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Morpheus

Morpheus

Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.

Tableau de bord

  • Premier article le 30/11/2010
  • Modérateur depuis le 07/01/2011
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Derniers commentaires



  • Morpheus Morpheus 16 avril 2013 14:10

    Cher Guy,

    Si vous inversez le sens de votre logique, vous allez obtenir exactement ce que vous souhaitez. Vous dites « On n’en sortira que par l’éducation des masses ». Je suis parfaitement d’accord. D’accord avec le diagnostic et d’accord avec le remède. Reste donc deux points.

    1) la méthode pour éduquer les masses
    2) le sens (la direction, l’ordre des événements)

    Dans votre logique, vous considérez qu’on ne peut pas donner de responsabilité au peuple en l’état actuel car il est irresponsable et inefficace. S’il est « irresponsable » c’est avant toute chose parce qu’il est - volontairement - maintenu dans un rôle « enfant », un rôle d’irresponsable : c’est la Constitution ainsi que le système de gouvernement prétendument représentatif qui maintient, en permanence, les peuples et les électeurs dans un rôle d’irresponsable et d’incompétent. Pour ce qui est de l’efficacité, on ne peut pas prétendre que le peuple serait plus ou moins efficace que les politiciens. Ce qu’on peut dire en tout état de cause, c’est que nous sommes certain de l’inefficacité et de l’incompétence des politiciens s’il s’agit de défendre l’intérêt général et trouver des solutions aux problèmes. Pour un politicien, régler un problème = pondre une loi. Or, une loi n’est rien d’autre que l’expression tragique de notre incapacité à résoudre un problème. Réguler n’est pas résoudre !

    Quelle méthode pour éduquer les masses ? Je vous invite à voir ce documentaire, Les enfants de Summerhill et notamment la seconde partie, qui détaille le mode de fonctionnement démocratique de l’école. C’est une expérience véritablement éclairante pour le sujet de la vraie démocratie.

    J’ai été particulièrement sensible à certains éléments. Ainsi, par exemple, on peut voir qu’au fil des assemblées hebdomadaires, le règlement (les « lois ») élaborées de manière commune (enfants et adultes) s’étoffe jusqu’à devenir impossible à connaître par tous (trop de lois). Que font-ils ? Ils effacent tout et reprennent à zéro ! Par l’expérience, ils ont découvert une première chose très importante : trop de lois tuent la loi.

    Dans un autre cas exemplaire, l’assemblée a décidé d’abolir les règles sur les horaires et l’heure du « couvre feu » (l’heure du coucher, impliquant le respect du silence). Mais au bout de quinze jours, tous le monde n’aspirait qu’à passer une bonne nuit, tant le désordre opéré par cette soudaine liberté avait atteint à la liberté de l’ensemble. Ils ont rétablit illico presto les horaires de coucher. Mais en connaissance de cause, pas sous l’impulsion d’une autorité ...

    Ce que ces témoignages montrent, c’est la démonstration qu’une assemblée populaire peut défaire ce qu’elle a fait, et corriger ses erreurs en pleine connaissance de cause. Ils ne le font pas sur base d’opinions (croyances), mais sur base de leur expérience : on n’est vraiment pas loin de l’esprit de la méthode scientifique ; « On a décidé ceci, mais on a obtenu ce résultat malheureux : donc nous corrigeons le tir et revenons sur notre décision, parce que l’expérience n’a pas été concluante et a révélé un vice que nous n’avions pas prévu ». Peut-on mieux définir l’apprentissage de la sagesse ? ...

    Cela montre aussi que la pratique de la démocratie mobilise réellement les gens. Les enfants comprennent vite l’intérêt des assemblées générales, qui sont fréquentes (tous les samedi ou dimanche), et ils y viennent de leur plein gré.

    Sous un autre angle, ce que cette expérience montre également, c’est toutes les vertus d’un cadre bienveillant sur l’épanouissement individuel et le développement d’une conscience sociale. Ainsi, ce témoignage très émouvant de cet artiste français, ancien élève à Summerhill, qui explique qu’au début il s’était bagarré avec un autre élève qui l’enquiquinait. Les autres élèves se sont approchés et ont regardé la bagarre, puis il a perçu leur regard et il s’est interrompu. Et un petit gamin de lui dire « Tu sais, tu es le premier à te battre, on ne fait jamais ça, ici ». Le petit Français s’est aussitôt mis à pleurer, prenant conscience que sa violence était vaine. On voit sans doute là à l’œuvre le principe positif de la vergogne qui avait une grande importance dans les principes de la démocratie athénienne.

