Souvent les hommes héritaient dans ce milieu, des taches les plus pénibles...des postes les plus éprouvants physiquement (sauf pendant la guerre...) et donc entre l’une fatiguée de sa journée et l’autre harassé le dos cassé, (parfois sur les chantiers), il va de soi qu’évoquer une stricte répartition des tâches ménagères sous couvert « d’égalité » serait contreproductif et injuste..
Mais là encore tout est affaire d’individus, du souci de l’autre.. mon grand père, n’hésitaient pas à aller au « lave au poids’ » porter ou chercher le blanc à laver.. vider la poubelle, aider à débarrasser la table... ramener le pain..ou passer le balai.
Les rôles figés, les tire au flan, les rapports de force cela existaient hier comme aujourd’hui....et l’inverse également... Une question de sexe ? je ne crois pas.
Elucubrations de bourgeoises délivrées des soucis d’intendance... (ménage, courses, repas, linge..)
Dans le milieu ouvrier, ce fut double journée de travail, l’épuisement garanti - sauf pour celles, rares en milieu citadin, qui pouvaient bénéficier de l’aide d’un parent à domicile. et pas vraiment l’épanouissement. Quand à faire carrière dans ce milieu....
Des enfants ballotés dés potron minet, d’une gardienne à une crèche, à une cantine, à une garderie (le soir).. Génération sacrifiée tantôt par nécessité, tantôt par désintérêt puisque « l’épanouissement, l’accomplissement ne pouvait être dorénavant qu’extérieur au foyer..(ou certaines professions pouvaient s’exercer à domicile si besoin était)
De l’argent du »ménage« on est ainsi passé au compte séparé...aux calculs d’apothicaires (partage du loyer, du resto, des vacances...) puis des meubles, des enfants... quand on se lassait de bonhomme ou bonne femme, ou que l’orgasme condition indispensable d’épanouissement n’était pas au rendez vous comme l’exigeait les nouveaux dictats via les nouveaux magazines feminins...
C’est qu’il ne fallait surtout pas »rater sa vie« (jouir et consommer).... ou passer à coté (lol) de sa vie.... alors on décomposa puis recomposa (parfois plusieurs fois en espérant »le bon« , la »bonne« )
Il y eut alors et la flexibilité de l’emploi et la garde alternée.. tout ne devait être que mouvements, la stabilité un concept has been... Des mômes tirèrent pourtant la sonnette d’alarme : ceux du mouvement »no futur« ... ceux des »raves party", se dandinant comme des robots, les oreilles éclatées par d’assourdissants battements de coeur (la techno)...
En vain.
les carrièristes eux, finirent leurs jours dans des pavillons entourés de hauts murs avec chien et alarme, ou dans leur 2 pièces acheté à crédit, (accessible par digicode) en attendant que leurs 1 ou 2 enfants désirés (les autres ayant fini à la poubelle) qu’ils ne voyaient que rarement les collent dans une maison de retraite,
Tandis que d’autres enfants, nombreux ceux ci, venus d’ailleurs, un ailleurs ou ils étaient perçus comme une richesse, s’égayaient dans les rues...
Ce matin, j’ai rencontré sur notre chemin, un homme à l’air abattu... celui ci m’a raconté son histoire
Il était jadis marchand de couleurs.. un tout petit local bien situé, bien achalandé... avec un seul client mais quel client !
Celui ci chaque jour et parfois « à pas d’heure » y passait faire ses emplettes..Toute la gamme de coloris y passait... l’inspiration et l’enthousiasme du client paraissait sans fin....le temps comme suspendu...
puis un jour l’homme entendit le tic tac de l’horloge qui surplombait le comptoir...
Obsédé par ces petites aiguilles qui trottinaient semblant le narguer, son oeuvre devint petit à petit monochrome.. puis il se fit plus rare...
Dans la petite boutique, les stocks s’accumulaient...
« Venez voir ! » me convia le déconfit pressentant certainement que moi aussi j’étais à la croisée des chemins oscillant comme un pendule..
Cela tombait bien, j’avais du temps à perdre ;)
Nous franchîmes alors le seuil du petit magasin quasi à l’abandon, regorgeant toutefois de tubes multicolore, de brosses, de toiles vierges, de fusains...
Mon coeur battait si fort devant tous ces trésors qu’il couvrit le bruit de l’horloge maudite...Laquelle s’en décrocha de dépit...
