sont valides - de ce point de vue. Mais son texte et plus émotionnel que raisonné. Il me fait penser à la chanson des Beetles «  All you need is love  ». Ses affirmations comme «  influence  » de l’ADMD sur Vincent Hubert sont faites sans justification. Elle condamne cet association sans la connaître, car connaître la pléthore de conditions et précautions que l’ADMD préconise montre que l’association cherche à éviter, justement, dérives et abus. Les conditions sont si draconiennes qu’il me semble que le candidat à l’aide à mourir aura un parcours de combattant à faire avant de pouvoir y accéder. Il y a quelques années j’avait écrit un article sur le sujet moi-même, si cela vous intéresse. Il y a peu il y avait un autre article là-dessus qui était en faveur et a eu pas mal de réponses aussi en faveur. C’est que, selon les sondages un peu près la moitié des gens interrogés sont contre, moitié pour. Mais on peu se demander si beaucoup de gens ont vraiment réfléchit sur la question.

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