    De la même façon, même les enfants timides parviennent à s’exprimer en assemblée, parce qu’ils savent qu’ils ne seront pas jugés ni réprimandés, quoi qu’ils disent. Et ils ne sont pas influencés par les adultes, parce que ceux-ci n’ont aucune préséance sur les enfants : les rapports y sont égalitaires et le respect est mutuel (si un enfant dit à Neill, le directeur de l’école, de sortir de sa chambre, Neill sort).

    Alors, on le voit, la démocratie, ce n’est pas difficile : c’est à la portée d’enfants à partir de 5 ans ! Mais attention : ce que l’on voit, surtout, c’est que cela ne marche que parce que les rapports sont horizontaux, et non verticaux ; cela ne marche que parce qu’il n’y a pas de hiérarchie, ni surtout d’autorité. La paix et l’ordre social sont l’affaire de tous, non celle de quelque juge ou policier ; les lois sont l’affaire de tous, et non celle de quelques juristes ou magistrats.

    Le meilleur moyen d’éduquer le peuple, c’est de lui plonger la main dans le cambouis et de le responsabiliser, exactement comme pour des enfants. Ce que ces gosses de Summerhill peuvent faire, des adultes, même réduits toute leur vie à un rôle infantile, peuvent le faire. C’est par la pratique que l’éducation s’acquiert.

    Voilà où j’évoque un sens, un ordre des choses. Vous pensez qu’il faut d’abord éduquer le peuple avant de le responsabiliser politiquement, moi j’affirme, expériences à l’appui, que c’est en responsabilisant le peuple politiquement (donc en l’impliquant) qu’on l’éduque.

    Cordialement,
    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 15 avril 2013 22:11

    Vous dites qu’il n’existe rien sur Terre qui n’ait de valeur intrinsèque ?

    Pardonnez-moi, mais sans eau potable, sans nourriture riche en nutriments, sans air sain, la vie - y compris nous, les humains - ne pourrions vivre : ces quelques exemples montrent qu’il existe à l’évidence un ensemble de ressources qui ont une valeur intrinsèque. Il ne s’agit pas de MESURER cette valeur (de coller un prix à ces ressources), mais bien de leur reconnaître une VRAI (réelle, authentique) valeur de par le caractère INDISPENSABLE à LA VIE, face à la monnaie, qui n’a AUCUNE valeur intrinsèque au regard de nos besoins SAUF si elle est imposée comme médium entre nous (les humains) et les ressources naturelles indispensables à notre (sur)vie. C’est cette différence fondamentale que je pointe. Je suis très étonné que vous ne le compreniez pas. Je n’imaginais pas à quel point une idéologie (la théorie libérale de l’économie) pouvait à ce point occulter la perception du réel.

    A part ça, je suis bien entendu d’accord avec la remarque concernant la vitesse de circulation de la monnaie. On pourrait aussi évoquer le problème de la thésaurisation de la monnaie, qui capture une partie de la monnaie émise et provoque ainsi, artificiellement, une certaine rareté de la monnaie en écartant ces masses de monnaie (économies) de la masse en circulation. Je sais tout cela, mais mon propos n’étant pas d’approfondir un cours d’économie monétaire, je suis contraint à résumer. Ces éléments ne changent rien au raisonnement de fond que je présente, il me semble (si c’est le cas, je ne doute pas que vous m’en ferez la démonstration, auquel cas, cela enrichira d’autant mon analyse).

    Je n’ai pas du tout compris ce qui vous amène à écrire ceci : « sans monnaie, sans représentation symbolique de ce que l’on produit, il n’y a plus rien à partager au bout d’un mois car aucun système planifié avec ticket de rationnement ne saurait gérer la temporalité des besoins de tout un chacun sans détruire leur liberté ». Je le comprend d’autant moins que j’ai précisé que le système que je présente se propose de gérer l’abondance et non la pénurie (donc les biens et services ne manquent pas, ils ne sont pas trop rares, et ils correspondent aux besoins des populations) et donc ne nécessite pas de « ticket de rationnement » (que par ailleurs, j’assimile à la monnaie dans la mesure où le système d’économie monétaire repose sur la gestion - et la pérennisation - de la pénurie).

