Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
« en tout un chacun il y a le plaisir de dominer, et aussi le plaisir d’être dominé »
Ce qui peut éventuellement se concevoir sur le plan sexuel entre adultes consentants doit-il pour autant s’étendre à l’ensemble des relations humaines, et notamment sur le plan politique entre personnes à la fois adultes et mineures, mais surtout, pas consentantes ?
Parce que, au cas où cela aurait échappé à votre sagacité, notre consentement à obéir aux lois qui nous sont imposé, du berceau à la tombe, ne nous est jamais demandé ! J’ai beau chercher dans les tréfonds de ma mémoire, sur aucun sujet, sur aucune loi, sur aucun texte il ne m’a jamais été demandé si je consentais à obéir à ceux-ci. Je suis contraint, par force de loi, d’obéir à des textes hétéronomes, des textes où je n’ai ni mon mot à dire, ni mon vote à donner.
Sieyès soulignait avec insistance la « différence énorme » entre la démocratie où les citoyens font eux-mêmes la loi et le régime représentatif dans lequel ils commettent l’exercice de leur pouvoir à des représentants élus.
J’ose croire, Volt, que vous considérez, comme moi, qu’imposer sa loi sans leur consentement à autrui équivaut, politiquement, à soumettre un individu à des sévices sexuels sans son consentement, c’est-à-dire : UN VIOL.
Et lorsque le viol est exercé par une assemblée parlementaire, alors il s’agit d’un viol collectif en bande organisée avec préméditation. Et cela même si l’assemblée fut élue, car le viol est reconnu lorsque la victime est mineure. Or, compte tenu de la situation infantile dans laquelle sont constamment maintenus les peuples par les voleurs de pouvoir, j’ose affirmer que ces peuples sont - au moins politiquement - immatures et mineurs.
Nous sommes donc face à un cas prémédité de viol collectif en bande organisée sur mineurs.
Politiquement, je n’ai aucune aspiration à soumettre ni à dominer qui que ce soit. Et plus encore, je n’ai aucune appétence à être contraint, par la force et sans mon consentement, à me soumettre et à obéir.
Sur la nécessité de compétences particulière en politique, je cite Bernard Manin (Principes du gouvernement représentatif) :
« Les Athéniens reconnaissaient la nécessité de compétences spécialisées dans certains cas, mais la présomption générale allait en sens inverse : on estimait que toute fonction politique pouvait être exercée par des non-spécialistes, sauf s’il y avait des raisons manifestes de penser le contraire. On supposait en effet que si des professionnels intervenaient dans le gouvernement, ils y exerceraient de fait une influence dominante. Les Athéniens avaient sans doute l’intuition que dans une structure d’action collective, la détention, par certains acteurs, d’un savoir ou d’une compétence que les autres ne possèdent pas constitue par elle-même une source de pouvoir et qu’elle confère à ceux qui sont compétents un avantage sur ceux qui ne le sont pas, quelle que soit par ailleurs la définition formelle de leurs pouvoirs respectifs. (...) La sélection par le sort garantissait donc que les individus exerçant les fonctions de magistrat ne disposaient pas du pouvoir supplémentaire que confère une compétence particulière. »
J’ajoute à cela que dans notre système électif, absolument rien ne garantit que les personnalités élues soient réellement et effectivement compétentes, pas plus que l’élection ne garantit la vertu des élus. C’est d’autant plus vrai que nous ne disposons, en tant que simples électeurs, d’aucune forme de contrôle des élus, ni avant, ni pendant, ni après leur mandat.
Jester, vous serait-il venu à l’esprit que, même en ayant besoin de mandataires pour faire ce que le peuple entier ne peut faire, ceux-ci doivent être contrôlés par ceux qui donnent mandat ?
Apparemment non, sans quoi vous auriez constaté et pris acte de la grande différence qu’il y a entre un « représentant » qui est votre serviteur et un « représentant » qui est votre maître.
Et votre fronde contre la démocratie athénienne montre votre ignorance de ses mécanismes.
Si l’on ne cesse de vous répéter, tout le temps, que vous êtes libre, soyez sûr d’une chose : c’est qu’à l’évidence vous ne l’êtes pas. Si vous êtes libre, vous n’avez pas besoin qu’on vous le dise : vous le savez parce que vous en faite l’expérience. - Morpheus -
Encore faut-il bien cerner ce que l’on entend par « représentant ».
Celui qui représente vos intérêts ? Celui qui vous ressemble ? Celui qui s’empare du pouvoir que vous lui céder pour décider de tout à votre place ?
Un « représentant », ça sonne bien, ça donne l’idée d’une personne qui va représenter nos intérêts, nous consulter, tenir compte de nos besoins et de nos avis, et qui fera cela parce qu’il est compétent et qu’il nous ressemble (donc nous comprends).
La réalité est tout autre : Dans notre régime politique (qui est une oligarchie et non une démocratie), élire c’est désigner un (ou des) chef(s) qui décideront de tout à notre place, qui ne nous ressemblent pas (ils n’appartiennent pas à notre classe sociale, bénéficient d’un train de vie largement supérieur au nôtre, ne fréquentent pas les mêmes milieux et ont d’autres centres d’intérêts), et qui sont redevables, non au peuple qui les élit, mais aux ploutocrates qui financent leurs ruineuses campagnes électorales, soit pour les porter au pouvoir, soit pour les reconduire dans leurs mandats.
Tout l’opposé de la démocratie.
Des représentants, s’ils sont des serviteurs, cela peut se justifier. Des représentants, s’ils sont des maîtres, cela ne peut se justifier.
Si tu as besoin de maîtres pour tout décider à ta place, Papybom, c’est que tu es bon pour la maison de retraite. Sinon, il est toujours temps de t’emparer d’un balai et de virer les maîtres et leur fausse constitution.