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Laconique

Laconique

Ne te figure pas être sage.
 
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  • Premier article le 30/06/2012
  • Modérateur depuis le 17/07/2012
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Derniers commentaires



  • Laconique Laconique 29 octobre 2022 20:43

    Tout cela est tout de même très indulgent envers la gauche. Au fond la pensée de gauche reste convaincue de représenter le sens de l’histoire, pensée mythologique s’il en est, contre l’ogre neolibéral. La bonne conscience est la tare originelle de la gauche, qui lui occasionne régulièrement des réveils douloureux : en 2002 et en 2007 en France, en 2016 aux États-Unis, etc. Surtout, il manque à cette perspective historique la prise en compte du bilan de l’URSS : comment le libéralisme n’aurait-il pas eu le vent en poupe, lorsqu’on compare la croissance économique des États-Unis depuis les années 80 avec ce que l’on a appris progressivement de la réalité de l’URSS ? Bilan qui n’est jamais fait à gauche, et pas plus dans votre série d’articles qu’ailleurs. Mais si les intellectuels de gauche français ne le font pas, les peuples, eux, ont vite choisi, à commencer par les pays de l’est de l’Europe, comme la Pologne, farouchement pro-américains. La terminologie marxiste de vos écrits dissimule (ou révèle) cette absence de prise de conscience, cet anachronisme, cette naïveté de la gauche française, très contente d’elle et très sûre d’elle, mais qui se réveille toujours avec un Sarkozy ou un Trump au pouvoir, faute d’une véritable autocritique.



  • Laconique Laconique 25 octobre 2022 17:59

    @bartelby

    Merci à vous pour ce riche commentaire. Effectivement, les quatre principales vertus de la pensée antique (justice, sagesse, courage, tempérance), qui sont notamment détaillées dans La République de Platon, ont été reprises par l’Église catholique, sous un nom parfois un peu différent (le courage devient la force, la sagesse devient la prudence, cf. Catéchisme de l’Église catholique, n° 1805 sqq.).



  • Laconique Laconique 24 octobre 2022 19:08

    Le bobo est surtout le symbole du triomphe d’un certain conformisme de gauche, lié, vous le dites, à la démocratisation des études supérieures, mais aussi, vous ne le dites pas, à la féminisation de la société et à l’émancipation financière de la femme (les femmes actives étant un puissant agent de conformisation et d’uniformisation de la société). Il y a énormément de femmes dans les milieux bobos, et elles y jouent un plus grand rôle que dans le reste de la gauche traditionnelle. En cela, les bobos sont sans doute les ancêtres logiques des wokes, mais j’attends vos articles suivants pour connaître la fin de l’histoire. 



  • Laconique Laconique 22 octobre 2022 15:12

    @Gollum

    Pfff… Il y aurait tellement de choses à dire… C’est toute l’éducation biblique qui est à reprendre à zéro à ce niveau… Vous en restez à la surface, au niveau de lecture le plus immédiat et le plus littéral, et comme d’habitude vous isolez des versets de l’Écriture et vous les absolutisez, ce qu’il ne faut jamais faire (c’est la méthode de Satan pour faire tomber Jésus lors des tentations au désert). Il faut avoir une vision globale de l’Écriture, car le moindre verset doit se lire à la lumière de tout le reste.

     

    Bien sûr que les œuvres comptent ! « La foi sans les œuvres est morte » (Jc 2, 26). Mais la réciproque est vraie : les œuvres à elles seules, isolées de la foi, ne suffisent absolument pas à assurer le salut, bien au contraire, ça c’est la vision spontanée de l’homme naturel qui veut faire son salut par ses propres forces. Et c’est ce que Jésus reproche aux pharisiens, bien plus qu’une éventuelle duplicité, vous en restez au niveau le plus superficiel. Je cite Jacques Ellul dans Le Vouloir et le Faire, p. 238 :

     

    « Plus la morale édifiée par l’homme sera proche de la volonté de Dieu, plus elle est suspecte, plus elle est preuve de l’absence d’amour de la part de cet homme, plus elle sera attaquée durement par Dieu. C’est pourquoi nous assistons dans l’Évangile à cette attaque si dure de Jésus-Christ contre les Scribes et les Pharisiens. N’oublions jamais qu’ils n’étaient pas des « hypocrites »... au sens simpliste que nous entendons aujourd’hui. Ils étaient des hommes sérieux, soucieux de la connaissance et de l’application de la loi, cherchant vraiment à accomplir le mieux possible ce qui avait été révélé aux Pères, et de ce fait à se mettre en règle avec Dieu. Ils étaient de très authentiques hommes de bien. Or, dans leur intention et leur souci de vivre selon la loi, il y avait bien sûr une vérité, mais leur volonté d’être en règle avec Dieu et par conséquent de ne rien lui demander, comme mendiants, et de ne rien lui devoir, là était le mal radical de leur vie. Et de ce fait, parce qu’ils accomplissaient la loi de Dieu pour ne rien devoir à Dieu, alors Jésus-Christ les condamne beaucoup plus durement, et accueille au contraire ceux qui n’avaient pas la prétention d’accomplir la loi, les païens, les prostituées... ceux justement qui sont immoraux. »

     

    On ne saurait mieux dire !