    En effet, le système proposé n’est pas communiste. Il n’est pas non plus socialiste (bien que je comprenne pourquoi vous lui donner cette étiquette). Il n’est pas capitaliste, il n’est pas fasciste, il est au-delà des clivages et des conceptions à la fois politique et économiques actuelles. En outre, il repose sur une analyse sociale très différente des critères culturels actuels (un aspect qui pourrait être abordé, d’ailleurs).

    Merci de vos remarques,
    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 15 avril 2013 20:50

    Salut Jonacre smiley

    Concernant l’ICE, je me permet de corriger plusieurs erreurs et omissions dans la présentation que tu as faites dans cet article.

    Voici les conditions nécessaires pour constituer une initiative citoyenne européenne :

    • Au minimum un million de signatures de citoyens issus d’au moins un quart des États membres de l’Union
    • Le comité organisateur doit être composé d’au moins sept membres résidant dans au moins sept États membres de l’Union différents ;
    • Les signatures doivent être collectées dans l’année suivant la confirmation de l’enregistrement de la proposition par la Commission ;
    • Le nombre minimum de signatures par État est calculé en multipliant son nombre de députés au Parlement européen par 750 (ce nombre varie donc de 4 500 signatures à Malte à 74 250 signatures en Allemagne).

    Ces conditions en elles-mêmes constituent d’importantes et très lourdes entraves à l’initiative, rendant la majeure partie de celles-ci inapplicables.

    Ensuite, tu écris « il est actuellement possible d’imposer à nos politiques européens de réfléchir très sérieusement à l’instauration d’un Revenu de Base Inconditionnel au sein de l’Europe ». Or, s’il est exact que la Commission européenne peut ainsi être amenée à rédiger de nouvelles lois dans les domaines relevant des ses attributions (cela renvoie aux seuls domaines d’attribution de la Commissions), mais n’y est pas forcée.

    L’ICE n’est pas contraignante !

    En d’autres termes, en supposant qu’une initiative parviennent à remplir toutes les conditions (très lourdes !) pour parvenir devant la Commission, celle-ci peut tout simplement décider - sans devoir se justifier ni rendre de compte à personne - de classer le dossier « sans suite ».

    Sur le principe, au départ, je serais assez d’accord avec toi si je n’étais pas absolument convaincu que ce soi-disant « droit » d’initiative citoyenne n’est qu’un piège.

    L’énergie déployée pour « faire usage » de ce « droit » serait une dépense considérable d’énergie vouée dans la plus grande partie des cas à un échec quasi assuré. Cela aurait pour conséquence de renforcer encore l’apathie des peuples, car le processus psychologique qui mène à cette apathie est que si aucun de nos efforts (protestations, pétitions, grèves, manifestations, et jusqu’au referendum - souvenons-nous de 2005) n’obtiennent de résultat, alors autant se détourner. C’est une réaction parfaitement logique (pourquoi perdre son temps et son énergie lorsque l’on sait que cela n’aboutira pas et ne servira à rien ?), et cela est évidemment voulu par les oligarques (ne vous occupez de rien, on s’occupe de tout).

    L’ICE est une farce ! L’Union Européenne se paye notre tête en présentant ce « droit » comme une « révolution démocratique ». C’est méconnaître les mécanismes de la vrai démocratie que de croire cela.

    Amicalement,
    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 15 avril 2013 20:23

    @ Le Péripate

    Vous vous trompez complètement. Je ne suis pas du tout communiste. Je suis démocrate donc anarchiste.

    Par contre, comme tout le monde, je suis bien sûr, potentiellement criminel. Vous l’êtes également. Qui ne l’est pas potentiellement  ?

     smiley

    Cordialement,
    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 15 avril 2013 19:52

    Très court passage tiré de l’analyse que Simone Veil fait à propos des partis politiques (cf. lien ci-dessus).

    « Pour apprécier les partis politiques selon le critère de la vérité, de la justice, du bien public, il convient de commencer par en discerner les caractères essentiels. On peut en énumérer trois :

    1) Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective.

    2) Un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres.

    3) La première fin, et, en dernière analyse, l’unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite.

    Par ce triple caractère, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration. S’il ne l’est pas en fait, c’est seulement parce que ceux qui l’entourent ne le sont pas moins que lui. Ces trois caractères sont des vérités de fait évidentes à quiconque s’est approché de la vie des partis. »

    Cordialement,
    Morpheus

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