Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
« La mise en place d’un grand pôle financier public. » Voilà
la promesse qu’adresse, au printemps 99, Dominique Strauss-Kahn aux
députés communistes. C’est que le groupe PC à l’Assemblée bougonne. D’
« établissements de crédit à but non lucratif », les Caisses d’Epargne vont se transformer en en « banques coopératives », et nettement plus lucratives – un « véritable bouleversement » comme le titre La Tribune (7/02/00).
En fait de « grand pôle financier public », Libération le félicite : «
Et de cinq. Après le GAN, le CIC, la Marseillaise de Crédit et le
Crédit Lyonnais, Dominique Strauss-Kahn n’avait plus qu’un dossier à
boucler pour achever son grand œuvre, connu sous le nom de code de
‘restructuration du secteur financier’ : la cession du Crédit foncier de
France (CFF). Depuis hier, voilà l’affaire réglée. (…) L’Etat s’est
débarrassé de la dernière banque publique » (Libération, 11/07/99). On ne saurait mieux dire : bon débarras ! Devant pareille « œuvre », le ministre des Finances s’auto-congratule : « Le secteur financier public a été remis sur les rails. » Et comment ? En supprimant « le secteur financier public » ! Même le quotidien patronal Les Echos est surpris de cette prouesse : « La réduction spectaculaire de l’emprise du public, depuis deux ans, se réclame du réalisme » (7/10/99).
C’est qu’à chaque fois, DSK sait trouver les mots qui touchent. Pour
l’ouverture du marché de l’électricité, par exemple, trait de génie, il
avait inscrit un « droit à l’énergie », et ça avait marché : les
parlementaires avaient approuvé. Pour la « privatisation des Caisses
d’Epargne », il ajoute un petit mot sur le « développement durable » et contre « l’exclusion bancaire ». Ca fait joli, et ça marche encore.
Dix ans plus tard, en fait de « développement durable », l’Ecureuil est devenue une « vraie banque » :
il s’est lancé à fond dans la spéculation. Jusqu’à la débâcle record de
Natixis – près de 10 milliards épongés par les contribuables…
Bon article, qui œuvre à faire prendre conscience et à informer sur les principes du système bancaire.
J’irais plus loin encore dans l’analyse, en affirmant que cette mise sous tutelle des états par le biais de la dette publique n’a pas pour seul objectif de faire du fric. L’argent est le pouvoir, et l’accroissement de dettes des états envers des organismes privés (banques et multinationales déjà beaucoup plus puissantes et riches que les états eux-mêmes) permet à ces derniers de contrôler et diriger la politique des états. Ce sont ces mêmes banques qui ont encouragés tous les états et leurs dirigeants à tabler sur l’emprunt. Exactement comme les banques et organismes financiers encouragent la consommation par le crédit.
Le but est de mettre les états en faillite et sous tutelle, pour imposer dans un premier temps des politiques de « réforme » (le FMI et la Banque Mondiale - deux instrument puissants avec l’OMC, et qui sont les armes des banques contre les états), des politiques de réduction budgétaire (des états) ayant pour intérêt, d’une part, privatiser, d’autre part rendre de plus en plus inefficace et médiocres les services publics.
Rendus ainsi inefficaces, médiocres et impuissants aux yeux des citoyens, il sera aisé de venir proposer une gouvernance mondiale (souvenez-vous des discours de Sarkosy et de Bush père et fils concernant le « Nouvel Ordre Mondiale que personne ne pourra empêcher »).
Mais ne vous y trompez pas : cet ordre mondial sera (est déjà) dictatorial. Il sera déguisé en démocratie, mais une démocratie de façade.
Monsieur Soliveres, est-ce si difficile de comprendre qu’en disant « nique la France », cette personne exprime simplement - et tragiquement - le fait qu’elle a le sentiment que c’est la France qui la nique ?
J’entends votre récrimination comme le besoin de voir respecter un certain nombre de valeurs auxquelles vous êtes légitimement attaché. Vous voyez en l’institution France l’incarnation de ces valeurs auxquelles vous souscrivez et croyez. Mais ce faisant, vous perdez de vue - et c’est bien dommage - que la France n’incarne plus ces valeurs, mais qu’elle les dévoie au contraire, parce que la France elle-même a été violentée.
Je perçois votre réaction comme celle des américains qui s’indignent lorsque les tours du WTC s’effondrent, en s’écriant « ils haïssent notre liberté ». Alors qu’il est d’une part bien évident qu’ils ne haïssent pas la liberté des américains, mais leur tyrannie qui impose le joug, et d’autre part, que c’est parce que l’Amérique n’est plus la patrie des liberté à laquelle il croient avoir à faire.
Et le pire est qu’en ayant une véritable discussion avec cette personne sur ses valeurs, il est à parier que celles-ci ne différeraient fondamentalement que fort peu des vôtres. Ceux qui ont un intérêt à pareille dissension se réjouirons, mais vous risquez vous-même d’en être victime, non du fait de cette personne, mais d’un manque de profondeur dans la recherche des causes de cette expression provocatrice.