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Marc Bruxman

Ingénieur, scientifique, et passionné de politique, je m’intérésse particuliérement aux rapports entre le progrés techniques et les conditions sociales des gens.  

Tableau de bord

  • Premier article le 09/06/2006
  • Modérateur depuis le 07/09/2006
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Derniers commentaires



  • Marc Bruxman 3 février 2012 19:09

    Tant qu’il paye avec son fric (et pas celui de la campagne) on se fout de ce que mange Hollande. Ca le regardes, s’il juge que ca vaut 150 € c’est son blem.



  • Marc Bruxman 3 février 2012 17:27

    A relire cette discussion, je crois qu’on se focalise justement un peu trop sur le libertarianisme. Je l’ai cité, au même titre que le marxisme comme ayant eu une grande influence sur la culture geek. En aucun cas je n’ai dit que tous les geeks étaient ou devaient être libertariens. Je ne suis pas d’accord avec vous quand vous dites par contre que la culture geek est apolitique. Que vous preniez slashdot ou de nombreux sites communautaires fréquentés par les geeks, les discussions autour de sujets politiques sont fréquentes : Brevets logiciels, ACTA, Hadopi, ...

    La politique n’est clairement pas le but de la communauté, mais cela fait maintenant longtemps que celle ci a pris en main la défense de ses droits via des associations comme l’Electronic Frontier Foundation (qui intervient directement dans le champ politique). Même si la motivation primaire reste le coté utilitariste ou scientiste, c’est un agenda politique.

    Et de même que les geeks n’ont pas absorbés la totalité du marxisme, la totalité du libertarianisme n’est pas absorbé dans leur culture, je parle d’influence majeure, pas d’adoption. Vous pouvez par exemple avoir lu « Le Capital » et avoir trouvé ce bouquin génial sans pour autant être marxiste au sens orthodoxe du terme. Si vous trouvez que le capital décrit bien le système économique capitaliste mais que le marxisme y apporte les mauvaises réponses vous avez été influencés par le marxisme sans pour autant être marxiste.

    Il en est de même pour ma référence au libertarianisme : Il y a influence du mouvement, pas adoption de toutes les valeurs de ce mouvement. Et il me semble avoir écrit (et donc être d’accord avec vous) que les valeurs libertariennes étaient la avant tout car elles étaient compatibles avec les dogmes primaires (recherche d’efficacité, scientisme). J’ai dit que le fait que le libertarianisme soit compatible avec ces idéaux expliquaient sa sur-représentation parmis les geeks américains.

    Pour terminer sur le sujet du libertarianisme, ce n’est pas non plus parce qu’une valeur est présente dans une communauté qu’elle est respectée. Même lorsque la France était un pays catholique, il y avait nombre de gens qui commétaient des péchés. En fait, la majorité ne se comportait pas bien si l’on s’en référe aux saintes écritures. Pourtant, la culture de ces gens étaient catholique. Mais être d’une culture ne vous oblige pas à obéir à tout. Cela façonne juste votre façon de penser.

    Concernant le coté sceptique vis à vis des directions à hiérarchie non technique je suis d’accord avec vous. Elles sont vues comme source d’inefficacité et planque à incompétents.

    "Au passage, être respecté par la communauté geek ne fait pas de celui qui l’est un geek. Tolkien, technophobe assumé, est par exemple très apprécié dans cette communauté, alors qu’il n’ai pas vraiment geek lui même."


    Tolkien n’était pas vraiment technophobe, il mettait en garde contre des technologies qui pourraient nous rendre esclaves. Il est plus à rapprocher d’un Neil Postman que d’un Jacques Ellul par exemple.

    Or, si les geeks sont volontiers scientistes et technophilles vous les verrez souvent réagir lorsque l’on parle d’utilisation de la technologie à but policier. Ils comprennent mieux que quiquonque le potentiel de la technologie et savent que sa mauvaise utilisation peut être mauvaise y compris pour eux. Même si il y a un coté défi : « Le gouvernement peut bien déployer ceci, on le cassera », je ne vois jamais des hourras d’applaudissement lorsque la NSA, Facebook ou je ne sais quel organisme déploie des technologies de fichage. De même Apple n’est pas aimé car il verrouille ses appareils via des dispositifs technologiques. De même pour les DRM, etc,etc, ...

    En ce sens, le focus sur la liberté est d’ailleurs le vrai garde fou et régulateur de la culture geek. Le coté scientiste poussé à l’extréme engendrerait une auto-destruction du système. A l’inverse, ce focus sur la liberté vient contrebalancer certains excés de la technologie.

    Cela permet également de rendre la culture geek plus forte en alliant des gens de l’ancienne société à la cause. Si des gens comme Eben Molgen ou Lawrence Lessig n’avaient pas d’une certaine façon rejoint ce mouvement culturel, sa soutenabilité aurait été largement plus limitée. Le logiciel libre n’existe que parce qu’une licence permet de le défendre. Cette licence existe dans le framework de l’ancien monde, à l’intérieur du droitEE d’auteur et c’est ce qui fait sa force.