En rentrant chez moi, ce matin là (celui de tous les magiciens ?) les bras chargé, j’ai failli téléscoper un homme qui me regardais comme si j’étais une extra terrestre..Celui ci tenait à la main un pinceau d’où s’égouttait une substance sombre avec laquelle, semble t’il, il avait décidé dorénavant de peindre le monde qui l’entourait...
Une goutte tomba sur mes chaussures, sembla s’attarder puis finalement après un moment d’hésitation roula sur le sol qui prit aussitôt une teinte de grisaille...
un nuage passa, un ange aussi avec une grande pancarte... rappelant aux « têtes en l’air » ;) où se trouvaient les coulisses de l’infini : le grand atelier ouvert à tous.
..Cela tombait bien, j’étais en train de m’égarer...
Quelle drôle d’idée qu’a eu votre maison d’édition ! S’il y a bien un lieu ou l’on ne se bouscule pas (et c’est un euphémisme), c’est bien le rayon livre des supermarchés... (sauf pour la sortie du dernier bouquin de houellebec et celui de twierveller..(ils sont partis comme des petits pains)... les éditions de poche elles, font dans la promo (pour 2 achetés, le 3ème gratuit) et 20% toute l’année, réduction carte etc... c’est dire
Bref, on trouve plutôt là une clientèle qui épisodiquement, recherche l’équivalent du plat cuisiné en version livre.. avec les 3/4 de l’emplacement réservé aux « romans à l’eau de rose ».
Bref chez nous les amoureux du livre hormis les foires locales spécialisées, attendent patiemment « le salon du livre » (à toulon) et à voir la foule qui s’y presse chaque année autours des stands, je suis rassurée, on lit encore et pas que du marc levy, du teulé ou du musso (sympa les jours ou les programmes télés n’offrent que des séries américaines mais sans plus.)
Le pousseur de caddy n’est pas inculte pour autant, ni frileux... mais le contexte ne s’y prête pas... ce moment magique propice au choix d’un livre non fast book, nécessite une atmosphère adéquate exempte du stress ambiant, feutrée, aux lumières légèrement tamisées (exit « la lumière crue des néons), et bien entendu un temps de cerveau disponible (et non pas parasité par l’élement bouffe ( »qu’est ce que je vais bien pouvoir cuisiner ce soir ? il ne faut pas que j’oublie les croquettes du chat")
Sans compter qu’entre le rayon livre et le dernier achat de la liste, il reste encore 3 kilomètres à parcourir en mode piétinement.. dans le bruit et parfois la fureur (du môme qui se roule par terre parcequ’on lui refuse une cochonnerie quelconque ou du père qui finit par pousser une gueulante avant de baffer ses mômes surexcités...)
M’enfin cette journée a eu au moins le mérite de vous donner une petite idée de ce à quoi peut ressembler l’enfer ici bas... ;) : Pousser un truc en ferraille souvent récalcitrants dans un lieu fait pour pousser les couples au divorce, les esseulés au suicide devant la chaleur humaine dispensée par les caisses automatiques (bonjour ! avez vous un sac cabat ? (? ??) et les timorés à se faire bousculer et écraser les pieds...)
La place d’un fauve est dans son environnement, la savane... pas dans un zoo, ni dans un parc animalier quelconque ou la nourriture lui est fournie, et encore moins dans un cirque ou une fois son numéro fini, il est relegué dans une cage...
Il faut voir ces pauvres bêtes tourner dans celles ci en rond sur deux, trois m2, dans l’espoir non pas de parcourir des dizaines de kilomètres à courir l’antilope (quoique...) mais de se dégourdir les pattes dans une autre cage ou il pourra tourner en rond plus largement, le temps d’un exercice obtenu sous la menace d’un fouet... Ca fait pitié plutôt qu’autre chose à toute personne qui a un tant soit peu d’empathie..
Idem pour les orques et dauphin privés de leur milieu naturel, réduits à « évoluer » dans des bassins de béton leur vie durant...(lesquelles pauvres bêtes sont paradoxalement mortes noyées lors des dernières innondations à Fréjus, un comble !)
Maintenant qu’on puisse non seulement autoriser mais trouver amusant le lacher de vachettes (soit la tentative de fuite d’animaux terrorisés à travers une foule hurlante et compacte), le spectacle sanglant des corridas (mise à mort du pauvre animal dont les chances de survie sont réduites à néant.. contrairement à la prédation en milieu sauvage), j’avoue ; je ne comprend pas...
Il est de notre devoir, de notre responsabilité de veiller à ce que les animaux (espèce dite domestique ou sauvage) puissent évoluer, vivre, seconder l’homme par nécessité (chien de berger, animal de trait) dans les meilleures conditions possibles...