     

    La morale est la prétention de l’homme d’accomplir par lui-même ce qui est bien. C’est la tendance spontanée et universelle de l’homme (il n’y a qu’à voir sur ce site). Or ceci est en contradiction complète avec la Bible qui soutient que personne ne peut réaliser le bien par lui-même, et se passer ainsi de la grâce de Dieu. Je cite Ellul, Le Vouloir et le Faire, p. 50 : «  Il fallait que le Fils de Dieu accomplisse lui-même la plénitude de ce bien. Car l’homme ne peut jamais y arriver. L’enseignement biblique est clair est cruel. « Il n’en est aucun qui fasse le bien. »

     

    Je cite le psaume 14 : « Des cieux Yahvé se penche vers les fils d’Adam, pour voir s’il en est un de sensé, un qui cherche Dieu. Tous ils sont dévoyés, ensemble pervertis. Non, personne n’agit bien, non, pas un seul. »

    Je cite Romains 3, 22 : «  Il n’y a pas de différence : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu – et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus. »

     

    Sur l’insuffisance radicale des œuvres, de la morale, je cite Romains 4, 2 : «  Si Abraham était devenu un homme juste par la pratique des œuvres, il aurait pu en tirer fierté, mais pas devant Dieu. Or, que dit l’Écriture ? Abraham eut foi en Dieu, et il lui fut accordé d’être juste. Si quelqu’un accomplit un travail, son salaire ne lui est pas accordé comme un don gratuit, mais comme un dû. Au contraire, si quelqu’un, sans rien accomplir, a foi en Celui qui rend juste l’homme impie, il lui est accordé d’être juste par sa foi. C’est ainsi que le psaume de David proclame heureux l’homme à qui Dieu accorde d’être juste, indépendamment de la pratique des œuvres. »

    Voir aussi la parabole du serviteur inutile, Luc 17, 10 : « De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir. »

    Sur le fait que ce n’est pas en raison de sa « justice » que la peuple d’Israël a été choisi, je cite Deutéronome 9, 4 : « Lorsque le Seigneur ton Dieu les aura chassés devant toi, ne dis pas en ton cœur : «  C’est à cause de ma justice que le Seigneur m’a fait entrer dans ce pays pour en prendre possession. » Car c’est à cause de la méchanceté de ces nations, que le Seigneur les dépossède devant toi. Ce n’est pas en raison de ta justice ni à cause de la droiture de ton cœur que tu entreras dans leur pays pour en prendre possession ; c’est en raison de leur méchanceté que le Seigneur ton Dieu dépossède ces nations devant toi, et pour tenir la parole qu’il a jurée à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. »

    Etc., etc. La Bible est limpide sur l’inutilité complète de la morale à elle seule. Bien sûr, c’est dur à accepter si on se place au niveau des morales ascétiques grecques ou indiennes qui prétendent que l’homme, par ses propres forces, peut accéder au séjour des Bienheureux. Et c’est ce qui explique votre crispation sur ce point, et celle de L.-L. Salvador, qui est au fond sur le même paradigme que vous. On touche là quelque chose d’essentiel, à savoir l’estime de soi-même, la foi en l’auto-suffisance de l’homme. Je cite Ellul, La Subversion du christianisme, p. 244 : « La grâce. Vous croyez que c’est agréable ? Apprendre ainsi que l’on est gracié. C’est-à-dire que cela ne dépend pas de moi, que je n’y peux rien. « Cela ne dépend ni de celui qui veut ni de celui qui court… » La grâce est odieuse pour l’homme. Il n’a aucun plaisir à se savoir comme un condamné par nature à qui un bon prince vient généreusement accorder la vie, comme ça, sans raison apparente, sans motivation réaliste que nous pourrions comprendre. »

    Ellul touche juste, et c’est là la vraie motivation des morales ascétiques, bien plus que celle exposée par Nietzsche dans La Généalogie de la morale  : l’homme veut être responsable de son salut, il y tient mordicus. C’est là la justification des morales ascétiques dont vous êtes le promoteur (à défaut d’en être pratiquant je suppose), c’est là la cause de l’incompréhension foncière du message biblique, chez vous comme chez L.-L. Salvador.



  • Laconique Laconique 22 octobre 2022 10:13

    @Luc-Laurent Salvador

    Je ne vois pas grand-chose dans votre propos, à part un flot d’invectives assez stériles. Je constate la piètre opinion que vous avez de moi, mais qu’y faire ? 

     

    Vous faites une lecture simpliste, et je ne suis pas surpris de vous voir défendre la morale. Vous voulez mettre la main sur l’agir de Dieu, d’une manière ou d’une autre (cf. vos théories naturalistes). J’ai l’impression que l’Écriture ne représente pas grand-chose pour vous. Si c’était le cas vous auriez constaté qu’il n’y a aucun système moral dans la Bible (pas même les Dix Commandements, qui ne sont pas du ressort de la morale). La morale est un moyen pour l’homme de se mettre en règle avec Dieu, de faire l’économie de sa grâce dont il estime pouvoir se passer. Et c’est exactement ce que Jésus condamne.

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