    Pour terminer, n’oubliez jamais qu’une culture finit toujours par dépasser ses créateurs d’origines. Je ne suis pas sur que Jesus ait envisionné le Vatican quand il est venu sur terre ;) D’ailleurs, il n’aurait peut être pas aimé. Une fois que le message initial est lançé, d’autres gens vont adopter cette culture, la rejoindre et la faire évoluer. Pour ce qui est de la culture geek ceci est déja largement commençé. Et c’est ce qui va lui permettre de perdurer dans le temps.



  • Marc Bruxman 2 février 2012 19:40

    « oui on essaie de maintenir le prix du livre au prix que réclament les imprimeurs,

    pour qu’il soit aussi accessible que possible, vous leur nieriez le droit de vivre à eux aussi on dirait... 

    trouvez donc un imprimeur qui bosse gratuit et on recause »

    Si c’est juste pour le problème de l’impression, passez donc au écrans eInk. Le coût de duplication d’un livre est alors non mesurable et virtuellement nul.



  • Marc Bruxman 2 février 2012 19:24

    Le but de l’article n’était pas de débattre du droit d’auteur, mais de tenter d’expliquer pourquoi celui ci devenait une idée saugrenue pour une vaste partie de la population.



  • Marc Bruxman 2 février 2012 19:17

    Bonjour Mycroft,

    Merci pour ce commentaire constructif. 

    Je suis d’accord avec vous concernant l’exclusion initiale des geeks aux USA et je l’ai effectivement cité dans l’article. Concernant le fait que les geeks peuvent se montrer utile je ne pense pas que cela soit la seule raison du fait qu’ils sont beaucoup moins discriminés. Certains aspects de leur mode de vie qui pouvait faire passer pour un frappadingue ne serait ce qu’au début des années 90 se sont banalisés. Et même s’il y a toujours une différence geek / non geek, elle tend à se réduire. Le but de mon article était justement d’insister sur le fait que cette culture née dans la marginalité comme vous le dite a été pour partie adoptée dans la culture « mainstream ». Cela a des conséquences à la fois pour les geeks mais également pour les non geeks.

    Concernant les principes de liberté je ne suis par contre pas vraiment d’accord avec vous. Effectivement la recherche de liberté a souvent une source qui est la recherche de l’efficacité mais elle est souvent vantée en tant que telle. Concernant les restrictions imposées « pour raisons de sécurité » sont avant tout à but technique. Pour garantir la libre circulation de l’information, il faut garantir la sécurité de l’infrastructure sous-jacente. Comme vous le dites, ces restrictions ont souvent une origine technique pas philosophique.

    Et c’est la que l’on revient au point de vue libertarien que vous me reprochez de trop mettre en avant. Les libertariens n’ont jamais dit qu’il ne fallait pas de lois et se démarquent en ce sens des anarchistes. Ils reconaissent en général l’existence d’un monopole de la violence légitime tenue par l’état. Ils jugent par contre que toute loi doit avoir pour objet de garantir les libertés individuelles et ne doivent pas être pris au détriment de la liberté d’une autre partie de la population. Le fait de mettre des régles que ce soit pour la sécurité du réseau et/ou des biens ou de créer des régles autour du logiciel libre (puisque la GPL est une licence restrictive) sert juste à garantir la liberté de l’ensemble des personnes.

    "Un geek sait en effet que limiter l’accès à une ressource qu’on peut multiplier à l’infini n’a, du point de vu de l’intérêt collectif, absolument aucun sens. Il lutte donc contre ces restriction. Pas pour lutter pour la liberté, mais pour lutter contre la bêtise."

    Il y a effectivement une dualité entre l’utilitarisme et le coté moral. Ceci me semble omniprésent dans la culture geek.

    Concernant l’opposition entre le geek et le diplomé, je me suis mal exprimé. Les geeks ne récusent pas les diplomes, ils en ont effectivement beaucoup. Ils récusent par contre l’utilisation du diplome comme outil de ségrégation sociale. Un autodidacte sera généralement bien vu dans la communauté tant qu’il a acquis la maîtrise technique et scientifique que l’on attend de lui. Et il y a de nombreux cas ou cela se passe mal pour eux dans le système scolaire qu’ils jugent souvent ennuyeux. Mais plus on monte dans la hiérarchie des études, plus l’environnement leur devient favorable.

    Je ne suis par contre pas d’accord avec vous sur le fait que Facebook et/ou Apple ne seraient pas populaire chez les geeks. Il y a effectivement des geeks qui méprisent ces deux entreprises probablement parce qu’elles permettent à monsieur-tout-le-monde de faire facilement ce qu’ils fesaient déja depuis des années. Mais il y a aussi beacuoup de fanboys d’Apple dans la population geek et même beaucoup d’utilisateurs de facebook. Disons pour simplifier qu’il existe des courants et que cette population n’est pas homogéne (et heureusement). 

    Concernant Peter Thiel, son statut de mécéne suffit à en faire quelqu’un d’important pour la communauté. Ainsi même si j’ai pu écrire que les avocats étaient souvent vus comme nuisibles par cette communauté, je pense que la plupart des geeks ont une très bonne opinion de Lawrence Lessig et qu’ils le considérent comme un des leurs.

    Enfin, je n’ai effectivement pas parlé (et j’aurais du) du registre du rêve et de la place du virtuel qui est effectivement une part importante de cette culture. Et j’ai surement oublié beaucoup d’autres choses, difficile de tout traiter dans un article.

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