Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
J’ai retrouvé, parmi les nombreuses vidéo d’Étienne Chouard disponibles sur le net, cette présentation du tirage au sort et des principes élémentaires de la démocratie athénienne.
Une vidéo à diffuser et qui peut servir aux débats.
Ne connaissant personnellement rien de la culture et du tissus social tunisien, je ne saurais porter aucun jugement valable sur le projet que vous présentez. L’honnêteté intellectuelle m’oblige à dire que je ne pourrais, au mieux, que porter une analyse en fonction de mes propres repères culturels et sociaux, ce qui ne serait pas, je crois, très pertinent.
Par contre, ce que je puis faire, c’est vous communiquez le résultat de discussions et débats qui ont cours depuis environ cinq ans, notamment via le projet de constitution citoyenne (le Plan C) initié par Mr Chouard. Sachez que ce projet - toujours en cours d’élaboration - est participatif, et qu’il ne se limite ni aux frontières de la France, ni à celles de l’Europe : vous êtes donc parfaitement libres de vous y joindre, d’y participer, et de réfléchir avec nous. Il s’y trouve peut-être (à mon humble avis, sûrement) des idées qui trouveraient leur place dans la société tunisienne.
Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, lorsque vous mentionnez le débat sur la question de « l’égalité entre hommes et femmes » et « la complémentarité entre hommes et femmes », mon opinion ne sera pas celle d’un homme tunisien instruit et éduqué dans une famille musulmane, mais celle d’un homme belge instruit et éduqué dans une famille dont seuls les grands parents paternels étaient religieux pratiquants (catholiques) et dont le reste de la famille est laïque : quelle pertinence cette opinion pourrait-elle avoir dans l’oreille d’un (ou d’une) tunisien(ne) ? Je l’ignore.
Mais la question prend un autre sens si on la pose différemment (d’une façon qui n’a encore jamais été posée, ni en Tunisie, ni dans nos pseudo démocraties occidentales). Ainsi, si l’on parle d’ « égalité politique », plutôt que d’ « égalité devant la loi », on pose la question différemment. Premièrement, l’égalité devant la loi n’est que du pipeau si par ailleurs on a une grande inégalité de revenus. Anacharsisdisait d’ailleurs très justement : « Les lois sont comme une toile d’araignée ; les pauvres et les faibles s’y font prendre et meurent, tandis que les riches et les puissants la déchire et passent ». Aphorisme dont on vérifie en tout temps et en tout lieu la pertinence.
Donc, pas d’égalité devant la loi sans égalité de revenus !
Une égalité politique aborde donc les choses sous un autre angle en considérant que tous les citoyens et citoyennes doivent avoir les mêmes droits politiques. Il s’agit donc de chercher quelles institutions, quelles mesures, quelles méthodes permettent d’obtenir, dans la pratique, cette égalité. La première réponse des athéniens était simple : le tirage au sort. Par construction (mathématique), le tirage au sort est égalitaire. Il est également incorruptible. Et il est le plus représentatif des procédés lorsqu’il s’applique aux grandes assemblées (loi des grands nombres).
Le tirage au sort s’est imposé aux athéniens lorsqu’ils ont décidés, au Ve siècle avant J.C., de se débarrasser des oligarques, après qu’ils aient subis, pendant des siècles, une alternance entre tyrannies et aristocraties. Ils n’ont pas élaboré de communisme ni éliminés les riches : ils ont inventé la démocratie et trouvé le processus du tirage au sort. Il ont développé certains principes annexes au tirage au sort, parce que bien sûr, eux aussi, se méfiait des incompétents, des fous et des voleurs de pouvoir.
Ce qu’il est très important de comprendre dans le tirage au sort, c’est qu’il ne s’agit en aucun cas de remplacer l’élection par le tirage au sort, et d’ainsi désigner par le sort des maîtres ayant tout pouvoir. Il s’agit, au contraire, de désigner des serviteurs qui, pour un temps limité (mandats courts et non renouvelable) disposeront d’un peu de pouvoir, et qui seront surveillés par la société civile. Ces serviteurs auront des comptes à rendre (reddition des comptes), et ils seront révocable à tout moment en cas d’abus de pouvoir (contrôle des mandataires pendant et après leur mandat).
