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Marc Bruxman

Ingénieur, scientifique, et passionné de politique, je m’intérésse particuliérement aux rapports entre le progrés techniques et les conditions sociales des gens.  

Tableau de bord

  • Premier article le 09/06/2006
  • Modérateur depuis le 07/09/2006
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Derniers commentaires



  • Marc Bruxman 26 décembre 2011 20:00

    Bonjour Fergus,

    Vous exagérez un peu. Si l’on fait du conceptuel depuis le XXème et plus du beau, c’est avant tout parce que la peinture se voyait concurrencée par la photographie. Peu de gens aujourd’hui même riches ont chez eux un portrait d’eux mêmes peint. Beaucoup ont par contre fait réaliser une photo par un photographe de renom. De même pour les paysages, etc, etc, ... Et les peintres se sont donc demandés quel était le sens de leur métier. D’autant que l’on savait depuis longtemps peindre du beau avec des niveaux de détails très chiadés et que cela trouvait ses limites pour ce qui est de se faire connaître. Les impressionnistes sont une premiére pierre dans l’édifice : On passe de la peinture réaliste à un concept. Et cela a marché. Les artistes venus après se situent dans la ligne droite de ce courant. Si une peinture « rapide » d’un paysage qui aurait auparavant au mieux était considéré comme une esquisse pouvait être considéré comme de l’art, alors cela ouvrait la voie au Picasso et autres Kandinsky, aux suréalistes et à tout ce qui a suivi. En clair, puisque la technique permettait de produire du beau sans effort, l’artiste se réfugiait dans sa bulle. De toute façon, avec de bonnes écoles d’art, il y aurait eu trop de monde qui savait faire du beau pour que cela ait encore un sens.

    Problème : Alors que l’on pouvait apprécier l’art ancien facilement (il suffisait d’avoir des yeux), il devient plus difficile d’apprécier certaines oeuvres d’art contemporain. D’autant que rarement le concept derriére n’est expliqué. Disons le, les conservateurs de musée font un travail de merde !

    Pourquoi en effet exposer l’urinoir de duchamp sans explications ? Bien sur que n’importe quel couillon peut aller à Leroy Merlin acheter une pissotiére et la signer. Mais l’artiste avait quelque chose à dire sur les millieux artistiques au travers de cette pissotiére. Ceux qui ont cru qu’il suffisait de provoquer pour être un artiste n’ont pas vraiment compris.

    De même pour Warhol qui au travers de ses célibritées stylisées et tirées dans un nombre d’exemplaire relativement importants nous amenaient à nous questionner sur les rapports entre la société de consommation et ses idoles. Idoles qui pouvait d’ailleurs aussi être communistes ;) Pour cette raison Warhol ne sombrera peut être pas dans l’oubli. Car il incarne très bien l’esprit de son époque, cette société de consommation et la déification des « stars ». Et ce n’est pas désagréable à regarder en fait ;)



  • Marc Bruxman 26 décembre 2011 19:34

    Bonjour Paul,

    Dans un siécle, le temps aurait fait son office et il aura sélectionné ce qui restera dans l’histoire et ce qui ira à la poubelle. C’est pour cela que le contemporain nous parait toujours « inférieur » au passé. Car pour un Mozart, a son époque combien ont écrit et joué de la merde ? De même pour les peintures du temps de Rubens, combien ont peint des croutes que l’histoire n’a pas retenues ? Peut être même que certains de ces tableaux « mauvais » ont trouvé preneur chez des riches marchand et que leurs enfants s’en sont séparés.

    Maintenant au XXème siécle, il y a eu une recherche du concept plutôt que de la beauté. En fait cela a commençé dès le XIXème siécle. Certains artistes l’ont mieux abordés que d’autres : Je ne cracherai pas sur un Kandinsky chez moi si j’étais riche ;) De même pour l’oeuvre de René Magritte : Il ne cherchhait pas la beauté mais était il pour autant insignifiant ? Que nous apprends son oeuvre sur son époque ? Surement beaucoup de choses en fait !

    La question est plutôt : Est ce que nos concepts seront toujours compréhensibles dans 300 ans. Le seront ils par des gens non diplomés en histoire de l’art. La réponse risque fort d’être négative et cela va poser un problème de transmission des oeuvres. Mais ce problème arrive aussi pour l’art ancien. Car en dehors du fait que c’est beau et que la technique de peinture est exceptionnelle, comment apprécier nombre de musée occidentaux sans des connaissances religieuses et mythologiques solides ? Si vous vous contentez d’apprécier la beauté des images, je trouve que l’intérêt d’un musée s’émousse assez vite. A ce titre, les musée d’art contemporains comme les musées plus classiques ne mettent pas assez en avant l’idée derriére chaque oeuvre et c’est dommage. L’art sorti de son contexte devient une simple décoration.



  • Marc Bruxman 21 décembre 2011 19:41

    Suffit d’aller en Affrique pour voir que leur condition est due à leur mentalité et que tant que celle ci n’évoluera pas il ne servira à rien de leur envoyer du fric. La plupart de ce qui a été construit pendant la colonisation est toujours la mais n’a pas été entretenus : Routes devenus défonçés, centrales électriques laissées en l’état qui tombe en panne tous les 3 jours, ...

