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Laconique

Laconique

Ne te figure pas être sage.
 
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  • Premier article le 30/06/2012
  • Modérateur depuis le 17/07/2012
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Derniers commentaires



  • Laconique Laconique 14 novembre 2022 12:22

    « La transgression majeure dans la Bible, c’est le miracle. Car il y a là transgression de toute frontière : celle posée par la nature, celle posée par la société, et aussi celle posée par le Dieu imaginé Tout-Puissant et Providence (soit que la maladie ou la mort soient considérées comme produits du péché, soit que l’on se trouve en présence d’un ordre voulu par Dieu), et, dans cette transgression, l’homme, de fait, risque tout : en premier lieu, il risque sa propre foi, ce qu’il a reçu de Dieu. Car enfin, le miracle n’est pas obligé, il n’est pas acte de magie. Il n’est pas le produit d’une force intrinsèque : il est décision de pure grâce de Dieu. Et l’homme qui demande le miracle, qui l’exige de Dieu, risque sur cette demande la totalité de ce qui fait sa vie. Si le miracle n’a pas lieu, c’est la négation de sa liberté et de la grâce qui lui est faite. C’est pourquoi nous n’aimons pas trop aujourd’hui prier pour un miracle. Mais c’est aussi pourquoi l’analyse de Bultmann sur les miracles est inacceptable. C’est le moyen de se débarrasser de la mise au pied du mur et du sérieux de notre situation grâce à un spiritualisme très supérieur ! Pour ce spiritualisme, il n’y a évidemment plus aucune frontière, donc aucune transgression ! Mais par là il n’y a plus aucun sérieux non plus. »

    Jacques Ellul, Éthique de la liberté, t. 3.



  • Laconique Laconique 14 novembre 2022 12:03

    « Il faut bien comprendre en effet que si nous procédons réellement à l’actualisation, non seulement du vocabulaire chrétien, mais des modes d’explicitation de l’œuvre de Dieu en Christ, le conflit avec les puissances du monde redeviendra brûlant. Car le mouvement sera toujours celui qui a été marqué par la théologie des origines, usant des concepts courants : les opérations faites dans la société, dans la politique, etc. sont mensongères (le redemptus n’est pas vraiment libre - et le seul vrai Redemptor c’est Jésus-Christ), seul l’acte de Dieu est vrai. Dans l’usage de ces concepts, il y a une mise en accusation de l’œuvre du monde, et une confiscation de son sens au profit de la seigneurie de Jésus-Christ.

    Le travail que nous proposons est donc totalement différent de celui proposé par Bultmann, qui au contraire part de données du monde admises comme positives (la Science, l’histoire, etc.) pour procéder à la critique du fond même (et non seulement des modes d’explicitation) de ce qui nous est transmis dans la Bible. Car après avoir décortiqué l’Écriture à la façon de Bultmann, il ne reste finalement plus que moi-même en relation avec un Dieu à qui je donne l’existence. »

    Jacques Ellul, L’Éthique de la liberté, t. 1.



  • Laconique Laconique 11 novembre 2022 15:14

    @Robin Guilloux

    Merci pour ce message. Soyez assuré de mes meilleures pensées. Votre article est une des rares choses intelligentes sur la mort réelle que j’ai eu l’occasion de lire ici.



  • Laconique Laconique 11 novembre 2022 10:32

    @mmbbb

    Merci pour votre commentaire. Ce n’est pas la première fois que vous faites référence à votre vécu, et vous avez raison, cela donne une autre approche des choses.



  • Laconique Laconique 11 novembre 2022 09:26

    @Gollum

    Vous vous emmêlez dans vos références. La mort est une chose absolument négative pour le bouddhisme, les textes sont clairs : « Tous tremblent devant le bâton. Tous craignent la mort. Que l’on s’identifie avec autrui, ressentant ce qu’il ressent, et l’on ne tuera pas, l’on n’incitera pas à tuer » (Dhammapada, 129). Ou encore : « Ces os blanchâtres, comme des courges jetées à l’automne, quel plaisir éprouver à leur vue ? » (Dhammapada, 149). Dois-je vous rappeler ce qu’a éprouvé Siddharta lorsqu’il a été mis en contact avec la mort, au sortir du palais paternel ? Vous reprochez au christianisme de dénigrer le monde tel qu’il est, mais la vision du monde du bouddhisme est bien plus noire et pessimiste, c’est un pessimisme total, il s’agit pour lui de se libérer de ce monde et de cette vie, qui n’ont rien de positif.

     

    En somme votre position : « Se libérer de l’anthropocentrisme, prendre de l’altitude pour percevoir l’équilibre éternel du monde » est celle de Leibniz dont Voltaire s’est moqué dans Candide. C’est du spinozisme : les accidents qui affectent les attributs de Dieu n’affectent pas Dieu lui-même, les douleurs particulières contribuent à l’équilibre du Tout, etc. C’est là une vue très intellectuelle et assez moderne, ce n’est pas du tout celle du bouddhisme qui est bien plus concret dans sa lutte contre la souffrance, ni du platonisme, qui tend à fortement dénigrer tout le monde sensible. À la rigueur c’est du stoïcisme (Marc-Aurèle).

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