Certains répliqueront que cela exclu du champs politique les personnes « compétentes ». C’est exact. Les athéniens considéraient que la politique, puisqu’elle affecte le sort de tous, doit être le fait de tous, et qu’en cette occurrence, il n’y a pas de meilleure compétence que celle du peuple lui-même. Ainsi, le peuple est compétent, et cette compétence lui vient de la pratique du pouvoir, via le tirage au sort ET la participation au vote des lois en assemblée. Bernard Manin explique : « Sieyès soulignait avec insistance la « différence énorme » entre la démocratie où les citoyens font eux-mêmes la loi et le régime représentatif dans lequel ils commettent l’exercice de leur pouvoir à des représentant élus ».
C’est là toute la différence entre une démocratie et un gouvernement (prétendument) représentatif : dans la première, le peuple vote les lois, dans le second, ils délèguent ce pouvoir à des élus. Or, lorsque non seulement les élus votent les lois, mais les écrivent, et de plus, écrivent eux-mêmes la constitution, on crée un évident conflit d’intérêts entre les élus et le peuple.
Une constitution a pour vocation de limiter les pouvoirs et de protéger le peuple contre tous les abus de pouvoir. Elle repose - comme tout contrat - sur la défiance, non sur la confiance (à l’inverse des procédures électives) : on y envisage le pire, non le meilleurs. La constitution est une loi supérieure, qui se situe au dessus des législateurs, afin de les empêcher d’abuser du pouvoir. Il apparait donc évident que lorsque des hommes de lois, des hommes politiques, des magistrats écrivent la constitution, il sont en conflit d’intérêts avec l’objet de la constitution. Ils doivent écrire des règles pour limiter leurs pouvoirs et prérogatives lorsqu’ils seront au pouvoir : il est donc évident qu’ils ne peuvent se faire « hara kiri » en écrivant : le referendum d’initiative citoyenne ; le referendum révocatoire ; le comptage des votes blancs ; le mandat impératif ; le mandat court et non renouvelable ; etc.
L’avantage de la démocratie et du tirage au sort est donc qu’il peut s’appliquer à n’importe quelle société, n’importe quelle culture, n’importe quelle confession. Le régime démocratique (réel) est souple : il s’adapte et évolue au rythme de l’évolution de son corps social. Ce n’est pas le corps social qui doit s’adapter aux institutions, c’est l’inverse. Ce qui est logique si l’on admet que les institutions sont élaborées pour servir le corps social, non pour l’asservir.
J’ignore si ces réflexions peuvent contribuer aux débats du peuple tunisien, mais je l’espère.
J’ai acheté ce numéro du nouvel obs à cause du dossier sur les OGM, et à cette occasion, j’ai pu voir ce torchon signé Renaud Dély - n’oubliez pas son nom ! -, et le reste de l’édition. J’ai donc pu constater à quel point ce canard n’est qu’un tissus de propagande de bobos gauchistes bien pensants, donneurs de leçons et - paradoxalement ? - bien réactionnaire (au vrai sens du terme).
L’article en question, en lui-même, est représentatif de la pensée doctrinaire bête et méchante de cette prétendue gauche qui n’a plus de gauche que le nom. Obnubilé et obsédé par « la montée du fascisme » (c’est-à-dire du FN), il en ont oublié les fondamentaux du véritable combat politique social, qui ne se résume guère plus qu’à accorder le droit de se marier aux homosexuels (on est bien content pour eux). Dans le même temps, ils participent au détricotage systématique de tous les véritables acquis sociaux (vous savez, ces acquis sociaux qui s’appliquent sans discrimination), appliquant méticuleusement une politique libérale et détruisant chaque jour le tissus social péniblement et durement acquis au fil de générations de luttes des exploités contre les exploiteurs.
Leurs méthodes n’ont rien à envier aux extrémistes qu’ils prétendent dénoncer : attaques ad hominem, diabolisation systématique reposant sur des mensonges, amalgames, trafic d’influence, terrorisme « intellectuel » (entre guillemets, parce que lorsqu’on voit la médiocrité de leur « pensée », on est en droit de s’interroger).