    Ils n’ont pas compris comment cela marchait et n’ont pas su nous imiter une fois que l’on s’est tiré. De même les chinois sont chez eux pour le buziness mais eux ne font rien. Que voulez vous que cela donne ? Rien ! Il faut qu’il change de mentalité et trouvent par eux même comment on fait. Après ils rattrapperont vite leur retard. La Chine a mis seulement 30 ans.



  • Marc Bruxman 21 décembre 2011 19:35

    Et surtout, les populations des grandes villes qui profitent du système seraient bcp moins enclines à se révolter. Même dans le guangdong, il est probable qu’une éventuelle révolte n’atteigne pas guangzhou, la capitale (canton pour les français) ou le niveau de vie est déja assez élevé et ou tout une classe moyenne bénéficie du travail du reste de la province. Dans le cas présent, si les paysans se font expulser au grand bénéfice d’un projet immobillier ou croyez vous que cela va ramener la thune ?

    Mais ne croyez pas que les chinois ne savent pas ce qui se passe dans leurs pays ou à HK parce qu’ils habitent la province. Depuis les années 80 les gens savent comment cela se passe à HK et cela n’a jamais encouragé une révolte. Même en 1989 d’après plusieurs chinois, la révolte est globalement restée circonscrite à Beijing. Même à Shanghai la situation était très calme si ce n’est quelques petites manifs à l’université.

    Simplement jusqu’à une époque récente les chinois des villes considéraient que l’augmentation de leur niveau de vie était bonne et cela justifiait le reste d’une certaine façon.

    Cela change depuis quelques années (environ 2009 je dirai) car le niveau de vie est devenu suffisamment bon pour que les citadins aspirent à d’autres choses : par exemple la justice, la santé, l’air pur, etc, ... 

    Et si l’immobillier s’effondre (grosse probabilité), la donne pourrait être différente et la ca va être dangereux.



  • Marc Bruxman 21 décembre 2011 18:54

    Que voulez vous, rien n’est ni tout noir ni tout blanc. Les chinois le savent et se moquent bien de notre définition du « bien » et du « mal » : un concept pour eux très bizarre car rien ne peut être que bon ou que mauvais.

    Pour la Chine il en est pareil :

    • Le bon : Un pays qui est passé en 30 ans du statut de pays du tiers monde à celui de pays émergents. un pays qui a fait passé 250 millions de personnes du statut de pauvre à un niveau de vie proche du notre. Et la pauvreté des autres a quand même baissé.
    • Le moins bon : Les chinois n’ont pas de tradition « juridique », la justice est rendue par des hommes et non par des textes du moins jusqu’à une époque récente. Or ce point la n’est pas rentré dans les habitudes et le système juridique est un grand bordel qui reste jonché d’arbitraire et de corruption. C’est la source de la plupart des problèmes dans la chine actuelle. Plus que la démocratie, les chinois aimeraient bien un droit et une justice équitables. Leurs intérêts convergent sur ce point avec les investisseurs étrangers ET chinois. Difficile en effet de faire du business à long terme quand vous ne savez pas si vous n’allez pas être condamné demain parce que vous n’avez pas le bon guanxi.

    Avant même d’être un problème économique (et le problème dont vous parlez est réel), la gréve en question est le message de paysan qui signalent qu’ils en ont marre de se faire fister à chaque fois qu’ils ont un conflit avec plus gros qu’eux. Si leurs terres avaient été payées avec un juste prix ou tout au moins que la procédure d’expropriation avait été transparente, ces gens la ne se seraient probablement pas révoltés. Lorsqu’au contraire ils ont l’impression qu’ils se sont fait flouer parce qu’ils n’ont pas pu payer un pot de vin au maire, ils sont furieux. Cela se comprend.

    Ce qui manque en Chine, c’est un système judiciaire capable de faire appliquer des lois écrites qui soient identiques pour tous. Paradoxalement cela renforcerait le pouvoir central et permettrait de réduire considérablement la corruption. Mais cela montrerait aussi au chinois moyen qu’il a des droits et que l’état lui garantit ses droits y compris face à des fonctionnaires véreux. Cela améliorerait beaucoup la stabilité du pays et la confiance dans ses dirigeants. Mais il semble dixit les chinois avec qui j’en ai discuté qu’il soit très difficile de faire une telle réforme car beaucoup de mauvaises habitudes et qu’il faudrait beaucoup d’énergie pour imposer un tel changement. Or, les grands noms de la politique chinoise comme Mao (qui quoi que l’on en penses ici est encore respecté la bas) et Deng Xiaoping (qui a pu lancer des réformes ambitieuses à lui tout seul) ne sont plus la. Parmis les dirigeants actuels, aucun ne semble avoir l’aura nécéssaire pour entrainer le pays dans cette réforme nécéssaire. Et la situation ne semble pas assez grave pour qu’il puisse l’imposer.

    Car souvent c’est la nécéssité qui fait les réformes dans ce pays. Lorsque Deng a souhaité réintroduire le capitalisme, il avait une forte opposition face à lui. Mais le pays était tellement dans la merde que l’opposition l’a accepté. Paradoxalement la prospérité actuelle nuit aux réformes. Et c’est dommage car cela a si bien commençé !

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