Le plus extraordinaire, c’est de constater à quel point ils sont aveugles. Ils ne voient même pas à quel point leurs actions ne font que souffler dans les voiles de ceux qu’ils prétendent dénoncer et contre qui ils prétendent lutter afin de soi-disant contrer leur progression dans les urnes. Ils sont tellement désespérés qu’ils ne voient pas qu’ils sont devenus ce qu’ils prétendaient combattre. Ainsi marche le côté obscure : il pervertit ceux qui prétendent le combattre, en leur faisant adopter ses méthodes.
Les agissements que vous décrivez n’ont rien d’étonnant. Ils sont le fait de membres d’une organisation sectaire, et ils agissent à la manière de manipulateurs. Vous faites bien de réunir leurs différents discours afin de révéler leur duplicité.
Les indiens d’Amérique appelaient les représentants du gouvernement des blancs, des « langues fourchues » : voilà une expression qui convient parfaitement à ces voleurs de pouvoir.
Une des idées (fausses) les plus difficile à combattre est celle de « nature humaine ».
Énormément de gens sont persuadés que les êtres humains sont
« imprégné » d’une « nature » qui les pousse au mal (individualisme,
compétition, méfiance mutuelle, domination, prédation, j’en passe et des
meilleures). C’est une idée totalement fausse, induite par les
sophismes des théoriciens du capitalisme qui ont brodé leurs théories en
partie à partir d’une interprétation sophiste des théories darwiniennes
de l’évolution.
Leur leitmotiv est que l’homme est un prédateur, au sommet de la
hiérarchie des prédateurs, et que la compétition est dans sa nature et
est le facteur essentiel, sinon unique, de sa « réussite ». C’est faux.La théorie darwinienne nous enseigne surtout que la constante de
l’évolution, ce n’est pas la compétition, mais la faculté d’adaptation.
Et c’est ce facteur, la faculté d’adaptation, qui est l’élément crucial à
comprendre et à prendre en compte lorsque l’on cherche à comprendre les
comportement sociaux, et à construire un système qui tienne compte de
ce facteur. Donc, si je devais résumer en quelques points forts le fil de ce raisonnement, cela pourrait donner ceci :
1. Contrairement à une idée fort répandue, l’être humain n’est pas « mauvais par nature ».
2. L’être humain, comme toutes les formes de vie sur Terre, répond à la loi darwinienne de l’adaptation.
La loi de l’adaptation est le cœur de la théorie darwinienne, et non la
« loi du plus fort » (propagande sophiste des capitalistes).
3. S’adaptant à son environnement socioculturel, l’être humain développe le comportement utile à sa (sur)vie. L’environnement socioculturel dépend de nos croyances, donc n’est pas une fatalité.
4. Cela signifie que, dans un
contexte socioculturel anxiogène, où règne la pénurie, donc la
compétition et la violence, il aura tendance à développer des attitudes
agressives, violentes et anxiogènes.
5. A contrario, dans un contexte
socioculturel bienveillant, ou règne l’abondance et l’entraide mutuelle,
il aura tendance à développer des attitudes bienveillantes,
coopératives et solidaires.
Concernant l’absolu, à présent. Oui, dans l’univers observable, dans l’univers où nous vivions, il n’y a aucun absolu, c’est exact. C’est le domaine du monde manifesté. Cependant, l’univers ne se limite pas à ce que nous sommes capable de percevoir. Pour une fourmi, l’univers perceptible n’est pas très vaste. Cela ne signifie pas que l’univers se limite à la perception d’une fourmi. Il en va de même pour nous. Nos perceptions et notre cerveau sont limités, par conséquent notre univers - y compris notre univers conceptuel - est limité. Mais cela ne signifie pas que l’univers n’est pas plus vaste. En regard de l’univers manifesté (concret) il y a le non manifesté. Et comme je le disais, c’est inconcevable. Un indice ? Le mot « réel » est construit étymologiquement sur une négation, c’est-à-dire sur l’opposition à « rien » ; en d’autres termes, nous n’avons rien pour nommer le « réel ».
« Une réalité complètement indépendante de l’esprit qui la conçoit, la voit ou la sent est une impossibilité. Même s’il existait, un monde aussi extérieur nous serait à jamais inaccessible » (Henri Poincaré)
Mais alors, comment se fait-il que certains conçoivent un « univers non manifestée » ?